Quand la Brasserie Des Suds et Abricotoit font naître le houblon en Provence

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(Crédits : DR)
Sous l’impulsion de ces deux entreprises marseillaises, le houblon pousse à présent dans le jardin d’une soixantaine de cultivateurs en herbe. Un prélude à une véritable structuration de la filière.

Ils s'étaient rencontrés lors de leur parcours de création d'entreprise : Laure Araque Goy, Gonzalo Araque de la Brasserie Des Suds et Julien Girardon d'Abricotoit ont tôt fait d'échanger sur un terrain d'intérêt commun, la culture en ville. De ces affinités naît un projet qui fleure bon le houblon. Car leur projet, c'est de lancer une culture participative de la plante en question, entrant comme l'on sait dans la composition de la bière. "Nous l'avons d'abord testé nous-mêmes et ça a marché au-delà de nos espérances. Nous avons donc décidé d'aller plus loin et de lancer un appel sur les réseaux sociaux", raconte Laure Araque-Goy. Près d'une soixantaine de particuliers de Marseille et les environs, cultivateurs à leurs heures, se font rapidement connaître...

Projet collaboratif

"L'idée a immédiatement fédéré un enthousiasme. Les profils, quant à eux, étaient divers : détenteurs d'un potager ou d'un bout de jardin partagé, amateurs de bière... Nous avons été agréablement surpris de cet engouement". Pour autant, aucun objectif de rendement n'est fixé, "d'autant que les premières pousses ne donnent parfois pas grand-chose et que nous dépendons également du climat... La destination de ce houblon, c'est d'entrer dans la fabrication d'une bière de Noël, en édition limitée. Nous l'avons donc choisi avec une typicité qui s'accorde, à savoir une variété aromatique, plus sur l'épice et le fruit rouge... Nous nous sommes fournis dans une houblonnière de Catalogne, nommée Lupulina". De la récolte dépendra donc la quantité de bouteilles réalisées. "Si elle est maigre, nous organiserons un apéritif avec les participants au projet. Mais si elle est conséquente, outre la distribution de bouteilles à ces derniers, pourquoi ne pas la mettre sur le marché ?" Du houblon, des céréales, de l'eau et une certaine part d'inconnu : c'est aussi ce qui fait l'attrait du projet...

Houblonnière provençale ?

Toutefois, l'heure ne sera plus au hasard si, comme le veulent sept brasseries locales, dont celle de Laure Araque-Goy et Gonzalo Araque, une houblonnière voit le jour. "Il s'agit d'un projet à moyen terme visant à structurer la filière, pour lequel une personne a été embauchée par la brasserie de la Plaine en février dernier, pour 6 mois". Ce afin d'en étudier la faisabilité et les modalités... Au bout de ce terme, elle réalisera une présentation du projet. Une houblonnière qui vise à plusieurs objectifs, alors que les brasseries du cru se fournissent pour l'heure bien loin de la cité phocéenne. Ce peut être dans une coopérative alsacienne bio, comme Des Suds... voire de l'autre côté de l'Atlantique. "Avoir notre propre houblonnière, cela veut dire plus de qualité, une empreinte carbone réduite et davantage d'autonomie puisque nous maîtrisons notre production".

Renouvellement de l'outil de production

En attendant ce projet, Laure Araque-Goy et Gonzalo Araque poursuivent leur route... C'est visiblement celle de la croissance, puisque le couple remplace cette année son outil de production. Le projet est en cours de financement : "la nouvelle unité permettra de brasser 1 000 litres au lieu de 250. Nous allons également acheter un fermentateur de forme ovoïde. Nous devrions avoir acquis cet équipement d'ici deux mois. Ce qui permettra de développer de nouvelles bières dès l'automne". Ainsi, d'une production de 2 500 litres actuellement, la brasserie Des Suds devrait atteindre 4 000 litres sous ce délai. A terme, l'objectif est de tripler la capacité initiale à fin 2017.

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