Nice Côte d'Azur, capitale de l'innovation ?

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(Crédits : DR)
En déposant sa candidature pour être labellisée i-Capital, la Métropole veut faire reconnaître sa politique en la matière et consacrer sa stratégie notamment de smart city. Parce que c'est toujours une question d'attractivité renforcée.

Un label vaut-il mieux qu'un long discours ? Peut-être pas, mais ça rajoute une couche de reconnaissance. Et permet d'être bien vu, surtout de l'extérieur. En étant candidate à la capitale européenne de l'innovation, Nice Côte d'Azur veut confirmer son orientation stratégique. A-t-elle raison ?

Faire différent

L'innovation, c'est l'axe de différenciation de ce territoire très orienté tourisme. Et alors que les autres bassins - Cannes, Grasse, Sophia-Antipolis et Carros - ont tous respectivement le cinéma et le spatial, les parfumeurs, le hightech et l'industrie, Nice se devait de se démarquer. Ce qu'elle a fait.

C'est là qu'est testée par exemple la technologie NFC - une première européenne qu'elle revendique - que l'expérimentation Nice Grid a été menée, incluant industriels et habitants pour le côté pratique de la chose, et qui est déployée aujourd'hui a plus grande échelle avec Flexgrid. Il y a aussi les 3 000 capteurs qui "monitorent" la Plaine du Var et son Eco-Vallée, la mairie dématérialisée et nomade qu'est Spot Mairie. L'autre expérience faite en s'appuyant sur l'algorithme développé par la start-up Civocracy vise à permettre l'échange dématérialisé mais pas moins concret entre communes, associations, citoyens. Etablie pour une durée d'une année, les premiers résultats de cette expérience sont d'après Christian Tordo, l'élu en charge du développement économique, de l'aménagement et de l'urbanisme à la Métropole meilleurs que ceux de Lyon ou que de la Hollande.

Et puis il y a l'indispensable lien qui a été favorisé entre les grands groupes (certains ont choisi d'y poser centres de R&D et filiales), les startups, les PME, ce beau petit monde entreprenarial s'étant par ailleurs engagé lorsqu'il a été question de concourir à un autre label, l'Idex, rejoignant dans l'aventure le monde académique et celui de la recherche. Un écosystème auto-bienveillant qui travaille ensemble. Comme dirait un célèbre amateur de café, what else ?

ROI

Voilà pour les atouts. Sont-ils suffisants pour faire de Nice Côte d'Azur la capitale européenne de l'innovation ?

Les critères d'obtention (le résultat sera connu fin juin NDLR) semblent dire que oui. D'autant que le label 2017 ira à la ville capable de se livrer à l'expérimentation avec comme objectif celui de mettre des initiatives tournées vers les citoyens. Nice Côte d'Azur a déjà des résultats à démontrer, ceux issus de Nice Grid ou du monitoring urbain. Mais il lui faut aussi démontrer que toute la politique menée a engendré un retour sur investissement pas uniquement en données ou en efficacité opérationnelle mais qu'il y a eu effet de levier. Avec donc des conséquences inattendues mais porteuses d'efficacité. Une sorte de cercle vertueux, en somme.

Quel enjeu ?

Être labellisée capitale européenne de l'innovation c'est bien pour quoi ? La reconnaissance à un niveau européen n'est jamais négligeable surtout que sur ce périmètre la concurrence est large. Et puis il y a aussi des dotations financières : un million d'euros chargés de financer des projets d'innovation. Soit permettre de continuer ce qui a été engagé, voire de développer d'autres segments de la ville intelligente. Quoiqu'il en soit, c'est bon pour le moral, l'image, l'attractivité, les entreprises... Et c'est toujours mieux pour alimenter les stratégies de marketing territorial. Une sorte d'Oscar de l'innovation. Comme pour les acteurs, ça fait grimper la cote. Sauf que là, ce n'est pas du cinéma.

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