DLR : pourquoi ça ne va pas

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(Crédits : DR)
Alors que la conjoncture est favorable, les problèmes de recrutement viennent freiner la bonne tenue des chantiers et mettre à mal l'économie même des entreprises, dit le président régional, Eric Frèche.

C'est un souci récurrent. Avec des conséquences économiques prévisibles et c'est sur ce point que la fédération a décidé de taper du poing sur la table. La pénurie de main d'œuvre qualifiée devient un vrai casse-tête pour ne pas dire un supplice chinois pour les entrepreneurs issus du secteur des distributeurs, loueurs et réparateurs de matériels BTP et manutention (DLR). Un vrai problème de gestion des chantiers, de réalité économique qu'il faut à la fois intégrer, contourner voire anticiper.

"Cette pénurie de main d'œuvre qualifiée crée des tracas concrets", dit Eric Frèche, le président régional de la fédération et président de Frèche Location. Comprendre chantiers accumulant les retards, manque à gagner pour les entreprises... Une situation d'autant plus ubuesque que le secteur du BTP se porte plutôt bien.

En PACA, ce sont 179 entreprises qui sont issues de la DLR représentant 3 550 salariés pour un chiffre d'affaires de 990M€.

Déficit chronique

"On ne vit pas sans technique, or nous devons faire face à un vrai défaut de compétences spécifiques", poursuit Eric Frèche. Et le chiffre qu'il précise résume à lui seul la situation : 1 000 techniciens sont diplômés chaque année, du CAP à la licence pro en France, alors que le secteur DLR a 1 500 postes à pourvoir annuellement sur le même périmètre. Il est de 360 postes non pourvus pour PACA. Un déficit qui ne se situe clairement pas du bon côté.

Pourtant Eric Frèche rappelle que ces métiers génèrent des postes "intéressants, où il est possible d'évoluer et non délocalisables".

Tout cela alors même que la France est l'un des tous premiers marchés d'Europe dans l'utilisation des matériels de travaux publics et qu'elle est l'un des premiers producteurs européens.

Blason

Si faire le constat c'est bien, agir ou tout du moins réfléchir à comment inverser la tendance, c'est mieux. Pour Eric Frèche, il existe clairement un problème de reconnaissance du métier. "Il faut arrêter d'envoyer les élèves ayant subi un décrochage scolaire dans cette filière. Nous subissons la politique de l'échec scolaire". Ainsi donc il faut "redorer la blason de la profession", mieux informer sur les métiers liés à la distribution, la location et la réparation du matériel de BTP et maintenance. Et si la Fédération agit de son côté, en se rapprochant notamment des collèges et lycées pour des actions de sensibilisation et de communication, c'est des pouvoirs publics que doit venir un bon bout de la solution, estime Eric Frèche. "A minima, Pôle Emploi devrait mettre en place une CVthèque dédiée. Cela serait une mesure concrète pour dynamiser le recrutement".

Est-il possible de piocher chez nos voisins des mesures ou actions qui auraient porté leurs fruits ? Difficile répond Eric Frèche. Qui craint que la solution ultime soit d'aller chercher à l'étranger justement, les compétences qui font défaut en France.

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