Alain Lacroix : "La CEPAC n'est pas un acteur froid"

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(Crédits : DR)
Ou quand les opérations de croissance externe apportent plus de poids à la banque basée à Marseille, mais pas que, et que ça sert toute la stratégie dont l'aide au financement, explique le président du directoire.

Comme pour toute entreprise "classique", l'opération de croissance externe menée l'an dernier a été une opération structurante. Qu'il a fallu intégrer, digérer, apprécier. Et qui aujourd'hui apporte des fruits vraiment savoureux, vraie cerise sur le gâteau de l'activité et de la visibilité. L'intégration de la banque de la Réunion, de la banque des Antilles françaises et de la banque de Saint-Pierre et Miquelon a donc des effets certes attendus mais pas moins appréciables, en poids et en mesures. "Elle a d'abord permis de consolider notre présence en outre-mer. Nous triplons sur la Réunion et doublons sur les Antilles. Or quand on est un acteur qui pèse, on accompagne mieux l'économie. Elle nous permet aussi d'être présent sur des territoires comme la Guyane, Saint-Barth, Mayotte... où nous n'étions pas implantés. De facto, nous avons grossi, nous sommes la deuxième Caisse d'Epargne du groupe, cela renforce notre poids dans le financement des entreprises", analyse Alain Lacroix.

Autre image ?

Un président du directoire qui a donc mené fermement et sûrement le changement de taille du paquebot Cepac, entraînant par cette prise de poids un changement de raison sociale, l'adoption d'une baseline, une façon de positionner celle qui affiche un PNB de 778 millions d'euros sur l'échiquier bancaire. Suite logique, somme toute.

Et si parmi les axes stratégiques, il a été par exemple décidé d'adresser plus particulièrement la clientèle premium et les jeunes, c'est soutient Alain Lacroix, parce que "le regard sur notre banque a changé. Nous n'avons pas une masse de clients informes, mais des clients qui souhaitent qu'on leur parle d'eux. Nous avons une clientèle qui demande une gestion avec des gestionnaires de patrimoine, une autre part de clientèle qui aime avoir recours à des outils à distance. Les jeunes, c'est la quête du Graal ! Tout cela d'une certaine façon contribue à l'image de la banque".

Justement, comment faire coller le plumage avec le ramage ? "Le premier combat que nous avons mené c'est de modifier l'image institutionnelle sans modifier ce que nous sommes. Or nous sommes un acteur du territoire, le but c'est de faire en sorte que l'image que nous avons corresponde à ce que nous sommes vraiment. Nous ne voulons pas être un acteur froid mais contribuer à ce que les projets fonctionnent vraiment", appuie le président du directoire.

No fusion

Qui dément par ailleurs toute fusion avec son homologue azuréenne, la Caisse d'Epargne Côte d'Azur. "Même si avec la loi NoTRE le découpage idéal est le découpage régional, il n'y a pas aujourd'hui de projet de fusion. Ce qui ne veut pas dire que cela n'aura pas, un jour, du sens".

Innover, c'est gagner

Incontournable sujet, celui du virage numérique, de la place accordée aux solutions digitales "demande un travail de fond" dit Alain Lacroix. Et le groupe BPCE auquel appartient la Caisse d'Epargne est assez volontaire sur le sujet, "une task force" s'étant constituée au niveau national avec l'arrivée d'Yves Tyrode en tant que Chief Digital Officer en octobre dernier, alors qu'un investissement de "500 à 700 M€ va être engagé sur les prochaines années pour se mettre à niveau. Au niveau local, on s'adapte pour être prêt le plus rapidement possible".

Car bien évidemment, le numérique passera par tous les établissements bancaires. "A la fin, toutes les banques seront digitales, comme toutes les banques ont été informatisées. Sauf que celui qui va creuser l'écart, c'est celui qui va aller plus vite".

Cependant, le digital n'est pas antinomique du physique. "Derrière le numérique, il faut recréer du lien, une prise en charge". C'est par exemple le but de cette plateforme de traitement des clients qui permet la prise en charge et l'écoute de 5h du matin à 23h, et qui à l'horizon 2020, emploiera 90 personnes. C'est aussi un nouveau format d'agence "qui sera révolutionnaire", promet Alain Lacroix et qui surtout va être rapidement déployé sur le territoire, à raison de 40 agences sur 2 ans. Pas de tests ou de prototype, "on y va et on déploie". Quitte à rectifier le tir en cours de route. "On peut avoir la plus belle machine au monde, si on n'a pas les bons pilotes et la bonne analyse, on ne gagne pas".

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