Camille de Guillebon : "Il faut améliorer la compétitivité fiscale"

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(Crédits : DR)
Si l'étude publiée par EY assure que la reprise est là, elle dit aussi que des handicaps persistent et brident l'effet attractivité de l'Hexagone. Et en Provence Côte d'Azur, les mêmes causes produisent aussi les mêmes effets, dit le Managing Partner Sud-est et Monaco.

La France va mieux et ce sont les chiffres du baromètre de l'attractivité établi par EY qui le dit. L'attractivité, cet indicateur surveillé, analysé, jaugé et jugé, semble donc être passé au vert, affichant une augmentation de 30 %. Mais tout aussi réjouissant soit-il, ce bon signe ne cache pas moins les freins qui demeurent de réels handicaps à une attractivité plus forte et plus pérenne. Pêle-mêle : la fiscalité, la complexité administrative, le coût du travail... Sans surprise, mais pas sans impact.

Plus et moins

Evidemment, ce qui vaut pour l'Hexagone vaut aussi pour les régions. En Provence Alpes Côte d'Azur, "le droit du travail nuit aussi à la flexibilité, le coût du travail est un sujet majeur", résume Camille de Guillebon. Si le focus est souvent fait sur la Capitale, le baromètre regarde aussi ce qu'il se passe du coté des métropoles. Et dans le classement, Nice pointe à la 9ème place des territoires capables de challenger l'Île-de-France quand Aix-Marseille arrive en troisième position. Pourquoi un tel écart ?

Sophia-Antipolis, "a absorbé beaucoup de départs de grands groupes qui avaient des milliers de salariés. L'arrivée récemment annoncée de Renault est à ce titre une bonne nouvelle. Amadeus a bien grandit, mais il est la seule locomotive. Il est essentiel d'avoir une co-existence entre grands groupes, moyennes et petites structures". Et puis Nice "pâtit d'un manque d'infrastructures de déplacement, sans omettre le coût élevé de l'immobilier" explique Camille de Guillebon.

Aix-Marseille quant à elle, manque certes de certaines infrastructures, mais il existe, "une dynamique, impulsée par les startups. La zone d'Aix-en-Provence est également très active. La problématique en région c'est de chercher le bon talent. L'investisseur veut être certain que si il y installe son entreprise il pourra recruter, trouver les compétences de haut niveau qui lui sont nécessaires", souligne Camille de Guillebon.

French Tech, la good French Touch

Elément devenu essentiel de l'attractivité, la French Tech contribue largement à la bonne image de la France. Mais c'est un label qui doit vivre pour perdurer. La convention signée ce 1er juin entre EY et la French Tech Côte d'Azur devrait contribuer à apporter du contenu via des ateliers et des conférences dans le but "d'animer le territoire", dit Camille de Guillebon. Quand on parle French Tech on pense évidemment startup. Pour autant, la levée de fonds, la revente à un grand groupe doit-elle être la panacée ? Alors que l'on déplore régulièrement le manque d'ETI, n'est-ce pas dans ce sens que la politique entreprenariale doit pousser ?

"Les startup bénéficient de subventions mais si le but ultime est de revendre à un GAFA, c'est juste aider ses derniers à faire de la R&D grâce à du financement de l'Etat français" appuie Camille de Guillebon. "Il faudrait moins de ventes conclues au bout de la deuxième ou troisième levée de fonds. Il faut certes des scale-ups mais il faut aussi des startups qui grandissent, atteignent le stade de PME puis d'ETI. Sinon on revient inexorablement au point de départ". Et puis pour impulser tout cela autant éliminer les handicaps. "La meilleure façon d'aider les entreprises c'est de lever les freins qui bloquent l'attractivité. Il faut notamment travailler sur la compétitivité fiscale. Et continuer ainsi à attirer les investisseurs étrangers".

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