Estrosi – SNCF : rien ne va plus

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Christian Estrosi veut ouvrir le réseau ferroviaire à la concurrence face aux retards et grèves des TER en Provence Alpes Côte d'Azur.
Christian Estrosi veut ouvrir le réseau ferroviaire à la concurrence face aux retards et grèves des TER en Provence Alpes Côte d'Azur. (Crédits : DR)
"Je siffle la fin de la partie", dit Christian Estrosi. Entre la Région et la société de chemins de fer que préside Guillaume Pépy la guerre est déclarée. En cause : les retards incessants des TER. Et ça, ça coûte cher et c'est pas bon pour l'attractivité.

On sentait bien que le torchon brûlait entre les parties et les sourires affichés lors de la séance photo fin décembre 2015, séance qui suivait une réunion de travail entre Christian Estrosi, tout juste élu Président de la Région Provence Alpes Côte d'Azur, et Guillaume Pépy à propos des dysfonctionnements des TER, n'auront pas duré. Effacée depuis, par les retards, grèves et annulations de trains.

Le juste prix

Et ce qui ne plaît pas à Christian Estrosi, c'est que le devis présenté par la SNCF à la Région est de 291 millions d'euros soit 36 M€ de charges d'écart entre le devis présenté et les coûts réels du service. Inadmissible pour le président de Provence Alpes Côte d'Azur qui demande dit-lui à payer "le prix juste", dénonçant une hausse des prix de 7 % entre 2015 et 2016. "Il faut se rendre compte que la SNCF estime ne pas avoir à justifier les charges qu'elle nous facture malgré nos nombreuses demandes depuis décembre 2015", poursuit-il. Pas question donc de se laisser faire, "je ne serais pas le président de la Région qui accepte que la SNCF nous mette devant le fait accompli". D'où des négociations arrivées à "un point de non-retour". Avec quelles conséquences ?

Nouvelles voies ?

Et si le dialogue est rompu, les solutions, elles, sont nombreuses. De nouvelles voies de travail qui devraient conduire à un service de meilleure qualité dit Christian Estrosi. Il y a d'abord la coupe dans le budget du devis 2016 émis par la SNCF. Et elle sera "drastiquement revue à la baisse". Pour en connaître le montant précis il faut attendre le vote du 3 nombre prochain. Mais c'est surtout l'ouverture à la concurrence qui constitue la petite bombe lâchée par le président de Provence Alpes Côte d'Azur. Et cela dès 2019 surtout que "les parlementaires de notre majorité vont déposer une proposition de loi pour permettre l'expérimentation de la concurrence des services ferroviaires le plus rapidement possible. Il s'agit de faire de notre région, une région pilote". Autres voies possibles, la constitution d'un groupement européen de coopération territoriale qui se ferait avec Monaco et la Ligurie italienne, de façon à créer une ligne capable d'aller de Cannes à Monaco et jusqu'à Gênes. Il y a aussi la mise en place du régie, solution à l'étude ou (et ?) le recours au bus. Bref, tout ce qui pourrait convenir, tout sauf rien que la SNCF en tant qu'opérateur.

Et pour être certain de ce qui va bien aux acteurs économiques comme à MonsieurToutlemonde, des Assises de la mobilité vont être organisée dès ce mois d'octobre et ce jusqu'en avril prochain.

Fâchés ?

On se doute bien que tout cela ne devrait pas laisser la SNCF de glace. Contactée par La Tribune, elle se refuse pour l'heure au moindre commentaire. Pour le moment... Cependant Christian Estrosi se dit ouvert à des propositions concrètes, opérationnelles et de court terme de la part de Guillaume Pépy. "Mais il doit me les faire très rapidement et opérationnelles sous peu". La balle est donc désormais dans le camp de la SNCF. Une nouvelle photo entre les deux présidents souriants est-elle (encore) envisageable ?

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Commentaires
a écrit le 07/10/2016 à 6:24 :
Comment cet ignare a t-il ete propulse president ?
Je ne regrette pas d'etre parti de cette region. Apres medecin durant des siecles, estro le motodidacte, help !
a écrit le 06/10/2016 à 21:26 :
Des solutions simplistes venant de la personne qui affirmait qu'un attentat comme CHARLIE HEBDO serait impossible à NICE, grâce à son système de vidéoprotection... Depuis, il s'est reconverti dans la chasse aux burkinis, beaucoup plus à la portée de ses compétences et qui nous ridiculise au niveau international..
a écrit le 06/10/2016 à 17:22 :
Pas sur que la SNCF voit d'un si mauvais œil le fait de ne plus assurer le service dans cette région qui est à tous les niveaux ingérable. Je ne parle pas des voyageurs tirant le signal d'alarme prés des plages pour ne pas faire de marche à pied, des incivilités et autres dégâts qui perturbent la circulation des trains etc.....Quand aux grèves, elles découlent souvent du ras le bol de ce qui est vécu par les employés sur le terrain. Pour ce qui est des solutions évoquées par M. Estrosi, il ne doit pas oublié qu'il devra passer par des appels d'offres européens. et la SNCF sortant par la porte pourrait très bien rentrer par la fenêtre grâce à sa filiale Keolis. Si il y a constitution d'une régie, la région devra assurer la gestion complète des trains mais aussi des bus régionaux et ce ne sera pas gratuit. il faudra bien trouver des prestataires de services, autocaristes et société ferroviaires et négocier directement avec eux. De tout façon la nouvelle entité devra reprendre le personnel actuel de la SNCF. C'est la loi. Estrosi a encore voulu se payer un coup de publicité.
a écrit le 06/10/2016 à 16:50 :
"Et ça, ça coûte cher et c'est pas bon pour l'attractivité"

C'est une remarque venant de vous ou venant de Estrosi l'ancien maire de la ville de france la plus sûr grâce à sa vidéoprotection ?

Merci.

ça pour siffler estrosi on doit pouvoir lui faire confiance, enfin je pense...
a écrit le 06/10/2016 à 15:14 :
La SNCF n'est pas seule responsable de sa mauvaise situation, l' Etat l'est beaucoup également.
Des erreurs multiples depuis déjà bien longtemps tire cette entreprise vers le gouffre.
On s'est servi de la SNCF pour aider des entreprises comme Alstom en en produisant des TGV.
Le TGV est un boulet qui peut se révéler fatal à l'entreprise au lieu d'organiser un réseau large et moderne pour tout le territoire.
On a tout sacrifié au TGV qui n'est pas rentable, sur aucune ligne sauf peut-être Paris-Lyon et encore.
En construisant des lignes spécifiques qui lui étaient nécessaires et encore les parcours sont loin d'être tous à grandes vitesse, c'est un gouffre financier qui lui interdit de moderniser le reste du réseau...pour longtemps.
Même l'entretien laisse à désirer et l'entreprise conserve un mode de fonctionnement archaïque.
Le low cost des avions intérieurs et les cars ferment la porte aux lignes chères et déficitaires.
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