Johan Bencivenga : "Plus l'entrepreneur à confiance, plus il investit"

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(Crédits : DR)
Alors que l'Université d'été du MEDEF entame son deuxième jour et alors qu'il va (encore) être question de croissance, confiance et nouvelles façons d'envisager l'entreprenariat, le patron de l'UPE 13 redit ce dont les chefs d'entreprise ont besoin et pourquoi il faut absolument penser export.

La Tribune - La thématique centrale de l'Université d'été du Medef est "confiance et croissance" : deux éléments qui manquent aux chefs d'entreprise ?

Johan Bencivenga - Ce sont en tout cas, deux clés essentielles pour la bonne santé des entreprises. L'entrepreneur prend toute la journée, des risques, des décisions. Il doit avoir confiance. Il existe une telle instabilité fiscale en France qu'il est difficile pour les entrepreneurs d'avoir confiance. Or, plus l'entrepreneur a confiance, plus il investit. La croissance n'est possible que si l'entrepreneur à confiance. Et lorsqu'il a confiance, il prend des paris sur l'avenir, il est audacieux. C'est cela, l'économie vertueuse.

L'absence du Président de la République et du Premier Ministre lors de l'Université doit-elle être perçue comme un mauvais signe ?

Ils ne peuvent pas s'afficher au moment où ont lieu les discussions sur la loi Travail. Mais la présence annoncée de 12 ministres et de nombreux parlementaires de La République en Marche démontrent que le gouvernement est sensible aux besoins des entrepreneurs.

Emmanuel Macron s'attaque à la directive qui concerne les travailleurs détachés : bonne nouvelle ou fausse bonne idée ?

Le travail détaché est une vraie problématique. Et que le Président de la République s'engage aussi frontalement sur le sujet, c'est un bon signal. Le travail détaché présente deux problèmes. Tout d'abord, il met en concurrence des êtres humains, non pas sur leurs compétences mais sur leurs nationalités. Donc, c'est une règle injuste. Mais ensuite, la fraude est massive. Si le travail détaché se faisait dans les règles, il n'y aurait que 10 à 15 % d'écart entre les prix. Les entreprises françaises pourraient encore se battre. Il faut donc aller plus loin dans la répression.

Alors que l'on parle beaucoup d'Europe, le Made in France, voire Made in Provence, a-t-il encore un sens économique ?

La France est toujours très critique sur elle-même. Pourtant nous sommes un pays qui fait rêver, qui jouit d'une côte d'amour incroyable. Le Made in Provence est également une marque qui fait rêver, qui est connue à l'international. Elle a une valeur marketing. Nous devons jouer avec nos atouts.

Que faut-il pour que les entreprises françaises puissent revenir dans la grande cour mondiale ? Doit-on inventer un nouveau modèle ?

Je le redis, malgré les belles entreprises que nous avons, c'est le manque de stabilité qui crée des freins. Comment prendre des décisions à long terme si les règles changent constamment ? L'entrepreneur peut s'adapter aux règles mais à condition qu'elles s'inscrivent dans la durée.

On le sait, la croissance vient de l'export. Or les entreprises françaises, actuellement, ne sont pas assez présentes à l'international. Après la Seconde Guerre mondiale, le tissu économique s'est consacré à la reconstruction de la France. Ce qui a pour conséquence que les entreprises ne sont pas habituées à aller à l'export. Cela n'est pas inscrit dans leurs gènes. Les PME, forces vives de la Nation, ne franchissent pas suffisamment le cap de l'export. Cela est en train de changer avec les startuppeurs. Nous devons regarder les pays où nous avons de la plus-value, où nous pouvons apporter nos compétences. Car la France sait inventer et innover.

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