Pourquoi Galderma quitte (presque) Sophia-Antipolis

 |   |  839  mots
(Crédits : DR)
Le laboratoire spécialisé en dermatologie a annoncé une réorganisation de sa stratégie de recherche entraînant la suppression de 400 emplois sur 550 dans son centre de R&D installé sur le parc technologique. Une mauvaise nouvelle aux conséquences multiples.

Si la rumeur courait depuis quelques semaines, sa confirmation a quand même fait son effet : Galderma  va se séparer de 400 de ses employés travaillant au sein du centre de R&D installé depuis près de quarante ans sur la technopole sophipolitaine. Un centre qui est l'un des 5 centres de R&D de Galderma, dédié à la recherche et au développement de solutions répondant aux besoins en santé de la peau tout au long de la vie, les 4 autres centres étant davantage axés sur le développement.

Un centre qui gère des projets de recherche de traitements topiques, or, comme l'explique Sébastien Cros, en charge de la communication du groupe, "la réorientation de l'innovation privilégie les médicaments biologiques et synthétiques".

Un nouveau centre... ailleurs

C'est bien évidemment une mauvaise nouvelle tout d'abord pour les 400 personnes concernées. Si un plan de départs volontaires a été annoncé en Comité d'entreprise extraordinaire ce 18 septembre pour 300 postes selon les estimations du groupe, une centaine devrait pour sa part être reclassée dans un autre centre de compétences, mais qui ne sera pas à Sophia-Antipolis. "La localisation n'est aujourd'hui pas définie. Mais nous voulons un écosystème comprenant un CHU mondialement reconnu sur le sujet du médicament", souligne Sébastien Cros. Ce qui n'est pas le cas de celui de Nice.

Si la réorganisation des activités de R&D ne concerne pas uniquement la technopole - un autre site a également été fermé en Suisse en août dernier - il n'en reste pas moins que l'impact sur le site sophipolitain est loin d'être anodin.

Car c'est aussi une mauvaise nouvelle pour le territoire. Galderma fait partie des acteurs historiques et des locomotives de Sophia-Antipolis. C'est par exemple l'un des premiers sites au monde à avoir été certifié ISO 22301 en février 2016 parce que justement il était question d'être irréprochable en matière de stratégie de protection en cas de crise. Une cerise sur le gâteau pas si négligeable dans un contexte hyperconcurrentiel. Et puis cela venait accompagner le projet d'une extension du bâtiment original annoncée en 2014. Une extension de 19 000 m2 s'ajoutant aux 81 000 m2 existants, justement présentée comme nécessaire au maintien des 550 emplois sur place, capable de générer la création de 200 emplois supplémentaires à terme. A l'époque, il est expliqué que le site, exploité depuis 2004, porte la filière des Sciences du Vivant, le deuxième secteur d'activités après les NTIC.

Conservation possible ?

La question maintenant est comment le territoire justement va-t-il absorber ce désengagement et la perte d'emplois ? Avant Galderma, il y a eu Texas Instrument (517 emplois) et tout récemment Intel (360 emplois). Dans le cas du groupe texan, le territoire justement et les acteurs économiques s'étaient mobilisés pour conserver les talents sur place, Amadeus notamment apportant sa forte contribution, reprenant même le bâtiment pour y installer une partie de ses équipes.

Pour le fabricant de micro-processeurs américain, une partie de l'équipe a été reprise par Renault pour créer un centre de R&D dédié à la voiture autonome, Renault Software Labs.

Parmi les 550 collaborateurs sophipolitains de Galderma, on dénombre 44 médecins et pharmaciens, 91 docteurs et 275 scientifiques. "Il existe de vraies expertises sur les traitements topiques à Sophia-Antipolis", rajoute Sébastien Cros laissant entrevoir la possibilité pour ces profils de demeurer sur site. Car la volonté de Galderma est de conserver une activité sur le territoire azuréen. "C'est l'objet des douze prochains mois" rajoute Sébastien Cros qui affirme que cela se fera en concertation avec les acteurs économiques locaux.

Structurer la filière santé

Des acteurs économiques qui sont "déjà mobilisés" dit Jacques Lesieur, ex-directeur général de Team Côte d'Azur, l'agence de développement économique, également directeur général de la CCI Nice Côte d'Azur. Car les profils des employés de Galderma sont des profils très spécifiques. "Nous sommes en lien avec la CASA (la communauté d'agglomération qui couvre le périmètre de la technopole NDLR) et la Préfecture", ajoute Jacques Lesieur insistant sur la nécessité d'une synergie entre tous les acteurs économiques transversaux, ceux "qui ont une connaissance complète de la Métropole". Il s'agit maintenant d'aller vite. "Nous allons regarder les pistes qui peuvent se présenter en fonction des familles de compétences. Nous allons travaille en exogène et en endogène". Car malgré tout, il s'agit aussi d'une question de structuration de la filière santé. Un sujet que justement Team Côte d'Azur travaille, tout comme la CCI, et qui va être "accéléré".

Quant au bâtiment existant, quel avenir lui réserver ? "Cela dépendra de l'ancrage des projets" ajoute Jacques Lesieur

Galderma qui est née après un joint-venture entre L'Oréal et Nestlé est depuis 2014, filiale à 100 % de Nestlé.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/09/2017 à 11:37 :
Ce sont l'ensemble des 550 postes qui seront supprimés et non 400 comme annoncé.
Nestlé a indiqué qu'il n'aura plus aucune activité à Sophia Antipolis d'ici 1 an...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :