Michael Amar : "Aux Etats-Unis, ce ne sont pas les pouvoirs publics qui créent l'innovation"

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(Crédits : DR)
Installé depuis 2008 dans la Silicon Valley, le fondateur de la startup ifeelgoods revient s'installer à Aix-en-Provence, séduit par le discours du candidat Macron. Et si les ordonnances annoncées vont dans le bon sens dit-il, il est encore possible de mieux faire.

La Tribune - Vous aviez été séduit par le discours d'Emmanuel Macron alors candidat à la Présidentielle. Les ordonnances annoncées la semaine dernière vous confortent-elles dans votre choix de revenir vous installer en France ?

Michael Amar - Ces ordonnances vont dans la bonne direction. Surtout, elles constituent un message positif envoyé aux petites entreprises pour lesquelles les conflits, les difficultés administratives ou plus largement les freins de toutes sortes drainent l'énergie et la confiance. Aujourd'hui l'image de l'entrepreneur en France n'est plus la même. Avant c'était une tare, aujourd'hui cela est perçu comme quelque chose de cool. Emmanuel Macron a une vraie vision entreprenariale. L'élément confiance pour entreprendre, c'est primordial.

Quelles sont les mesures qui vous paraissent les plus "encourageantes" ?

Ce qui concerne le plafonnement des indemnités prud'homales, cela est un bon signal envoyé à l'extérieur, à ceux qui voudraient entreprendre en France. La simplification du dialogue social dans les PME est également un élément important. Dans une petite entreprise, généralement tout le monde comprend qu'il y a des moments où il faut donner un coup de main, pour le bien global. Si l'entrepreneur se sent libéré de contraintes, il est investit davantage, et cela provoque de la croissance.

Sur quel sujet, estimez-vous qu'il faut allez plus loin ?

Indéniablement sur la formation. C'est indispensable. C'est un besoin de base. Il y a des besoins en métiers qualifiés. Il faut des structures, des écoles, de bons enseignants. Ce que fait Xavier Niel avec l'Ecole 42, c'est magique. Dans la filière dans laquelle j'évolue, nous sommes en chômage négatif. Il n'y a pas assez de bonnes formations. Parfois, il n'y a pas forcément besoin de formations longues. Ainsi le métier de web designer, très recherché, n'exige pas de formation longue. Et avec un peu de créativité, on peut devenir un très bon web designer.

Vous parlez de formation, mais quid de l'impact de la robotisation ?

L'intelligence artificielle va créer d'autres métiers. Il nous faut être en veille permanente sur les pays qui sont plus en avance que nous sur ces sujets.

Qu'est-ce qui existe aux Etats-Unis dont la France pourrait s'inspirer ?

Ne pas tout attendre du gouvernement. Aux Etats-Unis ce ne sont pas les pouvoirs publics qui créent l'innovation. Cela demande un réel changement de mentalité.

Depuis les premiers pas et les premières annonces du gouvernement, d'autres entrepreneurs de la Silicon Valley sont-ils prêts à vous imiter ?

Depuis deux semaines, j'ai un message tous les deux jours d'amis qui pensent à rentrer. Ce sont des ex-Google, Facebook, IBM, des diplômés Polytech, passés ensuite par le MIT ou Stanford. Entre Trump, la pénurie de talents... on recommence à regarder la France. Une France que l'on avait rayée de la carte depuis quelques années, au moment notamment de l'affaire Dailymotion. Et ça, c'est l'effet Macron.

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