TBC-France affiche son ambition sur le marché des robots de défense

 |   |  696  mots
(Crédits : DR)
En installant sa filiale française à Aix-en-Provence, le groupe canadien compte adresser le marché des robots de surveillance autonomes et celui des scanners 3D avec une offre qui, assure-t-il, lui permet de se différencier.

Depuis quelques mois, c'est à Aix-en-Provence que TBC-France a installé son siège social. Filiale à 100 % du canadien TBC, elle est l'entité chargée de conquérir le marché européen. Auparavant installé en Inde où il dirigeait les activités du groupe, Renato Cudicio dit avoir choisi le dynamisme du territoire aixo-marseillais pour installer la tête de pont qui doit rayonner au-delà des frontières hexagonales.

Valeur ajoutée

Une tête pensante et chercheuse qui vise le marché de la robotique avec au catalogue deux produits spécifiques : les robots de surveillance autonomes et des scanners 3D pour inspecter les dessous de véhicules. Signés SMP Robotics, TBC-France en a acquis la distribution exclusive, persuadée que les perspectives qui font état d'une croissance annuelle du marché des robots de défense autonomes dépassant + 15 % dans les quatre prochaines années méritent bien que l'on s'y intéresse dès aujourd'hui.

"Nous recherchons des solutions uniques, avec une vraie valeur ajoutée, fiables", explique Renato Cudicio qui voit aussi dans le retard de la France en matière de robotisation - 127 robots pour 10 000 salariés contre 301 en Allemagne et 531 en Corée par exemple - une opportunité à le combler.

Meilleurs effets revendiqués

Ainsi le scanner 3D, fabriqué par l'Allemand Tescon est, selon Renato Cudicio, l'un des rares "au monde à permettre une image 3D du dessous du véhicule", une zone encore parfois contrôlée grâce à un... miroir, soit "zéro efficacité" dit le dirigeant. Ici un outil doté d'intelligence artificielle permet de comparer le châssis scruté avec un châssis habituel, "avec une efficacité 100 fois plus forte que l'intervention humaine. L'espionnage industriel est une réalité, une réelle problématique. Comme les vols dans les centres logistiques".

Le robot autonome de surveillance, promet, lui de transmettre l'image en temps réel, de détecter une présence humaine dans des endroits où cela est interdit. "Le robot assure une présence sur le terrain ce qui a pour effet d'être dissuasif. Il est capable de détecter une anomalie de quelques millimètres", ajoute le président de TBC-France.

Commercialisation début 2018

Arrivés en mars, les prototypes des deux produits sont en phase de certification pour le marché français et servent en attendant la commercialisation programmée pour début 2018, pour des démonstrations chargées de prouver concrètement la différenciation annoncée. "Nous sommes en phase de pédagogie", avance Renato Cudicio. Les secteurs visés sont le commerce de détail, les parcs de loisirs, la grande industrie comme la pétrochimie ou encore les activités portuaires. Toutes ces zones de logistiques, vastes mais fermées, le robot ne pouvant être présent dans un lieu public.

"Nous parlons également aux clients finaux et aux sociétés de gardiennage qui ont bien compris que nous ne venions pas prendre des parts de marché mais que nous proposons des produits qu'elles peuvent totalement intégrer dans leur offre et qui valorise l'activité des agents sur le terrain". Autre intérêt suscité, celui des collectivités.

Saut en hauteur ?

Renato Cudicio en est persuadé, "la France va rattraper son retard, les technologies sont disponibles et peu de personnel est encore formé en robotique". Evidemment, la concurrence ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez. "Notre objectif est d'être le n°1. Nous avons un rôle de missionnaire, il faut prendre le temps d'expliquer ce qu'apportent les produits. Pas seulement sur le terrain mais dans l'entreprise, comme la réorganisation des RH".

Et le made in France ?

Si la certification des machines devrait être effective d'ici peu, TBC-France n'en n'oublie pas pour autant le made in France et modifie ses produits en intégrant des composants français dès que cela est possible pour des pièces qui sont interchangeables. "Nos machines devraient être quasi-françaises d'ici 2 ans", annonce Renato Cudicio, ravi de dépasser son rôle d'importateur/distributeur. L'objectif est aussi made in Provence et de valoriser des entreprises du bassin puisque l'envie est de faire que les machines puissent revendiquer une part à 30 % "régionale".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :