L'ambition numérique du Musée national du sport

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(Crédits : DR)
Innovation, robots et impression 3D… le musée implanté à Nice veut s'emparer des nouvelles technologies. Histoire d'expérience collaborative et de production de contenu à faire vivre… intelligemment.

Avec sa silhouette signée Jean-Michel Wilmotte, située dans le prolongement de l'Allianz Riviera, ses 5 000 m2 (dont 2 500 m2 de surface d'exposition et 2 000 m2 de réserves), son allure moderne et ses 50 000 objets, 400 000 documents conservés, le Musée national du sport est depuis bientôt trois ans, le nouveau venu dans l'offre culturelle azuréenne. Un nouveau venu - depuis Paris où il est né en 1963 - un peu particulier, parce que difficile à classer. Mais c'est peut-être de cette différenciation qu'il peut réussir son passage par la case innovation.

La mission de la transmission

Car celui qui est sous statut d'Etablissement public administratif, (EPA soit le même statut que l'Eco-Vallée NDLR) n'est pas qu'un lieu d'expositions - en moyenne trois par an, pour une durée de 3 mois chacune. Il est aussi et surtout un producteur de contenu, rappelle Frédéric Dubloc, le secrétaire général de l'établissement. "Nous sommes un lieu de patrimoine et l'une de nos missions est la vulgarisation. Le sport est une composante de la vie sociale. Il permet de parler de la société, de l'histoire, de la science, de la politique, des individus".

Un producteur de contenu qui veut (se) partager. Et pour ça, rien de mieux que le numérique, les nouvelles technologies permettant de remplir la mission de la transmission du savoir à plus grande échelle que celle du lieu lui-même. Et c'est exactement l'ambition du Musée national.

Techniques et techno

"Jusqu'à présent nous employons des dispositifs traditionnels d'exposition", note Frédéric Dubloc. "Or nous voulons développer un projet fort de musée hors les murs". Parmi les objectifs affichés notamment, celui de toucher un public empêché, de s'appuyer sur un scénario "utilisateur" et de refaire vivre une émotion née d'un événement sportif. "Les technologies nous permettent de déployer cela via des imprimantes 3D, de transporter des objets via les images de synthèse, de faire appel à la réalité virtuelle, aux robots, de s'appuyer sur les tournages en 360°, d'accéder à des ressources virtuelles du musée en jouant à un serious game..." Autant de supports "techno" qui s'inscrivent dans une démarche plus large, celle dit Frédéric Dubloc "d'un écosystème en mutation, de la volonté de la Métropole Nice Côte d'Azur d'être une smart city". Et le Musée avec elle.

Smart mais concret

Si le projet semble bien défini, reste néanmoins à dessiner plus fortement et finement les contours. Pas seul, si possible mais en se rapprochant notamment de l'Université, des écoles supérieures, des entreprises locales... Et puis peut-être aussi des startup hébergées juste à côté par l'accélérateur national d'Allianz au sein de l'Allianz Riviera.

Les dix-huit prochains mois vont être consacrés à "approfondir notre réflexion sur les usages, travailler avec des éducateurs sur la perception des technologies". L'idée d'un hackaton permettant de développer des innovations en terme de besoins du public pourrait se tenir au sein du Musée en septembre prochain. "Nous voulons une solution durable, mais pas un produit fini, plutôt un produit évolutif et adaptable".

Changement de consommation

Car il s'agit déjà d'anticiper la prochaine étape, celle qui verra le musée ne plus être ce qu'il est encore. "Nous sommes l'un des derniers musées construit avec des murs. Or cela ne correspond plus aujourd'hui à la consommation de la culture. Nous voulons mettre à disposition des produits pratiques et pragmatiques, pas contraints par la technologie mais enrichis par les utilisateurs".

Evidemment, il y aussi la question du financement. Tout soutien de cette nature est le bienvenu.

Le Musée national, qui emploie 19 ETP, fonctionne avec un budget de 2,5 M€ et a généré via la billetterie et la médiation (hors privatisation qui a produit 35 000 €) 125 000 € en 2016. 46 000 visiteurs ont franchi les portes du Musée, soit une fréquentation en hausse de 10 % par rapport à 2015.

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