Pourquoi Terralia fait germer l'esprit innovation

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(Crédits : Décideurs en région)
Axé sur les filières agricoles et agroalimentaires, le pôle de compétitivité basé à Avignon pousse à l'émergence des solutions Foodtech, Agtech et Winetech. Et pour faire grandir plus vite, initie même un fonds d'investissement.

Secteurs traditionnels, l'agriculture et l'agroalimentaire ? Sans doute. Mais pas pour autant déconnectés des besoins que l'innovation vient combler. Des drones capables de détecter les maladies des vignes aux solutions s'appuyant sur l'analyse des data pour appliquer aux plantes, d'autres s'intéressant à la problématique de la sécheresse... le champ est vaste. Et s'appuie sur le fameux écosystème qui réunit entreprises, centres de recherche et organismes de formation. Ce qui fait aussi aller plus vite.

Pas de course à l'échalote

"Le pôle est avant tout axé fruits et légumes", avance son directeur, Gilles Fayard. Le territoire couvert est vaste, allant de l'Occitanie jusqu'à l'Auvergne Rhône-Alpes et incluant bien sûr, Provence Alpes Côte d'Azur. Mais être présent "sur ce bassin de production, c'est notre façon de nous positionner". De se différencier, s'entend aussi.

L'innovation donc, fait partie intégrante de la démarche de Terralia. "Nous travaillons sur des sujets transversaux, comme l'agriculture durable, la sécurité des aliments, les procédés..." Pour ce qui est de l'agriculture numérique, et pour donner de la cohérence, Terralia s'est rapproché en février de Céréales Vallée en Auvergne Rhône Alpes. Car Gilles Fayard le souligne, "il n'est pas question de course à l'échalote, mais de comment rendre service aux filières".

Graines d'avenir

"La composante innovation nous ouvre l'avenir. Les projets innovants sont des garanties pour demain". En la matière, les startups ne manquent pas d'idées, comme le fait remarquer le concours Innovafood, initié il y a dix ans et qui vise à faire émerger les produits ou concepts disruptifs, nouvellement créés et prêts à passer en  phase de commercialisation. "Nous constatons une participation de plus en plus forte de la part des startups alors qu'il y a 7 ans, c'était plutôt les marques qui concourraient". Le lancement, officialisé ce 11 mai, de Terralia Venture Innovation, va donc dans ce sens. Qu'un pôle de compétitivité créé un fonds d'investissement, c'est nouveau. Peut-être pas pour longtemps mais pour l'heure c'est... innovant. 2 M€ devraient être injectés dans les jeunes pousses prometteuses dans les deux ans à venir. "Accompagner davantage les startups est nécessaire", affirme Gilles Fayard. La participation à l'Opération d'Intérêt régional (OIR) Naturalité (pilotée par la Région NDLR) est aussi une façon de pousser ce qui se fait de nouveau. En l'occurrence ce sera un projet accompagné par l'Agence régionale pour l'innovation et l'internationalisation des entreprises (ARII) début 2018.

Eco-extraction

Outil utile et stratégique, opérationnelle depuis septembre 2016, la plateforme d'éco-extraction implantée à Valréas, dans le Vaucluse, est un autre exemple - très concret - de la mise en commun des besoins. Portée par Terralia avec les pôles Trimatec (éco-technologies basé dans le Gard) et PASS (Parfums Arômes Senteurs Saveurs installé à Grasse) elle "permet de faire de la R&D, des pré-séries et d'industrialiser ce qui a été fait en laboratoire". Installée au sein de la Cité du végétal, c'est ici que s'est créé une pépinière et hôtel d'entreprises. "Ce territoire possède du foncier agricole qui permet d'accueillir - pourquoi pas - de nouvelles espèces. Nous avons une approche globale qui va de la culture à la transformation. Nous voulons apporter de la naturalité tout au long de la chaîne", précise Gilles Fayard.

Terralia, qui rassemble 270 adhérents majoritairement originaires de Provence Alpes Côte d'Azur et essentiellement - à 87 % - des PME a également publié les résultats de son enquête économique annuelle. Outre le chiffre d'affaires cumulé des entreprises du pôle qui affiche un +9,5 % moyen entre 2015 et 2016, ce sont les perspectives 2017 qui semblent prometteuses. Ainsi en matière d'innovation, les visions sur les projets d'avenir sont au vert pour 75 %. Petites graines deviendront grandes ?

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