Louis Schweitzer : "L'interdisciplinarité doit entrer dans les mentalités"

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(Crédits : Emmanuel Foudrot)
En finir avec le travail en silo pour lui préférer le travailler ensemble, c'est l'une des conditions sine qua non pour que l'économie – et les entreprises – se portent mieux, assure le commissaire général à l'investissement, par ailleurs président du réseau Initiative France. Un sujet qu'il aborde ce jeudi lors des Tables-rondes de l'Arbois à Aix-en-Provence.

Le thème de son intervention - "La place de la science dans la société du XXIème siècle" - n'est pas exactement celui de l'entreprise mais pourtant il s'y rattache. Invité des Tables-rondes de l'Arbois ce 30 mars, Louis Schweitzer entend bien davantage faire passer le message d'un nécessaire rapprochement intelligent entre entreprises, laboratoires, instituts, universités... Il se trouve aussi que c'est exactement ce que vise à faire le PIA3. Car il semblerait qu'il y ait des progrès à faire.

Réflexe et réflexion

Ce troisième volet du Programme Investissements d'Avenir entend valoriser à la fois l'excellence, l'innovation et la coopération. Il est vrai trois éléments essentiels pour le développement de l'économie. Mais que la France ne possède pas encore toutes. "En matière d'excellence, la France est bien placée. Nous sommes bons en ce qui concerne l'émergence des startups. En revanche, sur la coopération, nous sommes moins bons". Et Louis Schweitzer de mettre le doigt sur une vraie problématique, celle de la coopération au sens interdisciplinaire. "Si on pense de manière séparée, on rate des choses" dit-il prenant notamment pour exemple l'intelligence artificielle qui se situe finalement à mi-chemin entre les mathématiques et les sciences humaines et sociales. Le transfert de technologie - que portent notamment les SATT - doit donc être encouragé. Et Louis Schweitzer de rappeler que le PIA3 consacre 35 Md€ à l'enseignement supérieur, la recherche, la valorisation et l'innovation dans des secteurs-clés tels que l'industrie, l'énergie, la santé ou le numérique. "Concernant le transfert de technologie avec la recherche publique, les signes sont positifs", consent-il, soulignant particulièrement le bon comportement des instituts hospitalo-universitaires qui associent les entreprises, créant ainsi "une chaîne complète".

"L'interdisciplinarité doit entrer dans les mentalités. Il faut que cela devienne naturel et que cela soit facile". Eviter, donc autant que possible, les systèmes complexes, en clair les usines à gaz.

Débrider

Les progrès à faire portent nettement sur la coopération entre entreprises. "En Allemagne, elle est réelle", fait remarquer le commissaire général à l'investissement, alors "qu'en France, ce travail entre filières n'est pas valorisé". Et Louis Schweitzer de prendre son autre casquette, celle de président du réseau Initiative France pour dire que l'Hexagone est "championne européenne de la création d'entreprise". Mais que le bât blesse pour ce qui est de la croissance, dont la faculté moindre à exporter est l'une des raisons. A qui la faute ? Au manque de coopération... justement. Mais pas seulement. "La réticence à l'ouverture du capital est également une autre problématique forte. Je le vois avec Initiative France, cette réticence bride la croissance des entreprises. Ce n'est pas le manque de fonds, d'autant que bpifrance a la capacité à intervenir à toutes les étapes de développement". Le constat, c'est encore la difficulté à bousculer les habitudes. "Nous avons une image de la transmission d'entreprise qui est axé sur l'autonomie et non sur la croissance" souligne tout en le déplorant Louis Schweitzer. Et celui qui a présidé le Medef International en 2005 de faire remarque ô combien "il est dommage que les organisations patronales n'encouragent pas à l'ouverture du capital". Le risque étant que "de bonnes idées ne croissent pas assez vite". Si tout n'est pas parfait, tout n'est pas non plus gelé. "Le changement est en marche. La France est en train de faire sa révolution". Le tout étant de la faire à temps.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2017 à 8:21 :
Mr Schweitzer sort un orteil de ses pantoufles sur mesure !!!!
a écrit le 02/04/2017 à 11:39 :
Oui mais "en finir avec" c'est particulièrement hypocrite sachant très bien que vous avez fait avec sans jamais le dénoncer depuis des dizaine d'années, alors c'est bien de se réveiller c'est déjà tellement rare chez nos décideurs mais bon inutile d'en faire des caisses non plus, merci.

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