Thierry Chaumont : "Nous avons besoin d'une vraie politique industrielle"

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(Crédits : DR)
Relocalisation, reconquête et version 4.0… l'industrie fait face à des (r)évolutions. Nécessaires pour gagner en compétitivité, dit le président de l'UIMM Alpes-Méditerranée. Mais pour cela, il faut aussi un engagement… politique, national comme régional.

L'industrie du futur est en marche. Sans jeu de mots ou rapport avec le mouvement créé par le président de la République, l'industrie, telle que connue, n'est plus vraiment celle-ci, tant le digital est en train, non pas de bouleverser le secteur, mais de lui donner tout ce qu'il faut pour qu'il amplifie sa contribution à l'économie française et modifie le regard qui lui est porté. C'est ni plus, ni moins le sens de la Fabrique de l'Avenir, cette démarche collégiale des fédérations des industries françaises initiée au moment des élections présidentielles et qui avait pour message, celui de démontrer et rappeler la contribution qu'apportent la mécanique, la plasturgie, la chimie, l'aéronautique... et donc la métallurgie à l'économie hexagonale, elles qui représentent 75 % des dépenses de R&D en France.

Plaidoyer

Une action revendication qui a porté ses fruits ? Thierry Chaumont le souhaite. "Sans industrie il ne se passe pas grand-chose dans l'économie", plaide de président de l'Union des Industries et des métiers de la métallurgie Alpes Méditerranée. Et l'industrie du futur, c'est le sujet dont les industriels se sont emparés. "L'industrie a beaucoup évolué, elle n'est plus ce qu'elle était il y a une trentaine d'année. Les signes actuels sont positifs : la conjoncture internationale est bonne, le moral des entrepreneurs remonte, même si ce n'est pas l'euphorie". C'est donc le bon moment pour "redonner envie aux industriels de produire à nouveau en France, je pense même que l'on peut inverser la vapeur par rapport à la Chine", d'autant que l'industrie est désormais "en partie propre, le niveau des qualifications a augmenté et elle doit être capable d'attirer des talents".

Aider les PMI

Plus généralement ce sont vers les PMI que l'effort d'accompagnement doit porter. Expliquer ce qu'est Team Henri-Fabre est, par exemple, nécessaire estime Thierry Chaumont. "Aujourd'hui, le technocentre est utilisé par quelques grands acteurs, c'est très bien mais il faire redescendre l'information vers les PMI et il reste un véritable travail à effectuer pour démocratiser cette plateforme". Les sous-traitants ne doivent pas davantage être oubliés et la montée en compétence est un axe à privilégier. "Nous devons faire en sorte que les donneurs d'ordre aient en face d'eux des sous-traitants mieux formés. Les dirigeants de ces sous-traitants doivent être accompagnés sur des vecteurs de diversification".

L'apprentissage est l'autre sujet qui ne doit pas échapper aux industriels. "Il faut laisser l'apprentissage aux mains des fédérations. Le sujet c'est le développement de l'apprentissage. Les industriels ont besoin de ce niveau d'expertise pour que les métiers évoluent".

S'il vous plaît M. le président

Mais pour cela, il "faut que le gouvernement nous aide avec une vraie politique industrielle". Avoir un ministre de l'industrie, c'est important ? "Bien sûr", acquiesce Thierry Chaumont. Et une politique régionale forte serait la bienvenue aussi. "La Région doit s'emparer du sujet. La politique industrielle doit également être présente à l'export. Avec les OIR, l'ARII, il y a des synergies à créer". Un message clairement exprimé. Clairement entendu ?

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