Frédéric Chevalier, le disrupteur

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(Crédits : DR)
Que ce soit avec HighCo ou encore davantage avec thecamp, sa façon d'envisager l'évolution de l'économie et du monde a fait de cet entrepreneur, un chef d'entreprise au sens littéral du terme. Sa disparition brutale laisse le territoire d'Aix-Marseille orphelin.

Les adjectifs se suivent et se ressemblent, mais c'est celui de "visionnaire" indéniablement qui ressort des témoignages qui se multiplient depuis l'annonce de la disparition de Frédéric Chevalier. Discret mais à la fois extrêmement présent sur son territoire, impliqué dans tous les sens du terme, il était un chef d'entreprise à la fois respecté pour ses succès entreprenariaux et surtout par sa façon de penser avec un tel temps d'avance que parfois, il le disait lui-même, certains pouvaient émettre des doutes sur ses projets. "Certains m'ont prévenu que c'était une idée folle" disait-il il y a deux ans lors d'une interview à La Tribune, à propos de thecamp qui apparaissait à ses prémices, comme une aventure incroyable, voire impossible. Mais justement c'est cela qui le faisait vibrer Frédéric Chevalier : être précurseur, imaginer ce qu'allaient être les usages, l'économie et le monde de demain.

Déjà avec HighCo, créé en 1990, il attaque le sujet des nouvelles technologies à une époque où le terme n'est pas dans le vocabulaire quotidien. Plus jeune président d'une entreprise cotée en France, il passe les rênes, d'abord en 2006 en cédant la présidence du directoire du groupe et définitivement en 2013 en laissant à Richard Caillat, la présidence du Conseil de surveillance. C'est que Frédéric Chevalier à un autre "bébé", thecamp, le campus du futur, dont l'idée est de rassembler en un seul lieu intellectuels, dirigeants de grands groupes, de PME, startupeurs, étudiants, designers, acteurs de la sphère publique... Et ceux-là même qui trouvaient l'idée folle lui emboitent le pas... C'était cela aussi sa force : rassembler et réunir autour d'une idée, fédérer et partager, tout cela sur un territoire souvent complexe. En septembre, thecamp ouvrira ses portes. Le jour de l'inauguration, il y aura l'ensemble du monde économique et politique, des discours, des promesses et évidemment un manque. Frédéric Chevalier ne verra pas ce moment qu'il attendait tant. Lui qui voyait dans son campus à nul autre pareil, "un laboratoire d'intelligence collective (...), un écosystème doit permettre d'étudier et d'expérimenter de manière systémique les ruptures à venir afin d'anticiper et non de subir. Parce que subir dans le monde de demain, c'est disparaitre !"

On dit souvent des entrepreneurs qui réussissent parce qu'ils ont une vision, qu'ils sont des capitaines d'industrie. Frédéric Chevalier c'était le capitaine de l'industrie des nouvelles technologies. Indéniablement il laisse une trace, pas seulement physique via thecamp, mais aussi intellectuelle et philosophique. Elle influencera et influence déjà l'esprit des jeunes entrepreneurs, notamment ceux de la French Tech. Une sorte de transmission d'un état d'esprit à part qui devrait imprimer sa marque durablement. Sans doute le plus bel hommage à lui rendre.

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