Quechen à Fos : c'est fait ?

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(Crédits : DR)
La venue à Marseille de Que Weidong le président du n°3 de la silice en Chine et son entretien avec Renaud Muselier, le GPMM et Kem One entre autres, sont-ils un vrai (bon) signe ?

Le suspens est à son comble. Comme dans les feuilletons qui tiennent en haleine, l'installation en terre provençale du n°3 de la silice chinoise est une histoire à rebondissements.

La visite ce lundi de Que Weidong n'est pas la première excursion en terre provençale pour le patron du groupe chinois qui cherche à implanter une usine en Europe. Déjà en 2016, il était venu en repérage. Puis en octobre dernier, c'est Christian Estrosi, alors président de la Région, qui s'était rendu en délégation à Wuxi, là où siège Quechen avec à ses côtés entre autres, le président de l'ARII, Bernard Deflesselles et le directeur de Provence Promotion, Philippe Stefanini. Une visite stratégique, qui voulait montrer la bonne volonté de la Région et à laquelle le PDG chinois n'avait pas été insensible. Christian Estrosi avait notamment rassuré Que Weidong sur la facilitation côté démarches administratives.

Car l'entrepreneur chinois avait quelques interrogations notamment pour ce qui est du climat social ou l'obtention des visas, sans parler de l'instabilité législative.

Entre temps, des études de courantologie ont été financées pour un montant de 150 000 euros par Aix Marseille Métropole et réalisées par Piicto. Et les études environnementales ont été faites.

"Tout a été fait en anticipation", dit Philippe Stefanini le directeur de Provence Promotion. Ce qui devrait permettre à Quechen, en cas d'installation, de pouvoir le faire sans attendre ces étapes essentielles à une implantation.

Opération séduction

Car huit mois plus tard, revoilà le dossier dans l'actualité. Et Que Weidong de nouveau à Marseille. Où le président de Quechen a fait le tour des popotes ou plus exactement des acteurs économiques qui comptent. L'idée est de montrer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Renaud Muselier, le président de la Région, Stéphane Bouillon, le préfet, Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille et président d'Aix-Marseille Provence, Martine Vassal, la présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Chauvin, le président de la CCI Marseille Provence, Tanya Saadé Zeeny, directeur général délégué de CMA CGM, le GPMM, Kem One... tous ont parlé d'une même voix pour dire qu'entreprendre à Marseille c'est possible et qu'il y a tous les interlocuteurs et les infrastructures pour cela. Et le dîner donné par la Ville de Marseille ce 3 juillet, où tout ce petit monde est convié dans le cadre des festivités qui célèbrent les 30 ans du jumelage Marseille-Shanghai, devrait permettre de mettre le point final et décisif.

L'investissement qui compte

Il faut dire que le projet du spécialiste de la silice est conséquent. Créée en 2003, Quechen est rapidement parvenue à la troisième place du podium national de son secteur. Avec un chiffre d'affaires de 120 M€, une rentabilité de 12 %, 500 employés, une usine en cours de finalisation en Thaïlande et un projet d'investissement de 200 M€ en Europe, le groupe de Que Weidong fait briller les yeux des acteurs économiques. Surtout, sa venue ferait de lui la première entreprise à s'installer sur PIICTO, la plateforme industrielle d'innovation Caban Tonkin, à Fos-sur-mer. Car si Quechen cherche un siège en Europe c'est pour répondre à la demande de ses clients, Pirelli, Continental ou encore Michelin.

L'investissement, d'ailleurs, se ferait en trois phases - une première tranche à 80 M€, suivie d'une seconde à 35 M€ puis d'une troisième pour le restant - et entrainerait la création de 150 emplois à terme - 105 dans un premier temps auquel s'ajoutent 15 personnes en R&D.

Fos versus Rotterdam

Si en octobre dernier, trois candidats sérieux étaient à l'étude, il semble que désormais seuls Fos-sur-Mer et Rotterdam soient encore en course, Krefen ayant été "éliminé".

Que Weidong devrait révéler le nom de l'heureuse gagnante d'ici la fin du mois. Le feuilleton devrait donc prendre fin et avec lui, le suspens insoutenable qui dure bien plus longtemps que prévu. Fos ou Rotterdam ? Pour PACA et encore plus pour PIICTO, l'arrivée de Quechen serait un signe extrêmement fort envoyé au monde entier en matière industrielle. Sans compter en local, les retombées directes et indirectes à en attendre. Surtout Quechen est déjà attractive. Car comme l'explique Philippe Stefanini, d'autres entreprises européennes ont manifesté leur intérêt pour PIICTO dès lors qu'il a fallu trouver des partenariats. Et ces candidates pourraient ainsi collaborer avec Kem One et Quechen. Ce qui fait dire au directeur de Provence Promotion que "le co-working fonctionne aussi pour les industriels". C'est sans doute même la vraie valeur ajoutée.

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