Estrosi : le discours de la méthode

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(Crédits : DR)
Son plan : focaliser, encourager et développer les filières stratégiques. Parce que les atouts de PACA sont les meilleurs vecteurs de croissance. Mais pas sans l'appui des acteurs économiques dit le président de la Région.

C'est un peu en chef de guerre qu'il se pose Christian Estrosi. Il faut dire qu'il le souligne lui-même, la bataille à mener, c'est celle de l'emploi. Et pour cela, le président de la Région assure que la meilleure façon de l'emporter c'est de parier sur l'économie. C'est dire si le discours - et les détails - de sa politique économique étaient attendus. Ce 26 mai, ce n'est évidemment pas chez n'importe qui qu'il a décidé de dévoiler sa stratégie, mais chez Airbus Helicopters, l'un des fleurons de l'aéronautique français posé en Provence, comme pour souligner le trait. Pour l'anecdote d'ailleurs c'est ici aussi, il y a six ans, que celui qui était alors ministre de l'Industrie était venu présenter les 23 mesures pour la filière. Une sorte de boucle, bouclée...

Plan de bataille

Et s'il y a une guerre à mener c'est parce que PACA n'est pas au top de sa forme. Disons qu'elle pourrait être plus performante. "Que" 750 brevets déposés en une année quand Rhône-Alpes-Auvergne en affiche 2 300. PACA, n°3 des régions les plus riches de France en terme de PIB/habitant mais qui ne fait que 2,5 points de croissance de plus que la moyenne nationale depuis 10 ans. La bataille promet. Et pour gagner, il faut poser ses pions.

Le plan du commandant en chef Estrosi est assez clair et il faut bien le dire assez innovant, tout au moins pour une région qui apprend à travailler ensemble. Il est d'identifier, parier, développer, booster les filières porteuses. Mais pas juste de le dire. De construire toute la stratégie autour d'elles.

"Il faut mettre le paquet", dit Christian Estrosi. Bref, jeter toutes les forces de tout le monde dans la bataille. Ce qui signifie y associer les acteurs économiques - collectivités, pôles de compétitivité, financeurs, entreprises - parce que c'est bien connu l'union fait la force et on est toujours plus forts ensemble. C'est aussi de pousser cette politique de stratégie par filières dans tous les interstices de l'économie. Ainsi, la politique diplomatique, sera une politique économique. Parce que c'est la meilleure façon d'aller chercher des parts de marché à l'international. La politique de formation aussi sera affinée en fonction de ces filières. Parce que c'est essentiel pour les compétences à avoir sur le territoire.

Et évidemment, le financement suit la même logique, le budget pour 2017 devra "concentrer les financements et mobiliser l'ensemble des politiques concernées sur ces filières et segments".

Quelles filières ?

Les filières porteuses, on les connaît : c'est l'aéronautique, la santé, le tourisme, l'énergie, le maritime ou l'agriculture. Dans son programme électoral, Christian Estrosi avait annoncé vouloir créer 12 OIR, Opérations d'Intérêt Régional. Elles seront bien définies, mais pas toutes en même temps. Parce qu'il faut repérer celles qui sont capables du durer dans le temps. Cinq d'entre elles devraient être annoncées d'ici la fin de l'année et seront menées en co-pilotage entre un industriel et les partenaires publics. Selon nos informations, il semblerait que le projet Henri-Fabre - PPP qui vise à mettre en synergie les acteurs de l'aéronautique, du médical, de l'énergie et du naval pour inventer les produits de demain - devrait en faire partie. De même, dans les Alpes-Maritimes, on ne voit pas comment la filière santé - produits naturels - alimentation pourrait ne pas être prise en compte. Tout comme il semble difficile d'ignorer la filière Dirigeable.

Finalement avoir un seul pilote dans l'avion et un plan de vol validé par les co-pilotes est sans doute ce qui manquait à la Région. Reste à voir ce que cela va donner à la manœuvre, sans nul doute très épiée.

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