Pourquoi Renault acquiert la R&D d'Intel à Sophia-Antipolis

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(Crédits : DR)
Annoncé par le groupe automobile, le rachat des activités consacrées au logiciel embarqué correspond à un besoin du constructeur. Qui compte prendre de la vitesse sur le sujet de la voiture du futur.

La rumeur s'est donc confirmée : Renault est bien le repreneur des activités R&D d'Intel, installées sur la technopole de Sophia-Antipolis. Mais plus précisément de celles dédiées au logiciel embarqué, un sujet prégnant pour le constructeur automobile.

Aller encore plus vite

"C'est une compétence clé pour l'avenir de l'industrie automobile", dit d'ailleurs Alexandre Corjon, directeur de la Direction Ingénierie Systèmes du Groupe Renault. Et évidemment le constructeur veut rester leader sur les questions de voiture de demain, qui sera "autonome, électrique et connectée".

Renault avait été perçu comme pionnier dans l'électronique embarquée avec R-Link, son système réunissant différentes applications de connectivité. Sauf que ce système est devenu obsolète à l'heure où Apple et Google ont développé leur propre solution de synchronisation des téléphones avec le tableau de bord que ce soit pour la musique, les appels et bientôt la cartographie. Sur l'intelligence artificielle, Renault a également tardé à communiquer sur ses projets de voiture autonome. Il a fini par indiquer qu'il proposera un véhicule 100% autonome à horizon 2020. L'enjeu pour le constructeur automobile est d'avoir la maitrise des technologies qui lui permettront de proposer des équipements ou des services de connectivité qui soient monétisables.

Garder la maîtrise

Intégrer les compétences R&D d'Intel est donc une façon d'accélérer. D'ailleurs Alexandre Corjon ne s'en cache pas, "cette acquisition nous fait gagner 3 à 5 ans sur le plan de développement que nous avions pensé". Il en effet plus facile de disposer d'une organisation déjà structurée plutôt que d'avoir à l'organiser en interne.

Les compétences sur le logiciel embarqué qu'ont développé les équipes d'Intel vont donc permettre à Renault de conserver la maîtrise de l'architecture logicielle et du développement informatique lié. L'intérêt pour le constructeur c'est d'être capable de proposer des services, de travailler sur des aspects connectivité, 4G et 5G mais aussi wifi et bluetooth, avec également tout ce que promet l'intelligence artificielle.

Profiter de l'écosystème

Renault n'est pas le premier acteur du monde automobile à avoir choisi une implantation à Sophia-Antipolis. Bosch y est également présent depuis 2015, étudiant le traitement du signal notamment. Un travail d'équipe est-il envisageable ? Alexandre Corjon ne dit pas non, rappelle que les liens de collaboration existent déjà et que s'il y a une pertinence en matière d'intelligence artificielle notamment, la collaboration est possible.

Mais c'est aussi l'écosystème du territoire azuréen qui intéresse Renault. L'INRIA, Eurecom et l'Institut Méditerranéen du Risque, de l'Environnement et du Développement Durable (IMREDD) pour le rapprochement avec l'Université Nice Sophia-Antipolis, sont des partenaires potentiels. "Nous voulons bénéficier de l'écosystème local et accroître notre capacité d'innovation".

Plus concrètement, le rachat annoncé concerne celui d'une filiale d'Intel dans laquelle seront transférées les activités R&D sur le logiciel embarqué, filiale qui sera elle, une filiale de Renault et qui comprendra deux sites, l'un à Sophia-Antipolis, l'autre Toulouse. C'est Alexandre Corjon qui en assumera la direction.

Le closing devrait être finalisé fin juin, début juillet.

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