Philippe Renaudi, le numérique et la transformation des entreprises

 |   |  503  mots
(Crédits : DR)
Si le digital est évidemment un élément incontournable que doivent intégrer (toutes) les entreprises, il n'empêche que la question de leur avenir est bien plus large que ce seul élément, insiste le président de l'Upe06.

Avec son Université dédiée au numérique, le Medef veut faire entrer la dimension digitale dans la stratégie des dirigeants. Si certaines ont déjà pris le sujet à bras-le-corps, d'autres n'évaluent pas ou ne savent pas par quelle bout prendre ce changement qui se fait... maintenant.

Be smart

Depuis trois ans donc le syndicat patronal tente de porter la bonne parole et de faire en sorte que celle-ci soit distillée aux régions. Son idée c'est de donner les conditions pour créer la Silicon Valley de l'Europe - un objectif déjà dit et répété par Pierre Gattaz - mais aussi plus largement d'une smart economy. Autant dire qu'il a du travail. Et de la pédagogie à mener.

C'est exactement ce que dit le président de l'Upe06. "Comme dans tous les secteurs, il faut changer de logiciel et s'apprêter à passer dans un autre monde. Le numérique prend le pas sur certains services et il faut savoir comment l'entreprise peut et doit apporter une plus-value. C'est le rôle de notre commission numérique d'identifier celles qui ont besoin de notre aide".

Formation en action

Mais pour faire la Silicon Valley de l'Europe, pour développer tout ce qui gravite autour de l'IoT, il faut des ingénieurs. Or par exemple, c'est ce dont manque cruellement Sophia-Antipolis. Comment dans ce contexte faire se conjuguer harmonieusement besoins des entreprises et métiers en adéquation avec eux ? Sempiternel sujet, s'il en est. "Il faut que l'Education nationale écoute les entreprises. Les formations sur le territoire, c'est à nous de les aider à émerger. Ainsi le Campus de l'apprentissage (qui doit s'ériger d'ici 2019 dans le périmètre de l'Eco-Vallée NDLR) est un outil porté par la Chambre de commerce et d'industrie mais c'est à nous, de faire en sorte qu'il soit rempli".

Le credo de la vraie réforme

Autre objectif, faire en sorte que les startup deviennent des licornes et les PME des ETI. Louable. Et évidemment souhaitable. Oui, mais comment ? "Une PME de 5 salariés ne passe pas à 500 salariés en quelques années. Il faut au moins deux générations", dit Philippe Renaudi évoquant notamment le volet fiscal de la chose et plus précisément les droits de succession sur l'outil économique qui ne sont par exemple pas aussi souples que ceux de nos voisins allemands ou italiens, deux contrées qui ont elles, plus d'ETI qu'en France. "Le digital oblige à se repositionner et à ce demander quel type de services il est possible d'apporter au consommateur. Mais cela demande aussi de pouvoir investir", rajoute Karine Ananie, la secrétaire générale de l'Upe06. "Certaines entreprises en viennent à réfléchir à créer leur propre startup".

"Il faut une vraie réforme, sociale, fiscale, de simplification pour que les entreprises puissent, entre autres, continuer à exporter. Le CICE c'est bien, le sur-amortissement aussi mais ces dispositifs ne servent pas toutes les entreprises. Alors que la baisse des charges profite à toutes".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :