Comment Territoire s'appuie sur l'innovation

 |   |  701  mots
(Crédits : DR)
Que ce soit dans les process, le management, le recrutement ou l’acquisition de l’outil de production, l'entreprise d’insertion spécialisée en métallerie basée à Marseille et présente également à Nice et dans le Vaucluse, a décidé de sortir des sentiers battus. Ce qui porte la croissance.

"Toujours faire en sorte de ne pas subir le marché" : ce crédo, c'est celui de Paul Magranville, qui dirige avec son père Guy l'entreprise de métallerie Territoire, basée à Marseille. Et pour le mettre en application, ce dernier jure par une recette et une seule : insuffler de l'innovation, que ce soit dans les process, les méthodes de management ou l'acquisition d'un outil de production plus moderne. Ce n'est pas forcément le positionnement le plus naturel dans un secteur dit traditionnel, mais pourtant, ça semble fonctionner : le chiffre d'affaires est passé de 3 à 10 M€ en 4 ans, la surface de l'usine a triplé pour atteindre 2 500 m2 et 20 salariés supplémentaires ont été embauchés dans le même laps de temps, portant à présent le nombre de collaborateurs à 45. C'est en effet en 2013 que Guy et Paul Magranville ont repris la structure des mains de son fondateur, Alain Goetschy. Comme quoi, efficience économique et positionnement social peuvent aller de pair, puisque Territoire se prévaut aussi du statut d'entreprise d'insertion. "Nous cherchions à racheter une structure typée industrie, mais nous voulions aussi donner du sens à notre business. Le caractère social fort de Territoire et sa viabilité économique nous ont décidés à passer le cap", raconte Paul Magranville.

Sortir du schéma classique

Dans le domaine social, Territoire a aidé jusqu'ici près de 250 personnes à se réinsérer dans la vie professionnelle, enregistrant un taux de sortie de 76 %. "Cela est parfois un vrai pari, puisque les profils des candidats sélectionnés ne sont pas toujours typés métallerie. Or, notre métier demande un grand niveau de technicité... La sélection se fait aussi selon le parcours de la personne, ce qu'elle peut nous apporter par les compétences qu'elle a acquise". Ces derniers sont formés ensuite via binôme avec des collaborateurs qualifiés de la structure. Au final, cette politique permet de compter sur une véritable richesse de compétences.

Mais se démarquer dans le secteur, cela passe aussi par l'investissement dans un outil plus moderne.

"Lorsque nous sommes arrivés il y a quatre ans, Territoire se cantonnait à la métallerie classique. Nous avons souhaité diversifier les activités en mettant en place de la menuiserie aluminium, acier, ou encore PVC, cette dernière nous évitant de faire appel à des fournisseurs. Un atelier de tôlerie a également vu le jour... Nous avons également été parmi les premiers à investir dans certaines machines vouées à la découpe laser ou au retournement de pièces lourdes. Et embauché des dessinateurs 2D et 3D, ce qui est loin d'être le cas partout, puisque nombre d'entreprises de métallerie en passent encore par le croquis à la main".

Un ERP spécifique développé en interne

Un profil qui permet à Territoire de se positionner sur le sur-mesure - "ce qui est rare pour des entreprises de notre taille", précise Paul Magranville - et de cibler essentiellement la commande publique.

"Avec un cœur de métier : la maintenance de bâtiments, principalement les établissements scolaires, collèges, lycées, écoles... mais aussi casernes, bureaux, gymnases, locaux de la Poste... Nous intervenons par exemple quand il est question d'extensions relatives à de la mise aux normes, de projets d'aménagement... Faire du sur-mesure dans le cadre d'appels d'offre, c'est l'ADN de Territoire : notre configuration nous permet d'être flexibles et réactifs. Cela nécessite aussi d'être au plus près de nos clients, qui restent avant tout régionaux. Pour ce faire, nous nous sommes aussi développés par la croissance externe, en créant à Nice la Société Nouvelle Degivry et en rachetant Bonzi, située à Bagnols-sur-Cèze".

Trois structures pour demeurer au cœur des trois zones stratégiques déterminées par les repreneurs : Marseille, le Vaucluse et les Alpes-Maritimes. "Mais ce positionnement exige aussi une organisation sans faille", relève encore le jeune dirigeant. C'est pour cela qu'ultime fleuron d'innovation de l'entreprise, un ERP spécifique à l'activité de la métallerie est actuellement développé en interne. Une initiative que l'on peut qualifier de pilote, puisque ce type de "logiciel n'existe pas encore sur le marché".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :