Comment IS Edition écrit sa croissance

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(Crédits : DR)
Comment tirer son épingle du jeu dans un secteur où les grandes maisons marient part de marché et part du lion, où les petites nouvelles pariant sur le Net sont aujourd’hui légion ? La maison d'édition basée à Marseille a su trouver un créneau différenciant pour se positionner sur le marché du livre.

Elle a pignon sur web depuis 5 ans et cultive sa différence : la maison d'édition marseillaise a tôt fait de comprendre les enjeux actuels relatifs aux métiers du livre. A savoir, le potentiel de l'e-book, mais aussi la multiplication des acteurs on line, la prédominance sur le marché des grandes maisons, l'entre-soi qui caractérise le secteur... Un constat dont elle a su tirer sa stratégie : soit la mise en œuvre de "deux axes de développement. Nous sommes tout d'abord une maison à compte d'éditeur, dont les ouvrages (une soixantaine au catalogue, NDLR) sont choisis de façon traditionnelle, via comité de lecture. Nous avons dernièrement réduit le nombre de publications sélectionnées (entre 12 et 15 chaque année, pour 50 à 100 manuscrits reçus par mois NDLR) par volonté de nous concentrer sur la qualité et de mieux accompagner les auteurs dans la promotion de leur ouvrage", explique Harald Bénoliel, le fondateur. Une promotion via notamment la mise en place d'une politique commerciale attractive, puisque IS Edition propose à l'acheteur de tout livre papier sa version numérique pour un euro supplémentaire, afin d'assouvir l'achat d'impulsion. "Ce qui correspond bien à l'envie d'immédiateté des consommateurs d'aujourd'hui. En attendant de recevoir leur commande, ils peuvent déjà en commencer la lecture grâce à l'e-book".

Autre choix stratégique : l'arrêt du gaspillage et de la production de grandes séries parfois synonymes d'invendus. Pour cela, IS Edition fonctionne en impression à la demande grâce à son partenariat, conclu fin 2016, avec le distributeur Hachette Livre. Le même type d'accord l'a uni à Immateriel, spécialiste homologue sur la partie numérique.

D'autres relais de croissance

Et puis, il y a le second axe de développement... C'est la naissance, en 2013, d'un label nommé Libres d'écrire. "Si je l'ai créé, c'est parce que je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas vraiment d'offre pour les candidats non sélectionnés. Le compte d'auteur ne les séduisait pas, car trop onéreux, et ils partaient ainsi dans la nature. Or, le label Libres d'écrire leur permet d'accéder à la publication, notamment si l'œuvre en question n'intéresse qu'une petite niche de personnes. Une offre différente du compte d'auteur, dans la mesure où les prestations que l'on propose sont plus accessibles. Le système est à la carte, les auteurs sélectionnent les services qui les intéressent : couverture, e-book, corrections..." Et globalement, cela revient  plus de dix fois moins cher qu'une offre à compte d'auteur.

Ainsi l'entreprise d'Harald Bénoliel est l'une des rares à revendiquer cette double casquette. L'activité, quant à elle, est tirée par la vente de livres (60 % du chiffre d'affaires). Tandis que les prestations d'autoédition pèsent 40% du chiffre... Mais cela pourrait peut-être changer.

En effet, Harald Bénoliel envisage, d'ici fin 2017, de rendre plus visible le label en lui dédiant un site internet. "Pour l'instant, l'accès aux prestations de Libres d'écrire se fait via celui d'IS Edition". L'idée est donc non seulement de dissocier les deux activités, mais aussi de proposer d'autres types de prestations aux auteurs, toujours selon un système à la carte : produits dérivés tels que tee-shirts, marque-pages et autres goodies, accompagnement sur les réseaux sociaux, conseils marketing... Sans doute un futur relais de croissance pour la maison d'édition, qui totalise pour l'heure un chiffre d'affaires de 120 000 euros annuels.

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