Comment InnovSanté a séduit Kaalisi

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(Crédits : DR)
C’est la dernière start-up en date à rejoindre la plateforme de crowdfunding marseillaise et elle pourrait bien, par la création d’un passeport vital numérique, connecter entre eux tous les acteurs du secteur de la santé et par là-même changer totalement le système en France... voire au-delà.

La campagne de levée de fonds sera lancée prochainement sur Kaalisi. Le nom de l'heureuse sélectionnée ? InnovSanté. "Avec cette startup, nous sommes dans le cœur de ce pour quoi notre plateforme de crowdfunding existe : soutenir les entrepreneurs de la diaspora, avec la possibilité de mobiliser une communauté forte et de générer les premiers 20 % du financement, souvent difficiles à décrocher", explique Tahar Slimani, son fondateur. C'est donc l'une des raisons qui l'a incité à s'engager auprès de la jeune entreprise certes basée à Reims, mais fondée par le docteur Adnan El Bakri, autrefois interne dans la cité phocéenne, Marseille pouvant jouer un rôle déterminant dans son développement.

Partir du patient

C'est toutefois loin d'être la seule... Car la nature du projet a sans doute fédéré elle aussi l'enthousiasme de l'équipe de Kaalisi : il s'avère en effet qu'Adnan El Bakri a mis au point une solution numérique qui pourrait bien révolutionner tout le système de santé français via une approche big data, et cela en partant d'un constat. "En France, il n'existe pas de base de données qui permette de faire de la médecine prédictive, préventive et personnalisée. Tout simplement car il n'existe aucun outil visant à faire le suivi du parcours santé d'un patient. La carte vitale n'a pas cette vocation-là. Ainsi, je peux consulter deux spécialistes dans deux hôpitaux différents, le second n'est absolument pas informé qu'il y a eu une première consultation avec l'un de ses collègues car il n'y a aucune interconnexion d'un établissement à un autre", explique Adnan El Bakri. Une situation qui lui a donné l'idée d'un outil susceptible de changer la donne : partir du patient pour créer un passeport vital connecté. "Mettre en place ce type de solution est possible depuis janvier 2016 et la loi de modernisation du système de soins. Le principe de notre solution s'appuie sur une carte munie d'un QR Code, ou d'un sticker QR Code à coller sur le support de son choix". Les infos relatives au parcours de santé du patient y seront consignées et hébergées sur un cloud santé. Un intérêt certain pour les professionnels qui pourront exploiter ces données à fin de recherches, d'épidémiologie ciblée... Par ailleurs, cette interconnexion entre établissements permettrait de générer des économies de santé publique non négligeables. "La mise en place de ce système sur un seul établissement serait de l'ordre de 40 M€ par an".

L'apport de Kaalisi au projet

Après un an d'existence, une première expérience pilote est lancée à Reims, puisque le passeport sera distribué à 3 000 assurés. Plus si affinités ? Car on s'en doute, l'idée est bien entendu de multiplier les distributions de cartes... et ainsi les abonnements auprès d'acteurs de la santé et d'institutions, base du modèle économique d'InnovSanté. Pour ce faire, il faut une puissance de frappe suffisante, ce qui veut dire levée de fonds. Objectif : 1 M€, crowdfunding et investisseurs compris. C'est là que Kaalisi entre en jeu... Car le fondateur de la plateforme marseillaise va s'impliquer largement en termes d'ingénierie financière. Outre la campagne de crowdfunding, Tahar Slimani accompagne également Adnan El Bakri sur le terrain afin de trouver ces investisseurs. Première touche déjà effectuée dans la cité phocéenne avec "un homme d'affaires libanais, possédant plusieurs datacenters hébergeants des données de santé et intéressé par le projet". La diaspora au service de la diaspora en quelque sorte... Et que cela se passe à Marseille fait sens. Car il sera plus simple pour Adnan El Bakri, lui aussi d'origine libanaise, de bénéficier d'une force de frappe localement afin de passer à des objectifs plus ambitieux : toucher les pays de l'autre rive de la Méditerranée. "Au Liban, il n'y a pas de sécurité sociale. Il y a donc un intérêt à utiliser ce système comme une première carte vitale, une chaîne de sécurité sociale numérique". L'objectif à terme étant de connecter tous les acteurs de la santé à l'échelle mondiale.

Enfin, la plateforme de Kaalisi servira également à mettre en œuvre une offre de pré-vente du passeport via abonnement. Elle peut intéresser notamment le particulier, victime de maladie chronique, de pathologie lourde et heureux de pouvoir voyager facilement avec son dossier médical. Car le modèle économique d'InnovSanté, c'est non seulement une plateforme biface, mais aussi un produit qui ne l'est pas moins. "Il y a deux entrées : la carte est utilisée par le patient d'un côté, mais une partie des données est directement exploitée sur le cloud santé par les professionnels à vue de recherches". Sachant que la mise à disposition de ces données permettra aussi au particulier jouant le jeu de toucher un pourcentage du chiffre d'affaires généré en contrepartie des infos collectées.

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Commentaires
a écrit le 22/04/2017 à 9:06 :
Voilà une structure innovhealth qui n'a absolument rien et qui vole les produits et idées d'autres entreprises.
Soutenu par le réseau...

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