Quand Marseille investit… l'étranger (2/2)

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(Crédits : DR)
Postés depuis Marseille, certains voient loin... Et portent leur regard au-delà des frontières pour proposer et prodiguer aux entrepreneurs conseils et accompagnement. Le but ? Investir à l’étranger bien sûr.

Il y en a dont la vocation, c'est d'attirer les investisseurs étrangers sur le sol métropolitain... Mais l'inverse se vérifie également : certains autres se sont en effet positionnés en portant leur regard au-delà des frontières. Et accompagnent, entre autres activités, les entreprises ou les particuliers désireux d'investir à l'international. Il faut dire qu'actuellement, les opportunités sont légion. Etats-Unis, Maghreb, Moyen-Orient, Asie... peuvent en effet receler de l'intérêt pour qui s'y penche.

L'Algérie, un pari sur l'avenir

La force du réseau, c'est ce qui a permis à SRDB de s'établir à Alger. Tout comme l'Iran, l'Algérie est un grand pays avec un grand potentiel. Autre avantage, il se situe à deux pas de la France... "Cependant, dans leur ADN, un système législatif et réglementaire loin d'être aussi libéral que celui de l'Iran. Ce protectionnisme prend notamment la forme d'une règle, le 51/49". A savoir qu'un investisseur étranger ne peut être majoritaire dans une entreprise algérienne. "Ce qui bloque quelque peu les ardeurs, les étrangers se posant forcément la question du contrôle de leur investissement. A cela, il faut ajouter la politique du dinar fort, qui a pour effet de favoriser les importations et de conduire la balance commerciale au déficit. L'Algérie n'exporte plus rien..." Mais le pays ouvre les yeux : il a conscience que cette situation est perverse, qu'il faut favoriser la création locale car cela constitue des freins au développement et à l'investissement. "Ainsi, tôt ou tard, ces freins vont sauter", prédit Georges Sioufi. Dans ce contexte précis, une implantation en Algérie constitue bel et bien un pari sur l'avenir... celui que prend donc SRDB. Et le vent, tournant, aurait tendance à démontrer que le réseau juridique a fait le bon choix. "Aujourd'hui par exemple, tous les médicaments importés doivent être produits localement dès lors qu'il existe des formules génériques". Les efforts sont donc enclenchés pour ne plus seulement dépendre de la manne pétrolière. Et là encore, les compétences et les investissements étrangers sont ici bienvenus. Les opportunités se trouvent surtout dans les EnR, le pharmaceutique, l'agro-alimentaire, ainsi que les infrastructures. "Il faut savoir qu'aucun port en Algérie ne peut aujourd'hui recevoir de gros navires. Les ports sont tous congestionnés, avec un tirant d'eau qui n'excède pas plus de 6 mètres. Toutes les infrastructures sont à refaire... Il y a notamment besoin de créer près d'Alger un port en eau profonde". Pour mieux accompagner les entreprises dans leurs projets, SRDB s'est associé à la banque d'affaire Gimar et Cie. SRDB s'occupe ainsi de la partie juridique et Gimar de la partie économique et financière.

Des eldorados

Du côté des Etats-Unis, Anthony Valeix ne travaille pas tout seul lui non plus et a su chercher le partenaire idoine.  Il a en effet passé un accord avec Ameristar, pour lequel il joue le rôle d'apporteur d'affaires. "Le volume d'activité à Detroit me rapporte moins que celui réalisé à Marseille. Mais c'est nécessaire, en ce que cela me permet de proposer des produits différents à mes investisseurs, et de fidéliser davantage ce portefeuille de clients". Anthony Valeix part ainsi de l'autre côté de l'Atlantique tous les trois mois avec 50 à 70 maisons à visiter, il revient avec une sélection des 10 meilleures. Et le potentiel d'investissement est là, et bien là. Une illustration avec cette maison typée brownstone de 155 m2 vendue 46 000 euros, qui rapporte 750 euros de loyer par mois. Des biens qui vont tripler de valeur d'ici 4 à 8 ans, selon les prévisions d'Anthony Valeix. Et le tout sans risque, du fait que les loyers sont garantis par le gouvernement : "l'Etat prend entre 50 et 90 % du loyer à sa charge. Il s'agit d'une sorte de CAF améliorée du nom de Section 8. Les USA sont sans contexte le nouvel Eldorado financier mondial. La capacité de rebond du pays reste phénoménale".

Capacité de rebond, évolution du contexte géopolitique, facilités juridiques, politique économique attractive, infrastructures vieillissantes et nécessitant la manne venue de l'extérieur : autant de constats qui peuvent attirer l'attention des investisseurs. Une tendance qui n'est pas prête de s'éteindre. Pour preuve, le réseau SRDB regarde déjà en direction de futures implantations : "ce sera vraisemblablement l'Egypte et l'Afrique de l'Ouest, notamment le Sénégal et la Côte d'Ivoire", avance Georges Sioufi.

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