Ces startups monégasques qui innovent

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(Crédits : DR)
Créées sur le Rocher par des primo-entrepreneurs ou des dirigeants aguerris, orientées techno, mais pas seulement, ces jeunes pousses aussi discrètes que le veut l'état d'esprit monégasque, sont pourtant prometteuses.

TERRE DE MONACO

L'urba-agriculture qui pousse bien

Faire fleurir au sens propre comme au figuré des potagers sur les toits et dans les espaces de la Principauté, c'est le concept cultivé par cette jeune entreprise qui cumule en douze mois 1.400m2 de maraîchage. Lancée en juin 2016, Terre de Monaco, est « la plus grande exploitation urbaine privée, qui plus est dans l'un des plus petits pays au monde », dit Jessica Sbaraglia, qui a convaincu la Fondation Albert II, la tour Odéon, le Monte-Carlo Bay, l'hôpital Princesse-Grace...

Côté modèle économique, pour toute surface inférieure à 100 m2, Terre de Monaco apporte une prestation de service, se chargeant de l'aménagement, l'entretien étant ensuite payant. En ce qui concerne les surfaces de plus de 100 m2, c'est à l'exploitant qui met son espace à disposition qu'il convient de défricher, la petite entreprise monégasque se chargeant ensuite de l'exploitation et de la vente.

Désormais, la jeune pousse intéresse les villes limitrophes, notamment des collectivités. Jessica Sbaraglia estime pouvoir être à l'équilibre dès ce premier exercice. Après l'embauche d'un maraîcher, elle compte en recruter un autre ainsi qu'un ouvrier agricole.

Terre de Monaco

STAJ

Le vélo (électrique) pas comme les autres

Après les voitures et Mécaplast (équipementier automobile), Thierry Manni enfourche un autre moyen de locomotion, pas moins friand d'innovation : le vélo électrique. Pratiquant assidu, il décide de se pencher sur le sujet et avoue être parti « d'une feuille blanche ». Trois mois d'intenses réflexions plus tard, c'est une « petite équipe qui décide de réfléchir à la réalisation d'un vélo en advanced composite ». Aujourd'hui elle est en train de développer d'un cadre où sera posé un moteur, dont le fournisseur reste secret pour l'heure.

« Notre vélo est un concentré d'innovations, très sécurisant », promet Thierry Manni.

Après une période de test, la commercialisation démarrera, selon les prévisions, au premier semestre 2018. La production se fera intégralement à Monaco sauf pour la partie peinture qui sera réalisée à Nice.

« 98% des composants sont européens », ajoute le dirigeant monégasque qui vise une clientèle « urbaine qui a envie de se déplacer proprement et rapidement. Nous travaillons sur un changement qui touche à la mobilité urbaine ».

MYMEGASELFIE

Le selfie intelligent

Tout est venu du... BTP. Car c'est en réalisant le time lapse (animation photographique) du chantier de construction de la Tour Odéon (170 mètres de haut et 49 étages, à Monaco) que Sébastien Darrasse, photographe, s'est rendu compte qu'il y avait un vrai besoin de compétences professionnelles en matière photographique pour des exercices de ce genre. C'est en mettant au point un programme spécifique pour les films de chantier - « capable d'aller chercher les bonnes images, avec la bonne lumière, en fonction des heures de prise de vue » - que lui vient l'idée de l'appliquer au secteur du tourisme et de l'événementiel. Mymegaselfie, application disponible sur Google Play et Apple Store, officiellement lancée lors du Monte-Carlo Rolex Master Series à la fin du mois d'avril dernier, propose des images réalisées avec des appareils professionnels positionnés stratégiquement lors d'un événement ou dans un lieu, mais avec un angle qui provoque l'effet « waouh ». Orientée à la fois vers le marché « B to B » et le marché « B to C », lajeune pousse vise surtout l'international. Outre la France, l'Italie, l'Allemagne et l'Angleterre sont des cibles prioritaires. Et ce développement à l'échelle mondiale est possible car « le modèle économique est le même partout. Un touriste possède les mêmes habitudes de consommation, quel que soit le site d'exploitation », précise Sébastien Darrasse. Pour ne pas perdre de temps, une levée de fonds d'un montant de 500.000 euros est en cours et devrait être finalisée d'ici à la fin 2017.

« Nous sommes perpétuellement en R&D. Nous n'avons pour l'heure pas de concurrents directs mais nous serons copiés tôt ou tard et nous devons conserver notre longueur d'avance ».

My Megaselfie

PLANET OF FINANCE

Le Facebook de la finance

Suisse, trente ans de carrière dans la banque privée et la certitude que les nouvelles technologies vont bouleverser le métier. C'est le (rapide) portrait-robot qui définit Olivier Collombin. Un parcours atypique pour celui qui, dès les années 2000, doute de « la capacité de l'industrie financière à se réformer et à prendre en marche le train des nouvelles technologies ».

Lui saute dedans et crée ce qu'il présente comme le Meetic des sociétés de gestion, une plateforme de rencontre en ligne pour les PME dans la gestion de fortune, répondant de fait aux demandes des clients, désireux de mises en relation pertinentes.

Ce n'est que l'année suivante, en 2008, que naît le concept de Planet of finance, une plateforme « qui avait pour but de mettre en relation des dirigeants en ligne pour se rencontrer, se racheter. Mais plus j'avançais, plus je me suis rendu compte que les acteurs historiques ne feraient rien de manière proactive et soutenue, tant que la menace ne viendrait pas de l'extérieur. Et j'avais envie d'enter dans le système offensif. »

Olivier Collombin quitte donc le cocon douillet de la banque privée et part avec la plateforme sous le bras. En 2015, sa rencontre - décisive - avec Jean Castellini et l'ouverture d'un nouveau centre de données par Monaco Telecom le décident à s'installer avec ses projets sous le soleil monégasque. Planet of finance n'est désormais plus le Meetic mais le Facebook de la finance.

« Nous sommes passés d'un site de rencontres à un réseau social », qui réunit une communauté de 1 262 experts, originaires de 68 pays et gérant 2,6 trillions de dollars. « Planet of finance est le plus grand réseau social dédié à la gestion de fortune », résume Olivier Collombin, qui travaille sur un autre projet, prévu pour être annoncé en septembre.

KEE SYSTEMS

Le conseiller connecté

Un outil numérique pour les gestionnaires de fortune créé par des... gestionnaires de fortune, c'est la meilleure façon de répondre aux évolutions d'un métier que les nouvelles technologies aident à rendre plus intelligent dans le sens de plus fin, rapide et en adéquation avec à la fois les exigences des clients et de la réglementation. Éditeur de solutions, Kee Systems a mis au point un logiciel d'aide à la décision baptisé KeeSense qui s'adresse aux gestionnaires de fortune indépendants, qui par définition « ont plusieurs clients qui eux-mêmes ont des comptes dans plusieurs banques différentes », explique Cédric Cazes. Né de la difficulté à répondre aux besoins d'une banque suisse installée à Monaco et qui ne possédait pas de logiciel de suivi de portefeuille, KeeSense mixe l'innovation et la finance.

« La plus-value d'une société de gestion c'est le conseil », souligne Cédric Cazes. « La gestion des risques est une thématique importante. Nous avons mis en place des dashboards [tableaux de bord, ndlr] spécialisés pour aider les sociétés de gestion à faire face aux défis posés par la réglementation. Le gestionnaire qui souscrit à KeeSense souscrit à un savoir-faire, mais aussi à une innovation. » Parti en mission économique en Israël, Kee Systems tient « à se confronter à l'innovation. Nous devons toujours avoir un temps d'avance ».

WEEZAGO

L'écran intelligent qui séduit Samsung et L'Oréal

Éditeur de logiciels, l'entreprise née en 2008 sur le Rocher a mis au point une solution capable de piloter un écran et d'y afficher le contenu souhaité. Si elle s'adresse d'abord au milieu pharmaceutique - « les pharmacies sont les plus dynamiques en digital média », explique Stéphane Gras -, c'est ensuite vers un tout autre secteur que Weezago s'oriente, notamment en marque blanche. Utilisateur d'une solution signée Samsung, avec qui elle a signé un partenariat, l'entreprise monégasque séduit grâce à ce rapprochement, la marque NYX, qui appartient au groupe L'Oréal et revendique être la troisième marque de beauté la plus suivie sur Instagram. Weezago travaille également pour les boutiques L'Oréal Paris, avec un déploiement au niveau national et en installant des écrans qui jouent sur le sentiment d'immersion.

De fait, « d'autres groupes de luxe sont intéressés. Notre atout, c'est une portabilité rapide et l'alliance avec Samsung nous permet d'avoir un produit performant. Nous avons des concurrents mais qui n'ont pas encore de références telles que les nôtres ».

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