Jean Castellini : "Nous sommes un rocher... pas une île"

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(Crédits : DR)
Entretien avec le conseiller de gouvernement et ministre des Finances et de l'Économie de la Principauté de Monaco.

LA TRIBUNE - Comment est née l'idée de créer un outil de développement pour les startups ?

JEAN CASTELLINI - Nous y réfléchissions depuis un certain temps. Moi-même, j'avais quelques réticences : le jeu en vaut-il la chandelle ? Allons-nous trouver du financement ? Et puis la création de l'Observatoire de l'industrie il y a deux ans et sa recommandation de conserver la matière grise, en même temps que l'arrivée de Xavier Niel au capital de Monaco Telecom a contribué à un phénomène d'accélération, ça tombait sous le sens. Nous avions quelques handicaps que nous avons surmontés grâce à la réactivité de l'administration. Et cet automne, nous inaugurerons 800 m2, dans le même bâtiment que Monaco Telecom. Des surfaces supplémentaires pourront être mobilisées dans les mois ou années qui viennent. Nous pouvons doubler dans trois à cinq ans.

Pourquoi avoir choisi une formule incubateur-accélérateur pour MonacoTech ?

À Monaco, nous avons des financements possibles, des mentors qui font que nous pouvons créer un accélérateur. Mais cela serait amputer une partie du discours. Il nous semblait naturel qu'il y ait un incubateur et un accélérateur. D'ailleurs des professionnels de l'accompagnement comme les experts-comptables et les avocats se sont déjà manifestés pour apporter leurs compétences afin que le réseau s'agrandisse.

Les startups sélectionnées seront-elles uniquement monégasques ou en provenance d'autres pays ? Quelles thématiques sont privilégiées ?

Nous débordons du cadre français et européen. Nous serons évidemment rigoureux dans notre sélection. Un bon projet australien vaut mieux qu'un mauvais projet italien. Cependant nous devons rester humbles. Si nous n'avons que cinq projets valables, nous prendrons ces cinq projets.

Pour l'heure, il est prévu d'accueillir 15 à 20 sociétés, soit une soixantaine de personnes. Tout ce qui relève de la fintech, de l'health tech, de la smart country nous intéresse.

Les conditions de création d'une entreprise à Monaco seront-elles revues ?

La durée moyenne pour obtenir son autorisation est de trente à quarante jours. Ce n'est quand même pas excessif et permet de garder un oeil sur qui s'implante à Monaco. Farfelus, s'abstenir. En rien cette mesure monégasque n'est discriminatoire.

Quelle doit être la plus-value de MonacoTech pour le pays ?

Ce n'est pas la rentabilité de MonacoTech en tant que structure qui va être scrutée. Le retour s'appréciera en termes de visibilité, de succès, de diversification économique.

MonacoTech participe à l'attractivité. Ce genre de cadre est très intéressant pour les investisseurs.

Nous avons déjà des entreprises de pointe, nous avons des succès, nous avons déjà un écosystème et MonacoTech va être à côté de cet écosystème. Demain, peut-être une entreprise travaillera-t-elle avec une startup et inventera un nouveau logiciel... Nous sommes un Rocher, pas une île. Nous voulons faire de Monaco l'endroit où les entrepreneurs réussissent plutôt que l'endroit où ceux qui ont réussi s'installent.

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Propos recueillis par Laurence Bottero

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