La Pizza de Manosque investit dans la distribution automatique

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(Crédits : DR)
Parce qu'il faut rivaliser d'ingéniosité sur un segment de marché dominé par des majors, l'entreprise originaire des Alpes de Haute-Provence innove dans le service… et les recettes.

Le but, c'est de trouver des relais de croissance. Et pour croître, tout est bon en matière d'innovation. Même à investir dans la distribution automatique. "Nous nous sommes associés pour cela avec un fabricant de machines kiosques. Nous en avons déjà deux en test à la gare de Lisieux et dans les Vosges et sommes en train d'évaluer comment cela fonctionne. Si les résultats sont concluants, nous avons prévu d'installer 20 distributeurs automatiques à l'échelle nationale dans les 24 à 30 mois qui viennent. L'idée étant de les implanter bien sûr où il y a du passage : sur les relais autoroutes, les parkings d'hôtels, les gares..." annonce Philippe Leplomb, PDG de l'entreprise. Un projet qui nécessiterait, si les tests étaient concluants, un investissement de 500 000€. "Nous sommes en cours de négociation avec des établissements bancaires et cela se présente favorablement".

Relocaliser le sourcing

Telle est la dernière invective d'une entreprise qui n'a eu de cesse, depuis la reprise de l'activité en 2007 par Philippe Leplomb, alors directeur commercial, de s'appuyer sur les deux piliers que sont la qualité et l'innovation. Et pour ce faire, pas moins de 3,5 M€ ont été injectés entre 2011 et aujourd'hui, principalement pour moderniser l'outil de production, ouvrir de nouvelles lignes et effectuer une nécessaire remise aux normes. Mais ce qui a surtout permis à la Pizza de Manosque de décoller, c'est le retour à l'ancrage local. "Avant 2007, l'entreprise était dans le giron de Brossard, il fallait jouer des coudes pour concurrencer des grands tels Buitoni, Marie... Pour nous différencier, nous avons décidé de jouer la carte de la qualité en relocalisant le sourcing lorsque c'était possible. La sauce tomate est ainsi à 100 % faite en Provence, et cette année, nous avons même pu trouver des fournisseurs de tomates bio. C'est le cas de la farine également..." Et le positionnement fait mouche, notamment à partir de 2011. "La situation était compliquée jusqu'à 2010, mais nous avons senti clairement les choses basculer en notre faveur à cette époque. C'était celle de l'affaire des lasagnes au cheval (l'affaire dite Spanghero NDLR), qui a permis une prise de conscience salutaire et ouvert la question de la sécurité alimentaire. Avec un constat : on ne peut plus proposer n'importe quoi au consommateur. Or, c'était justement ce que nous plaidions ! A partir de ce moment, nous avons senti un changement de regard sur nos produits. Nous n'étions plus reçus par les mêmes personnes, et puis... l'écoute était différente. Nous avons donc eu accès aux linéaires".

Visées sur Hong Kong

C'est ainsi que La Pizza de Manosque est aujourd'hui référencée à l'échelle nationale chez Carrefour et Casino, et régionalement chez Système U, Intermarché et Leclerc. D'un chiffre d'affaires de 5 M€ à l'heure de la reprise, l'entreprise totalise aujourd'hui sur le dernier exercice 12,1 M€ de chiffre d'affaires, réalisé à 70 % sur sa propre marque et à 30 % sur des marques distributeurs. Les proportions étaient les mêmes, mais inversées en 2007... Une pizza reine avant tout de la croissance, donc. Parce que s'inspirant aussi de l'air du temps : "ce qui plaît aujourd'hui, ce sont les pizzas à base crème, et non sauce tomate. Nous travaillons avec de la crème fraîche d'Isigny AOP pour avoir une qualité de produit optimale et nous élargissons notre gamme peu à peu, au rythme d'une nouvelle recette par an. En septembre ou octobre, une nouvelle base crème sortira dans les linéaires". Autre produit innovant, une pizza dont tous les ingrédients sont Label Rouge... Au total, l'entreprise compte une trentaine de références, recettes et formats confondus. Elle a fabriqué en 2016 près de 5,5 millions d'unités consommateurs, ce qui signifie, puisque certaines boîtes contiennent trois pizzas, 6 millions d'unités. Et 2 300 tonnes de produits. Le tout vendu dans l'Hexagone et dans les Dom Tom, qui représentent 1,5% de son chiffre d'affaires. Mais la pizza provençale pourrait s'attaquer très prochainement à l'export... avec des visées sur Hong Kong.

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