Un Production Summit bientôt à Marseille ?

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(Crédits : DR)
Les initiateurs de l'événement, sollicités par la productrice marseillaise Sabrina Roubache, envisagent de créer une édition marseillaise, celle-ci dédiée aux séries de télévision et au digital.

Le projet n'en est qu'aux prémices, mais le brainstorming va bon train : Marseille pourrait accueillir à l'automne prochain son premier Production Summit. L'événement, initialement parisien est pour mémoire dédié aux rencontres entre producteurs et porteurs de projets axés cinéma en quête de financement.  Son initiateur n'est autre que la société parisienne Hildegarde, détentrice des magazines Première et Le Film Français... Et si le Production Summit s'apprête à faire des petits du côté de la cité phocéenne, c'est parce que Sabrina Roubache, participant à la dernière édition parisienne, en a glissé l'idée à l'oreille de Réginald de Guillebon, fondateur d'Hildegarde. Qui n'est pas celle d'un sourd. Pour preuve, toute une équipe s'était donné rendez-vous le dernier week-end de février à Marseille pour étudier cette possibilité et poser les jalons, dans l'optique d'une première édition phocéenne courant 2017. "Il y a du sens à dupliquer l'événement dans la deuxième région de tournage après l'Ile-de-France, d'autant qu'elle se situe loin de Paris et concentre tout un écosystème tourné vers l'audiovisuel", observe Réginald de Guillebon.

Canal + parmi les participants

Pas question toutefois de délocaliser l'événement, voire d'en faire un simple copier-coller : il fallait bien sûr qu'il s'adapte aux spécificités du cru. "Nous avons donc pris la décision de faire ici un Production Summit dédié à la télévision ainsi qu'au digital, car ce territoire accueille de nombreuses séries", annonce encore le fondateur d'Hildegarde. Plus belle la vie, Marseille, Camping Paradis et autres No limit ont en effet été tournées au bord de la Méditerranée... "L'idée est bien sûr d'aller là où est le besoin, de mettre en contact les producteurs locaux, nationaux et internationaux. Nous visons la venue de Canal +, Netflix, Amazon, Fullscreen..." renchérit la productrice Sabrina Roubache, qui est l'interface et mobilise son réseau sur l'événement. Nouvelle élue à la CCIMP, elle envisage également, avec Frédéric Ronal, vice-président à l'international, d'engager l'organe consulaire dans la danse. Une pluralité d'acteurs à même de conférer à l'événement une dimension facilitatrice, "avec l'organisation de tables rondes sur la thématique du financement et de rendez-vous de speed dating", décrit-elle encore.

Question calendrier, "cela pourrait se passer en septembre ou en octobre. Toutefois il ne faudra pas faire doublon avec des événements existants", avance Réginald de Guillebon. Il y a notamment le Marseille Webfest, au mois d'octobre rappelle Didier Parakian, délégué au développement économique pour la Ville. "Il va sans dire que les deux événements doivent être complémentaires". Mais tel semble être le cas puisque la nature des deux manifestations appellent deux sortes d'intervenants. "Marseille Webfest est un festival tandis que le Production Summit reste un rendez-vous réservé aux distributeurs, aux diffuseurs et aux financeurs", rappelle Sabrina Roubache.

Renforcer l'attractivité

Quoiqu'il en soit, la Ville accueille d'ores et déjà favorablement la présence d'un nouvel événement, d'autant que le territoire "figure comme premier organisateur de congrès après Paris, avec près de 700 événements sur l'année", revendique encore Didier Parakian. Lequel revient également sur l'importance que revêt celle qui est identifiée comme une des filières d'excellence de la Métropole : "les industries créatives figurent parmi les priorités de l'agenda de développement économique, notre ambition étant d'intégrer le top 5 des villes européennes les plus attractives en termes de tournages". On le comprend, au vu des retombées économiques qu'elles ont générées sur le territoire en 2016 : 40 M€... Ainsi, la porte est grande ouverte, sous-entend l'édile. "Nous attendons que les demandes soient précises pour savoir dans quelle mesure nous pourrons aider, qu'il s'agisse de subvention, de communication ou autre".

Rendre un écosystème encore plus efficient

Il n'aura déjà pas à s'inquiéter du lieu, d'ores et déjà défini : ce sera la Villa Gaby. "Le format de l'événement correspond bien à ce que l'on peut y faire, puisque la jauge y est de 300 à 400 personnes", explique Marc Crousillat, président directeur de MCO Congrès. La structure marseillaise, qui organise annuellement quelque 200 événements d'entreprises, se chargera en effet de la logistique de l'événement et de la mise en lien avec les institutions. "Nous avons également émis l'idée de lui conférer une dimension plus grand public en réalisant quelques projections de séries dans des lieux emblématiques de la ville, ce pour ancrer le rendez-vous dans l'esprit des locaux".

Car au-delà de l'événement, l'idée est vraiment de conférer plus d'accessibilité à la filière des industries créatives, d'en faire un vecteur d'intégration... mais aussi "de rendre cet écosystème plus efficient", reprend Sabrina Roubache. C'est dans cette optique que Jean-Philippe Agresti, vice-président aux partenariats socio-économiques d'Aix-Marseille Université, a également rencontré Réginald de Guillebon. "Nous avons évoqué la possibilité de partenariats afin de proposer des formations dans le cadre de l'Université. Par exemple en faculté de droit, puisque le juridique évolue avec les nouveaux usages en termes d'audiovisuel. Par ces nouvelles initiatives, AMU va conforter son rôle d'acteur majeur de la culture sur le territoire, soit l'un de ses axes prioritaires".

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