Jean Leonetti : "Nous devons mieux communiquer sur Sophia-Antipolis"

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Jean Leonetti, Maire d'Antibes et Président de la Casa
Jean Leonetti, Maire d'Antibes et Président de la Casa
Pour les entreprises, Sophia-Antipolis est l'endroit rêvé en terme d'écosystème de l'innovation. Mais il faut le faire savoir. Jean Leonetti, Maire d'Antibes et Président de la Casa, nous explique la démarche. Propos recueillis par Laurence Bottero.

LA TRIBUNE - Pourquoi dit-on de Sophia-Antipolis qu'elle est résiliente ?

JEAN LEONETTI - Il y a eu une période d'interrogation qui tenait au pilotage de la communauté d'agglomération. Il y avait aussi une interrogation sur la fertilisation croisée, sur l'attractivité dans un contexte de concurrence. Mais le pilotage est aujourd'hui clarifié. La CASA, la communauté d'agglomération Sophia-Antipolis, s'est rapprochée du Symisa, le syndicat mixte d'aménagement. Il y a donc désormais une unité d'action et une unité de pensée. Nous avons signé un contrat régional d'équilibre territorial (CRET) avec la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur [lorsque Christian Estrosi était encore président, ces CRET finançant les projets structurants et le développement économique, ndlr]. Nous avons deux atouts forts, le campus SophiaTech avec l'université, ouvert il y a quatre ans, et le Business Pôle, qui accueille les entreprises innovantes et qui vient compléter la chaîne de l'innovation.

Sophia-Antipolis a su absorber le départ de Texas Instruments, autant la friche industrielle [reprise par Amadeus, ndlr] que 65 % des salariés, embauchés par les autres entreprises du territoire.

Comment la CASA imagine-t-elle l'avenir de Sophia-Antipolis ?

Il y a le projet 2020 et 2030. Ce sont des perspectives qui passent par la restructuration de certaines zones de la technopole comme la zone des Trois Moulins, Saint-Bernard, les Clausonnes, le Fugueiret, Biot... Cette vision a été validée par l'État. Et puis Sophia-Antipolis, c'est un solde positif de 1.000 emplois par an. Un travail de prospective est mené avec Team Côte d'Azur, l'agence de développement économique.

La technopole connaît des problèmes d'accessibilité.

 Il y a certes le projet de bus-tram qui va desservir une partie du parc, mais vous vous êtes prononcé contre une gare à Sophia-Antipolis, comme le prévoyait le premier tracé de la Ligne Nouvelle.

On ne défigure pas les villages avec 400 m de linéaire aérien. Je suis d'accord pour une gare à Cannes avec desserte TER, comme le souhaite le maire de Cannes. Le préfet a lancé des études complémentaires pour un souterrain aux Clausonnes.

La Fondation Sophia-Antipolis retrouve un nouveau modèle et veut jouer un rôle complémentaire.

J'ai toujours été de ceux qui pensent qu'il faut la conserver. Une fondation abritante, c'est important. Il y a une fidélité de mémoire. Mais la Fondation ne vit que sur des fonds publics pour l'heure et doit fonctionner avec des fonds privés. La situation doit être apurée d'ici à la fin de l'année.

Parmi les projets du plan d'action économique de la CASA, il est question de créer un fonds de prêts d'honneur ainsi qu'un prix. Quels sont leurs objectifs ?

En Allemagne, quand on parle de Sophia-Antipolis, on sait de quoi on parle. En France, c'est moins visible et sur place, on vous dit que c'est le passé. Nous ne communiquons pas assez. Maintenant que la clarification de la gouvernance est faite, nous pouvons entamer une phase de communication et de rayonnement. Le prix que nous comptons créer sera un prix annuel assorti d'un colloque, l'idée étant de se confronter aux autres technopoles, à ce qui se fait ailleurs. Dès 2018, nous souhaitons faire venir ici des spécialistes sur une thématique internationale. Le prix récompensera plutôt des projets innovants. Obtenir le Prix Sophia-Antipolis équivaudra à obtenir la Palme d'or à Cannes. C'est une façon de redonner ses lettres de noblesse à la technopole. La communication touristique est bien menée, mais il n'existe pas de communication équivalente en termes d'économie.

Outre la communication, quels sont les points faibles de Sophia-Antipolis ?

L'une des faiblesses est qu'il existe quelques gros-porteurs et beaucoup de petites structures. Il faut faire en sorte que le financement soit plus ciblé pour les entreprises innovantes. Amadeus apporte beaucoup, mais une plus grande diversité dans la taille des entreprises est souhaitable. Il faut une diversité sur les thématiques, il faut s'ouvrir sur un autre champ. Sophia-Antipolis est en train de réussir à prendre un virage avec l'informatique embarquée pour le véhicule intelligent. Si les entreprises de ce secteur trouvent un ancrage local, il y a une possibilité de développer fortement la technopole. La santé et le sport sont également deux filières qui vont émerger.

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