Jean-Marc Perrin : "Il faut rapprocher deux mondes parallèles, le scientifique et le politique"

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Jean-Marie Perrin, président du Technopôle de l'Arbois.
Jean-Marie Perrin, président du Technopôle de l'Arbois. (Crédits : DR)
Les Tables rondes de l'Arbois, événement de culture scientifique annuel, revient fin mars à Aix-en-Provence. Il est surtout un rendez-vous central qui participe au rayonnement du Technopôle éponyme dit son président.

Les 8èmes tables rondes de l'Arbois se déclineront sur le thème "Des hommes, des découvertes et des civilisations". Que vous évoque-t-il ?

Ce thème résonne en moi à deux titres. Tout d'abord, je suis de ceux qui pensent que pour aller vers un but, il ne faut pas se tromper et fixer aussi notre regard vers l'endroit d'où l'on vient. Ce qui n'est pas, pour autant, une posture passéiste, car je suis résolument tourné vers le futur. En second lieu, cette thématique s'imposait logiquement pour ces 8èmes tables rondes. Car je la mets aussi en perspective avec l'actualité dramatique de janvier et de novembre 2015. On s'aperçoit en effet que le contraire de la connaissance, l'ignorance, se pose comme un terreau à tous les obscurantismes, à toutes les barbaries. Ainsi l'instruction apparaît comme le fondement de tout. J'émets le vœu qu'à travers l'étude de telles thématiques, on puisse rééquilibrer notre société moderne. Car le monde a évolué techniquement, mais pas forcément autant sur le plan humain. De façon plus globale, ces tables rondes de l'Arbois apparaissent comme un événement culturel majeur, une manifestation de culture scientifique, ce qui n'est pas si courant, d'autant qu'il fait intervenir des hommes de science de grand renom. C'est une occasion rêvée de porter la science à la hauteur du grand public. Enfin, ces tables rondes sont importantes pour le rayonnement du Technopôle, car elles concourent ni plus ni moins à une promotion de l'innovation.

Justement, quels peuvent être les effets vertueux de tels événements sur l'image du Technopôle ?

Ces tables rondes sont d'abord pour moi un vecteur intéressant, en ce qu'il permet de rapprocher deux mondes qui à la base, coexistent de façon parallèle sans jamais trop se croiser. A savoir, celui des scientifiques et celui des politiques, ces derniers ayant bien trop souvent une méconnaissance de ces sujets-là. Quel maire, quel président de collectivité est à la base scientifique ou ingénieur ? Donc en la matière, les Tables rondes de l'Arbois ont déjà un impact fort. Mais il n'y a pas que cela : le Technopôle est encore à mon goût un site bien trop fermé. De l'extérieur, on le perçoit comme un milieu élitiste. Imaginez que l'on connait mieux ses spécificités hors de nos frontières que sur le cours Mirabeau ! L'Arbois, il ne faut pas l'oublier, repose sur trois piliers : l'enseignement supérieur et la recherche tout d'abord, avec plus de 50% des bâtiments occupés par l'université et quelque 12 laboratoires implantés in situ. Le développement économique ensuite, avec 110 entreprises et une forte présence de start-up, la plupart tournée vers l'innovation et l'environnement. Une spécialisation que l'on essaie de conserver... Et les pôles de compétitivités enfin, avec Capenergies et Safe, fusion de Risques et de Pégase que l'on a accueillie dernièrement avec fierté. De quoi réussir la fertilisation croisée qui est l'essence même de l'Arbois. Ainsi, pour mieux promouvoir tout cela,  il convient d'ouvrir les portes du Technopôle.

Outre la politique événementielle, comment y parvenir ?

Par des initiatives, telle celle qui passera bientôt en délibération au conseil municipal : la signature d'une convention entre la Ville d'Aix, la Semepa (NDLR : Société d'économie mixte d'équipement du pays d'Aix) et l'Arbois, afin d'organiser des demi-journées de visites sur le site. Et de permettre aux élus et aux décideurs de faire la rencontre des acteurs de l'innovation sur le Technopôle. Autre initiative, l'activation toute récente d'un conseil scientifique et industriel, qui se révélera pour le Technopôle un vrai laboratoire d'idées. Ce peut être aussi en soutenant nos start-up. Je vous illustrerai le propos en évoquant SP3H, une structure qui a mis au point un capteur dont la vocation est le profilage du carburant à l'entrée des moteurs, par l'analyse de sa structure moléculaire. L'équipe en est aujourd'hui à la phase expérimentale... Là où nous pouvons jouer un rôle, c'est par exemple dans la mise à disposition de véhicules de la collectivité afin de contribuer à tester cette innovation. Enfin, le rayonnement du Technopôle passera aussi par la conduite de projets. Comme la construction de la halle Cirene et la rénovation du pavillon Beltram, financées toutes deux dans le cadre du CPER. Le premier est voué à devenir un laboratoire centré sur les nanoparticules. Et le second à accueillir le master sciences de l'environnement terrestre, ce dès septembre 2017.

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