Mix.S change de calibre

 |   |  618  mots
(Crédits : Patricia Giudicelli)
La marque de mode streetwear, basée à Aix-en-Provence, va pouvoir enclencher la vitesse supérieure. Une première levée de fonds lui permet en effet de passer aujourd’hui par une fabrication industrielle et d’amorcer l’offensive commerciale.

Les mois qui viennent seront très certainement décisifs pour la marque de streetwear aixoise Mix.S. Ils vont en effet donner le ton du positionnement stratégique que devrait adopter sa créatrice et fondatrice, Sarah Pernet. Officiant en effet jusqu'ici en tant que salariée dans le monde de la mode à Cannes, Six Fours et Marseille, elle a donné le jour il y a 7 ans en simultanée à sa marque, Mix.S. Celle-ci adressée à la femme, à l'homme et à l'enfant. "J'étais fan de danse hip hop, de pop art, j'aimais les mélanges d'univers et de matières... et j'appréciais de travailler le vêtement un peu comme un tableau, à l'instar de ce que je crée sur la base du sarouel, qui est devenu la pièce phare de la marque". Très rapidement, l'intérêt afflue sur le net, via son blog, où elle cumule 8 000 demandes. "Il y a de la place dans le monde du streetwear, notamment si l'on propose des pièces uniques ou des séries en quantités  limitées, qui vont permettre au client de porter ce qui ne se verra pas sur tout le monde". Ces marques d'intérêt la confortent donc à se lancer les deux pieds dans l'aventure.

Chaîne de production française et italienne

Et c'est via une première campagne de crowdfunding, bouclée tout dernièrement, qu'elle compte notamment financer les prémices de son développement. Un peu plus de 5 000 euros, une première pierre à l'édifice qui s'ensuivra certainement de nouvelles levées de fonds. Toujours est-il que dès à présent, celle qui officiait en solitaire, de façon quasi artisanale, va pouvoir à présent suivre le rythme de deux collections par an et mobiliser toute une chaîne de valeur, de la création - qu'elle qualifie de collaborative, puisqu'elle œuvre parfois avec d'autres acteurs de la mode sur la base d'échanges de services -  à la confection, en passant par l'achat des matières premières et le prototypage. "Je vais collaborer avec des professionnels français et italiens. Le contact est établi de longue date, puisque les entreprises dont j'étais salariée avaient recours à leurs services. Et ils m'ont suivie depuis l'origine", explique Sarah Pernet. Les fonds réunis permettent de lancer dès à présent la fabrication d'une vingtaine de pièces différentes. Des prototypes pour démarcher les boutiques spécialisées mode urbaine. Le but : déclencher les commandes et voir les vêtements estampillés Mix.S intégrer leur collection été 2018. Et certaines enseignes, contactées en amont, se sont déjà déclarées intéressées. "Nous anticipons aussi dès aujourd'hui la future collection hiver, afin d'être présent dans les commerces en 2019. Et participons dans cette optique au salon Première Vision".

Des mois test

Outre les boutiques, la créatrice continue de promouvoir son travail via son e-shop. Toutefois... quelle place prendra dans le chiffre d'affaires les diffusions online et offline ? Tout va se jouer dans les mois qui viennent, en fonction de l'intérêt du monde du commerce pour le travail créatif de Sarah Pernet. Puisque finalement, la période qui s'annonce fait un peu office de test. "Je me laisse le temps de la réflexion. Autres questionnements en cours, vais-je produire à plus gros volume sur certains articles, garder pour d'autres une politique de petites séries et de pièces uniques, fonctionner dans le "pronto" online, à savoir en flux tendu avec le lancement de collections capsules..." Autant de pistes de développement pour un positionnement qui va sans doute s'affirmer en fonction des retours.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :