Comment France Hélices a réussi le virage numérique

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(Crédits : DR)
La PME implantée à Cannes, leader de la propulsion marine, s'appuie sur le numérique et la valeur ajoutée qu'il représente pour pousser sa différenciation dans un secteur ultra-concurrentiel. C'est ce qui s'appelle conjuguer savoir-faire industriels et innovation.

Quarante ans et un label tout neuf d'Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) ne veulent pas dire que l'on ignore l'innovation. Chez France Hélices notamment, l'un n'empêche pas l'autre, bien au contraire. Dans cette PME de 37 salariés, on a très vite pris conscience que concurrence ne pouvait pas rimer avec s'endormir sur ses lauriers, mais bien qu'il fallait innover. Dont acte.

Rester leader

Ce credo, Paul Bezzi le porte depuis longtemps. Si le fondateur de l'entreprise née en 1977 a officiellement passé la main en 2014 à ses deux filles - Laëtitia pour le poste de PDG et Emmanuelle pour le marketing, la communication et les relations avec les clients - c'est bien lui qui a insufflé la philosophie qui porte la PME cannoise, qui conçoit, fabrique, distribue et répare les hélices, les lignes d'arbres et les drives de surface. Car la propulsion marine est un secteur disputé avec des concurrents en Moyen-Orient ou en Asie. Sauf que pour rester le leader, c'est sur la qualité qu'il faut parier. Et voilà comment le numérique y contribue.

Le numérique, apport fantastique

En 2014, l'acquisition d'une faisseuse à commande numérique 5 axes, un petit bijou technologique permet justement à la PME cannoise de se placer sur une niche dans la niche, l'intervention sur des hélices de classe S, c'est-à-dire réclamant la plus grande précision possible, en offrant aussi la capacité d'usiner d'autres pièces en même temps. Un gain de productivité quand on sait que chez France Hélices, on fait du sur-mesure. Il y a quelques semaines, c'est l'arrivée d'une imprimante numérique 3D qui est synonyme de nouveaux gains et de meilleure compétitivité. Ce nouveau joujou permet la réalisation de prototypes de pales d'hélices, en accord avec les nouvelles formes de carènes. Mais aussi de réaliser des modèles de fonderie pour l'heure réalisés en bois mastiqué manuellement. Il y a aussi ce pitch électronique qui vérifie que les mesures correspondent bien à la norme Iso 484/2. De son côté, le bureau d'études - intégré -  a développé en interne un logiciel CFD, un programme de calcul de la mécanique des fluides pour les nouveaux profils d'hélices. Ce qui octroie là aussi des résultats plus rapides et donc des gains de productivité.

Question d'équilibre

"Continuer à investir tout en maintenant l'équilibre de l'entreprise, c'est le difficile exercice de toute PME", analyse Emmanuelle Bezzi. Et pour ce qui est de la concurrence, là encore faut-il séparer le bon grain de l'ivraie dit-elle. Engagé dans la lutte contre la corruption et celle contre le travail des enfants, attentive au bon comportement de ses fournisseurs, signataire du Pacte mondial, France Hélices explique que la qualité du travail réalisé n'est pas équivalent selon la provenance des hélices. Et qu'une hélice venue d'Asie n'est pas comparable à celle produite dans les ateliers cannois. "Il faut savoir de quelle concurrence on parle". "Nous voulons être les meilleurs. Sans qualité, pas de rendement. Et la qualité augmente le rendement", témoigne pour sa part Paul Bezzi.

Grandir encore

Pour accompagner son développement, France Hélices recrute des profils de meuleurs ainsi que de tourneurs sur machine numérique. Pour son autre site français - à Concarneau - c'est un directeur qui est recherché. Et puis il y a la problématique foncière. Installée sur 600 m2, l'entreprise cannoise a un besoin urgent de pousser les murs. Une solution serait envisagée par l'intermédiaire de la Ville de Cannes pour un terrain de 2 900 m2, proche des locaux actuels et qui se réaliserait via une location ou une vente selon l'évaluation des domaines. Avec des clients tels que les chantiers navals, les distributeurs, les professionnels du nautisme et des particuliers, France Hélices qui bénéficie d'une capacité de production de 20 000 hélices par an, réalise 44 % de son chiffre d'affaires - 6,1 M€ en 2016 - à l'export. Et compte bien continuer à propulser le savoir-faire français à l'échelle nationale et internationale.

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