L’altruisme : la clé du management ?

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(Crédits : REUTERS/Carlos Garcia Rawlins)
C'est la question que s'est posée et à laquelle à répondu la chaire "Bien-être et travail" de Kedge Business School avec un objectif : impulser des modes de management innovant et vibrant au diapason des attentes des collaborateurs.

C'est un fait, l'entreprise bouge et les modes de décisions connaissent par conséquent eux aussi des mutations. Influence de la nouvelle économie oblige, les types d'organisation pyramidaux s'effacent peu à peu pour laisser davantage la place à des systèmes plus horizontaux, propices à l'émergence de l'intelligence collective. Et cela impacte en profondeur certains métiers, dont celui de manager... Un encadrant qui sera amené, de plus en plus, à travailler autrement, à jouer les accompagnateurs et les facilitateurs.  C'est dans ce contexte de transformation profonde qu'a été lancée, en 2014, la chaire "Bien-être et travail" menée en partenariat entre Kedge Business School et la Cepac. Son objet ? Impulser des modes de management innovants, porteurs de sens et intégrant les intérêts de toutes les parties prenantes de l'entreprise. "Nous sommes sensibles à ce sujet, cette préoccupation entre dans notre ADN commun. La RSE figure comme expertise de notre centre d'excellence stratégique..." avance Thomas Froehlicher, directeur général de la business school.

"Travailler et manager ensemble"

La CEPAC aussi s'est intéressée au sujet. Il faut dire que le bouleversement que connaît le monde de la finance, notamment l'arrivée sur le marché de l'e-banking, oblige les banques traditionnelles à se remettre en question. "Nous devons changer notre façon de travailler, c'est la condition de notre survie. D'où notre intérêt pour l'impact sur la performance économique du bien-être des salariés", observe le président Alain Lacroix.  Un travail commun coordonné par les professeurs Sylvie Brunet, ancienne DRH chez plusieurs grands comptes, à l'instar de Gemplus (aujourd'hui Gemalto) et François Silva, chercheur au laboratoire Dicen du Cnam... Il a donné lieu à deux études, l'une quantitative, l'autre qualitative, supports de base d'un plan d'actions mis en œuvre au sein de la Cepac. Le nom de ce programme : "Travailler et manager ensemble". En quelques mots, il s'agit d'une démarche transversale qui replace le collaborateur au cœur de l'action de l'entreprise. "Ce partenariat illustre parfaitement la façon dont nous aimons faire vivre une chaire : en dehors du seul enseignement dispensé par un professeur émérite, l'intérêt est que l'entreprise associée impulse le changement à l'issue des trois ans. Précisément sur cette thématique, il ne faudrait pas que les futurs diplômés, une fois sur le marché du travail, ressentent un gap, un décalage entre ce qu'on leur apprend et ce qu'ils vont trouver dans leur future entreprise en termes de conditions de travail", poursuit Thomas Froehlicher.

"Garder la loyauté"

Des étudiants qui ont justement participé aux deux études réalisées dans le cadre de cette chaire, portant sur le thème "quel travail et quel management pour les jeunes ?" aux côtés d'alumni et de salariés de la CEPAC de moins de 35 ans. Trois groupes qui ont livré leurs attentes, leur perception de l'encadrant. Elles se formalisent principalement autour des notions de capacités de décision, d'écoute, de bienveillance, de délégation. Bref, une vision du métier tendant davantage vers l'empathie et l'altruisme. C'est celle prônée également par Jacques Attali, venu pour une master class à l'occasion de la restitution de ces études dans les locaux de Kedge BS. "Il y aura avec le temps de moins en moins d'encadrants, des hiérarchies plus plates, des équipes de plus en plus changeantes". De nouvelles configurations qui rendent plus indispensables encore la mise en place de bonnes pratiques, des qualités comme la politesse, l'écoute, l'humilité. D'autant que "les exigences que nous avons dans notre vie privée, nous allons les vouloir à présent dans le travail. (...) Les entreprises qui ne sont pas en capacité de créer les conditions de garder la loyauté de ses collaborateurs par le respect et l'altruisme seront balayées. Et le dirigeant doit être garant de cela".

Prendre en compte la vie familiale des collaborateurs

Et celles qui sont capables d'instaurer cela, a contrario, pourraient largement y gagner... C'est ce que démontre une étude publiée en 2015 dans Journal of Management et réalisée par une équipe de recherche dirigée par Marcello Russo, enseignant-chercheur à KEDGE BS. "En se basant sur un échantillon de 512 salariés, 156 italiens et 356 chinois, les chercheurs ont examiné les effets positifs générés par la prise en compte des problèmes d'ordre familial par leur manager sur l'épanouissement au travail des salariés. Ils ont pu constater avec satisfaction que le soutien familial d'un manager renforce l'impression de travailler dans un environnement favorable, facilite l'accumulation de ressources mentales permettant de surmonter les obligations professionnelles et familiales concurrentes et stimule aussi les comportements proactifs ainsi que les initiatives de développement personnel", expliquait enfin Marcello Russo. L'altruisme... Est-ce plus largement la clé du salut ? Il semblerait, selon Jacques Attali. "A l'avenir, tout sera automatisé... excepté les métiers de l'empathie. Une institution comme La Poste s'est saisie du sujet. Et la banque doit faire de même : inventer des métiers d'empathie et ne pas s'en tenir seulement à ceux de l'argent".

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Commentaires
a écrit le 16/06/2017 à 17:02 :
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