Ce que Marine Tech veut pour Helio

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(Crédits : DR)
Cette sphère, imaginée par la start-up basée à Six-Fours, a pour ambition de conquérir le globe. Signe particulier : potabiliser l’eau à moindre coûts, en utilisant les énergies renouvelables.

Comment concilier potabilisation de l'eau et rationalisation des coûts : c'est à cette équation que s'est attelée Marine Tech avec la création d'Hélio. Cette solution repose sur le principe de la distillation solaire. "Il s'agit de pomper de l'eau de mer, qui arrive dans une enceinte et se trouve distribuée dans différents modules grâce au rayonnement du soleil. D'où évaporation... la vapeur d'eau, nettoyée de toutes ses impuretés, coule alors sous forme de gouttelettes le long de la paroi des modules. Ne reste plus qu'à collecter cette eau distillée, reminéralisée", explique Magali Mouriès, directrice commerciale chez Marine Tech, précisant que l'on peut distiller par ce principe toutes sortes d'eaux, y compris les usées ou les croupies. Tout cela prend donc la forme d'une sphère, qui peut, en module unitaire, produire de l'eau potable quotidiennement pour 5 personnes. "Pour subvenir aux besoins d'un plus grand nombre d'utilisateurs, l'idée est d'installer plusieurs modules. On obtient ainsi une ferme".

Durabilité

Plusieurs acteurs se sont déjà positionnés sur ce segment de marché, mais la valeur ajoutée d'Helio, tient à son exploitation des EnR,  ce qui lui permet de fonctionner de façon indépendante... et à moindre coût. "Nous avons choisi des matériels moins couteux, nous nous affranchisons des énergies fossiles, contrairement aux systèmes concurrents plutôt gourmands en carburants. Nous avons par ailleurs simplifié le système, qui est transparent, facile à entretenir et à transporter. La sphère a également été conçue de façon à ce qu'elle ait une durée de vie de 20 ans, réduisant de fait les coûts de maintenance".

Maîtrise de la chaîne de production

Près de trois ans ont été nécessaires pour développer cette solution, le projet ayant démarré en 2014. Aujourd'hui matérialisé par la réalisation d'un prototype, Hélio entre en phase de démonstration, avec l'installation ce 11 octobre (et ce pendant trois mois) d'une ferme de six modules à Saint Raphaël, à la faveur d'un partenariat avec la Ville. A l'issue de cette période, l'équipe de Marine Tech devrait passer à l'industrialisation réalisée au sein de ses locaux. "Nous avons obtenu des fonds FEDER, l'Union Européenne et la Région PACA nous accompagnent pour faire l'acquisition des machines" qui composeront les futures lignes de production. Avec l'objectif de fabriquer 2 000 sphères par an.

La commercialisation, quant à elle, devrait débuter fin 2018 ou début 2019. "Nous sommes toujours à l'étude en termes de stratégie, mais l'idée est de travailler en partenariats avec les grands donneurs d'ordre, les associations, les grands industriels qui œuvrent dans le domaine de l'eau dans leurs pays respectifs". Sachant qu'Helio s'adresse bien sûr prioritairement aux territoires qui doivent composer avec la raréfaction et donc la sécurisation de ses ressources en eau. "Ce qui est somme toute le cas sur tous les continents. On pense forcément à l'Afrique, mais l'Asie, notamment l'Inde, qui se heurte à un manque d'eau potable, les Amériques, du Sud et centrale bien sûr, mais aussi la Californie se heurtent aussi à cette problématique". L'Europe non plus n'est pas épargnée, puisque le sud de l'Espagne s'est déjà mobilisé sur la question de la réutilisation des eaux usées... Ainsi, le succès d'Helio dépendra de sa capacité à s'exporter au-delà de l'Hexagone. Pour autant, Marine Tech ne mise pas uniquement sur cette nouvelle solution, puisqu'elle génère déjà du chiffre d'affaires (plus de 300 000 € en 2016) par d'autres activités : l'exploration et le captage de sources sous-marines d'eau douce, la dépollution marine et la conception et la production de drones marins de surface pour l'hydro-océanographie.

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