Alain Lacroix : "Si l'on veut transformer, il faut poser des objectifs précis"

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Alain Lacroix, Président de la CCIR PACA
Alain Lacroix, Président de la CCIR PACA (Crédits : DR)
De son métier de banquier, il apporte une certaine rigueur. Qualité bien utile quand on intervient sur un territoire aux physionomies si différentes. Et alors même que le rôle des chambres de commerce et d'industrie reste à redéfinir.

LA TRIBUNE - Quel est l'enjeu du développement et soutien aux entreprises ?

ALAIN LACROIX - Lorsque l'on parle de soutien aux entreprises, le sujet est incommensurable. Indéniablement, la focale porte sur le développement des entreprises. Le rôle de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) régionale est d'être un organisateur, c'est de permettre que des actions soient menées ensemble. Il y a des missions communes, transversales [aux CCI territoriales, ndlr], mais compte tenu du territoire, il y a aussi des spécificités.

L'international est un vecteur de développement pour toutes les entreprises. Comment mettre en musique une stratégie lisible ?

Ce sujet, c'est un peu la bouteille à l'encre. Oui, il faut aller à l'international. Mais pour cela, il faut que l'entreprise ait la taille, soit solide et affirmée. L'international est vu comme un Graal, comme une solution idéale. Or ce n'est pas forcément un exercice facile, notamment pour une entreprise de taille moyenne qui ne serait pas câblée pour cela. Mais, l'international est bien évidemment un facteur de croissance. Le réseau des chambres de commerce et d'industrie est organisé pour cela. Chaque CCI territoriale (CCIT) poursuit sa stratégie, mais nous mutualisons nos actions au travers de la CCI Internationale Paca, qui est capable d'aider, accompagner, analyser les marchés et conseiller une entreprise qui se sent d'attaque pour passer à l'export. C'est l'une des aspérités les plus abouties de ce que la CCIR Paca fait avec les CCIT. Et cela peut être dupliqué à d'autres sujets.

Comment réellement mettre en place des synergies avec les pays de la Méditerranée ?

Beaucoup d'annonces sont faites mais avec peu de résultats.

Nous avons un atout extraordinaire qui est l'endroit où nous sommes situés. Nous sommes au bord d'un grand bassin, il y a des connexions, mais je me méfie des effets de mode. Lorsque l'on parle de Méditerranée et de l'Afrique, il ne faut pas oublier qu'il y a deux Afrique, l'une anglo-saxonne, l'autre sous influence française. Sur les autres rives, il existe des difficultés qu'il ne faut pas négliger. Le rapprochement, les synergies avec la Méditerranée, ce sont des dossiers qu'il faut mettre à plat, il faut analyser le terrain et dire s'il y a un chemin. Le travail que nous, CCIR, devons faire - au-delà des discours - consiste à déterminer le potentiel et les possibilités réelles de ces territoires.

L'union avec la Région semble logique. Comment peut-elle, doit-elle, prendre forme ? Comment la CCIR Paca peut-elle s'inclure dans les projets des Opérations d'intérêt régional (OIR) ou des actions d'accompagnement aux entreprises ?

Comme c'est le cas dans les entreprises, on ne peut pas tout faire. Si l'on veut transformer, il faut fixer des objectifs.

C'est un travail étroit qui nous lie avec la Région qui a les moyens, l'intelligence de la situation et la gouvernance économique du territoire au sens large. Nous avons le dialogue, la représentation, la légitimité des entreprises. Auparavant, chacun travaillait dans son coin. L'ambiance a changé, nous sommes positionnés comme l'interlocuteur du président de Région. Nous travaillons ensemble, c'est même écrit. Mais ça pourrait être écrit que ça ne marcherait pas pour autant. La vision que nous sommes en train de porter, le décor sur lequel nous travaillons font que nous devons nous mettre dans le sillon. C'est aussi apporter notre éclairage sur des sujets que nous maîtrisons. Le travail entre la Région et la CCIR Paca est une affaire de collaboration, nous n'avons pas les moyens de faire autrement. Nous avons été élus pour servir le territoire et les entreprises. Pas pour être chacun de notre côté. Nous n'avons pas le droit de faire autrement. Ce qui ne veut pas dire être d'accord sur tout. Il faut challenger, être challengés... Travailler ensemble c'est de l'intelligence collective, c'est ce qui fait réussir les entreprises.

Comment le territoire régional doit-il envisager sa croissance ? Quelle place pour l'industrie, valeur ajoutée du territoire ? Quelle place pour le tourisme, secoué par les attentats et qui redevient un vecteur fort d'attractivité ?

Tout est dans tout. Le tourisme est aussi une industrie. Ce n'est pas les cotillons et la fiesta. C'est un vrai moteur. Il faut véritablement être dans une logique industrielle. Et il faut positiver. Cela joue sur l'image. Ici, nous avons un travail à faire pour améliorer l'image. La filière tourisme contribue à modifier le regard et donc sert aux entreprises. Aujourd'hui l'économie n'est plus une économie industrielle, c'est une nouvelle économie qui est en train d'apparaître et qui est encore mieux armée. Nous avons une French Tech très dynamique. Nous avons la capacité à faire un saut. Ce n'est pas un rêve, c'est une réalité. J'ai la conviction qu'ici c'est possible. Un changement de mentalité est en train de s'opérer. Nous avons la qualité de vie. La géographie a aussi souvent raison.

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