Cosmostory à l’heure des mutations

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(Crédits : DR)
Virage à 180 degrés pour la start-up, basée à Marseille et spécialiste de la vulgarisation en astronomie. Créatrice d’applications pour le grand public, elle change aujourd’hui de modèle économique pour s’attaquer au BtoB et approcher le monde du tourisme.

Elle s'était positionnée initialement sur la conception d'applications proposant des scénarios et des visites guidées de l'espace. Avec succès, puisque la start-up fondée à Marseille, compte à cette heure un demi-million de téléchargements, toutes applications confondues, gratuites comme payantes. Sauf que depuis 2011, les appstores et autres playstores se sont considérablement étoffés. L'offre s'est structurée en la matière... "Android a aidé au développement et à la multiplication d'applications gratuites et les utilisateurs s'y sont habitués", explique Eléna Bou, gérante et directrice opérationnelle de la start-up. Difficile dès lors de rester visible dans ce maquis. D'où la nécessité de changer de braquet... et de ne plus miser seulement sur ce type de solution.

Vulgarisation

Le choix de Cosmostory passe aujourd'hui par le BtoB. L'idée : approcher le secteur du tourisme et former tout un réseau de "starguides" en poursuivant dans la philosophie première de la start-up : vulgariser l'astronomie. Et ce en utilisant les outils déjà mis en place, à savoir les scénarios et le "cosmolaser", un laser conçu en interne. "Combiné à un écran, il permet notamment de donner le nom d'une étoile lorsqu'on le pointe sur elle". Pour des raisons de réglementations il ne peut être commercialisé auprès du grand public, mais se pose comme un outil privilégié entre les mains de l'initiateur en astronomie.  Avec quelle cible potentielle ? "Tous professionnels du tourisme, tels les hébergeurs, ou les accompagnateurs out door, moniteurs sportifs et autres guides de montagne qui ont envie d'acquérir ces connaissances afin d'en faire profiter leurs clients et leur proposer une activité complémentaire". Ainsi, le modèle économique de Cosmostory passe aujourd'hui principalement par une offre de sessions de formations en trois niveaux. Sachant qu'à l'issue du deuxième, les "starguide" engrangent des connaissances suffisantes pour commercialiser ce nouveau service.

Label et e-learning

Après une phase test, d'octobre à décembre 2016, une première salve de formations a eu lieu en janvier à Crévoux, dans les Hautes-Alpes. "Ce que nous proposons peut être un complément intéressant pour toutes ces stations qui, dérèglement climatique oblige, seront confrontées dans les années qui viennent à un enneigement de plus en plus aléatoire. Ces 26 et 27 avril, nous avons aussi formé des professionnels du Lubéron". Mais pour toucher un maximum de candidats à la formation, la start-up mise aussi sur l'e-learning. C'est un autre des axes de développement retenu par Cosmostory, qui développe en ce moment un outil permettant de former ses aspirants "starguides" à distance. Et celui-ci permettra de lever un frein à la croissance, dans la mesure où "les professionnels du tourisme ont parfois des emplois du temps très différents, et qu'il n'est pas forcément évident de les réunir le temps d'une session". Pour le mettre en place, la jeune pousse est entrée en phase de levée de fonds. Objectif : réunir 250 000 €, dont 20 000 sur la plateforme de crowdfunding Kisskissbankbank, avec une campagne commençant ce 9 mai. Des sommes qui permettront aussi, outre l'outil d'e-learning, le développement d'un label qualitatif, décerné à tous ceux qui souhaitent développer cette nouvelle offre. "Les personnes payant la formation seront labellisées pour 3 ans. Le concept, c'est de transposer le système américain d'initiation à la plongée Padi, qui a développé une nouvelle approche de la discipline en en faisant un loisir créatif, à l'apprentissage de l'astronomie. Le label permettra notamment de répertorier les starguides en fonction du niveau"... et donc de rendre l'offre lisible auprès du grand public. 2017 s'annonce donc comme charnière pour la start-up : "nous avons estimé notre potentiel à 70 formations payantes cette année. Mais 2017 sera surtout l'année de développement du label", conclut Eléna Bou.

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