Nice Côte d'Azur : où en est la candidature iCapital ?

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(Crédits : DR)
Après le dépôt de sa candidature en juin, la Métropole niçoise poursuit ses efforts pour démontrer qu'elle est bien dans les clous des critères de sélection. Car le premier tour éliminatoire, c'est en septembre. Autant dire qu'il faut faire vite et bien pour montrer patte (ou innovation) blanche.

Et l'un des critères très regardés par la Commission européenne - créatrice du label - c'est la capacité à être un terrain d'expérimentation, à servir de modèle et à avoir un impact réel sur la mise en route des innovations nées en "laboratoire".

Or, être un terrain d'expérimentation, c'est exactement ce que revendique la Métropole niçoise. La venue de la Commission Européenne en terre azuréenne il y a quelques jours était bien l'occasion rêvée de mettre des faits concrets sur des mots.

Un petit tour par le salon Innovative City qui se tenait au palais Acropolis a permis via le stand qu'occupait la Métropole d'exposer les différents projets économiques qu'elle porte, et pas toute seule mais avec des industriels (IBM, Veolia, Cisco...). Cependant, c'est la visite in situ de l'Institut Méditerranéen du Risque, de l'Environnement et du Développement Durable (IMREDD) et du Smart City Innovation Center, installés en plein cœur de l'Eco-Vallée, qui a eu pour mission de démontrer dans le concret ce qui se fait.

Approche holistique

L'IMREDD, qui est porté par l'Université Nice Côte d'Azur, a vocation à accueillir chercheurs, étudiants et entreprises. Mais le trésor qu'il recèle, c'est le Smart Innovation Center, cette plateforme qui réunit les data récupérées auprès des industriels engagés dans la smart city niçoise. Une mine d'or pour toutes les parties prenantes de la ville intelligente, les industriels bien sûr mais aussi les entreprises, les startups, les étudiants...  Et ça, c'est "ce qui permet de nous différencier. Nous restons propriétaire des données et de l'infrastructure, ce qui est rare. La mise en commun des données entre tous les acteurs nous oblige à ne pas travailler en silo. Nous avons une approche holistique de la smart city", souligne Christian Tordo, l'adjoint en charge du développement économique, de l'aménagement et de l'urbanisme.

L'engagement citoyen, voilà un autre des points essentiels à cocher dans la liste. Et là encore, Nice Côte d'Azur tente d'avoir tout bon. L'expérimentation menée avec la startup Civocracy va dans ce sens, c'est "une autre façon d'impliquer le citoyen, en dehors des moyens traditionnels de communication qui sont du papier. On atteint, grâce à cette plateforme, d'autres strates", appuie Christian Tordo. Et donc un niveau d'informations plus fin en même temps qu'un lien citoyen/collectivité plus tenu.

Politique industrielle

Et la commission européenne, elle en dit quoi, de tout ça ? "La Métropole déroule une stratégie fondée sur les besoins, ce qui, du coup, devient une stratégie de politique industrielle" indique Michel Bosco, chef d'unité adjoint DG Home pour l'Europe. "L'échange entre les industriels et le pouvoir public se fait via un cadre structuré qui est un moyen de tester grandeur réelle. Chacun vient avec des bouts de briques". Nice Côte d'Azur semble donc être dans les clous. Sa différenciation fera-t-elle (suffisamment) le poids ?

"On part de loin", reconnaît Christian Tordo. "Et ce que nous avons pu bâtir depuis 2008 est important". Alors être iCapital, ce serait une façon de valider l'orientation adoptée il y a presque dix ans. Ne serait-ce que figurer dans la short-list annoncée en septembre prochain serait déjà une reconnaissance. Un facteur supplémentaire d'attractivité pour la métropole aussi, il ne faut pas l'oblitérer. Nice Côte d'Azur n'en n'a évidemment pas fini avec le tourisme mais la smart city doit devenir son autre spécificité, son autre mamelle économique.

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