Comment Solomas France pense l'ébénisterie du futur

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(Crédits : Jessica Jager)
Entre outils numériques et compréhension des demandes spécifiques du marché haut de gamme, la PME familiale installée près de Nice défend son savoir-faire. Car c'est aussi une question d'adéquation entre artisanat et performance industrielle.

"Faire la transition entre le passé, le présent et l'avenir", c'est ainsi que Nadine Solomas définit ce qui est aujourd'hui son métier. Un métier appris de son père, Raymond, maître-ébéniste formé à l'école Don Bosco de Nice, lorsqu'elle rejoint l'entreprise en 1991 pour y apporter ses compétences en commerce et design. Car suivre les traces paternelles n'était pas forcément prévu, Nadine Solomas exerçant d'ailleurs, à l'époque dans un cabinet d'avocat à Londres. Mais entre temps, l'investissement dans la société familial a été révélateur... depuis trois ans et le rachat de cette PME de 20 salariés, c'est elle qui est désormais aux manettes.

Impact numérique

L'ébénisterie est un métier d'avenir, Nadine Solomas le revendique clairement. Alors que l'entreprise familiale souffle ses 45 bougies cette année, c'est parce qu'elle a su prendre le virage numérique qu'elle est restée une entreprise en avance de phase. D'ailleurs la dirigeante le reconnaît bien volontiers, "il faut saluer la décision de mon père d'avoir accepter de recourir aux machines à commande numérique". Pas toujours très bien perçue par la profession alors mais tellement évidente pour le développement de la société. Dès 1993, la modernisation des outils de production permet aux équipes de se concentrer sur les finitions et les détails. En 2000, l'acquisition d'un centre d'usinage numérique puis en 2005, celle de deux autres machines outils numériques permet à la PME installée à Saint-André de la Roche, près de Nice, d'affiner son travail. En 2008, c'est la création du bureau des méthodes, en 2014 un logiciel spécialisé permettant la gravure fine dans le bois ajoute à la compétence numérique. Et en 2015, le pôle design est créé.

Compétences à accroître

Le numérique a forcément modifié le travail des employés de l'entreprise mais il les a aussi fait monter en gamme. "L'innovation machine, technique rend le métier riche. Chacun a sa spécificité mais il est aussi capable de permuter de poste". Indispensable lorsque l'on est une petite entité. Fondamentalement "l'ébénisterie est un métier d'astuces, c'est ingénieux", explique Nadine Solomas. "Et nous intégrons les nouvelles technologies. Mais notre métier est un métier de transmission orale". Evidemment, les difficultés de recrutement ne sont pas étrangères à l'entreprise azuréenne. Au point que Nadine Solomas ait même aménagé des studios situés au-dessus des locaux afin de pouvoir former et héberger des jeunes qui "apportent leur fraîcheur et leur vision. L'ébénisterie est un métier difficile à transmettre et à l'école les vraies valeurs de ce métier ne sont pas apprises".

Equilibre

Spécialisé dans le sur-mesure, reconnue comme une spécialiste de l'aménagement de bars, Solomas France doit à sa rencontre avec Alain Ducasse dans le milieu des années 90 d'être projetée dans le secteur haut de gamme et d'être accommodée à la sauce internationale puisque la PME azuréenne réalise pour le chef français, ses restaurants à Moustiers Sainte-Marie, Tokyo, Grosseto, Paris ou encore Bidarray. Aujourd'hui la clientèle s'équilibre entre particuliers et professionnels, alors qu'elle était auparavant à 80 % constitués de professionnels et à 20 % de particuliers. Pour continuer à innover, dans tous les sens du terme, "nous regardons toujours ce qui se fait ailleurs". En matière de produits utilisés, peu de recours est fait aux solvants et le bois provient de forêts contrôlées. Une charte, "draconienne" a également été signée avec les fournisseurs, tous européens. Les projets, en terme de design notamment, ne manquent pas. Nadine Soloams revendique "un esprit visionnaire mais avec une planification qui l'accompagne et qui peut aussi être modifiée si besoin". Et puis, l'ébénisterie finalement, "n'invente rien, on transforme".

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