Les ambitions de Marianne Carpentier à la tête du Primi

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(Crédits : DR)
Elle entend insuffler un plus de cohésion et de connexion entre les acteurs des industries créatives et numériques du territoire, ainsi qu’une stratégie globale pour optimiser le potentiel régional : Telle est la feuille de route ambitieuse du Pôle Transmedia Méditerranée.

Elle est le nouveau maître à bord du vaisseau Primi. Marianne Carpentier vient en effet d'être désignée pour en tenir la barre pendant deux ans, poursuivre les orientations du pôle, tout en y ajoutant sa touche en termes de stratégie. Et c'est d'autant plus simple quand on a un œil neuf... car la directrice du développement des Studios Post and Prod, filiale du groupe Newen basée elle aussi au Pôle Média de la Belle de Mai a mené sa barque dans quelques coins de l'Hexagone avant de jeter l'ancre en cité phocéenne. Diplômée d'une école de gestion et de commerce, elle opte tout d'abord pour le marketing appliqué aux produits de haute technologie. Mais 10 ans et quelques expériences dans la musette plus tard - dont la conception à Biarritz d'une marque de lunettes de soleil à la fois branchée et sportive qui séduiront rien moins que Madonna et Rihanna - Marianne Carpentier va changer de cap et se consacrer au monde des industries créatives. "J'avais été embauchée à Paris par une société de production de dessins animés. Son fondateur avait envie de transmettre. Il m'a confié son catalogue avec pour mission de vendre ses dessins animés à l'international". Peu à peu, elle s'immerge totalement dans ce cœur de métier et prend part à l'écriture, la production, le financement... pour en tirer une expérience complète.

Ne pas sous-estimer la concurrence

Tout cela l'amènera dans le Sud, où le groupe Newen, désireux d'ouvrir de nouveaux studios de tournage au Pôle Média de La Belle de Mai, finira par la recruter. "Je suis venue au Primi pour le réseau", avance-t-elle. Elle va y rester... et s'impliquer. Avec le recul nécessaire pour impulser une dynamique nouvelle aujourd'hui. Indispensable, selon Marianne Carpentier. "D'autres régions de France se positionnent sur le secteur des industries créatives et numériques, comme l'Aquitaine qui l'a investi de longue date avec de gros budgets en étant notamment très active sur les effets spéciaux... L'Occitanie compte un pôle formation, va implanter des studios à Sète et y réaliser une série quotidienne. Les Hauts de France y allouent un fonds de subventions de 10 M€ quand il est de 3,8 M€ en Provence Alpes Côte d'Azur, ont développé un pôle jeux vidéos très compétitif implanté en zone franche... Sans oublier Paris, qui restera toujours Paris"... avec l'attrait que la capitale présuppose. "Une scène se passant sur la Côte d'Azur peut très bien se tourner dans le Nord sur fond vert... donc il faut faire attention". Pour peser face à ces concurrentes, le Primi initie donc dès à présent, avec la Région Provence Alpes Côte d'Azur, la mise en place d'une stratégie cohérente et globale qui devrait être finalisée d'ici quelques mois. En la matière, Marianne Carpentier souligne la nécessité de rassembler les acteurs locaux, en tenant compte des spécificités de chacun, en gardant en tête l'idée de complémentarité. "Il faut travailler avec la région, les French Tech, les CCI, les communes... Et le Primi doit faire office de liant, en écoutant chacun de la même manière".

Fédérer via l'événementiel

Autre impératif, aller chercher les adhérents (ils sont aujourd'hui 105, dont 17 nouveaux arrivants en 2016) sur l'ensemble du territoire régional. Le Primi entend notamment fédérer ces forces vives par le biais de l'événementiel. "Nous organisons ce 11 mai  une opération nommée "L'immersion dans l'industrie" avec plusieurs pôles de compétitivité, autour de la réalité virtuelle. Car les fabricants de contenus peuvent intéresser le monde industriel". Même démarche avec l'organisation de la première édition du Forum de l'innovation pour les industries techniques, qui aura lieu à Marseille du 5 au 7 décembre prochain.

Des actions qui fédèrent l'ensemble des spécialités représentées au Primi, et non pas le seul monde du cinéma : "il faut mettre les moyens sur les tournages télévisuels. Une quotidienne comme Plus belle la vie dépense 3,5 M€ par an depuis 12 ans..." Idem pour les domaines des solutions numériques, de l'animation, des jeux vidéos et autres productions de contenus, qui totalisent une part de 23 % des adhérents du Primi. Et représentent un axe fort pour la région. C'est notamment le cas des start-up du numérique "qui grandissent au départ dans la French Tech. Toutefois, si elles restent sur un modèle industriel ou software, elles n'ont pas les contacts pour s'épanouir. C'est pour cela que l'on travaille avec la French Tech main dans la main".

Rassembler, fédérer... et faire grandir les entreprises. Asseoir le bassin des industries techniques du territoire. Ce sera possible en les accompagnant sur les salons nationaux ou étrangers. Mais aussi en attirant davantage de tournages sur le sol régional. "Nos TPE ne peuvent s'équiper et recruter avec un tournage tous les quatre mois. Si l'on parvient en revanche à une récurrence de projets sur le territoire, nous leur permettrons de changer de dimension pour devenir des PME. D'où l'importance de se mettre en ordre de bataille pour le réaliser. On a le potentiel d'une Californie". Ne reste qu'à le faire fructifier.

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