Le pari américain de STid

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(Crédits : Flickr/Perspecsys Photos. CC License by.)
La PME installée à Gréasque dans les Bouches-du-Rhône, tente d'investir le marché nord-américain en y installant une filiale dès 2018. Une extension qui pourrait passer par la Floride pour pouvoir atteindre aussi l'Amérique du Sud.

Si elle a d'abord vu le jour à Paris, en 1996, c'est très rapidement que STid - acronyme pour Système et Technologie d'Identification - s'installe dans les Bouches-du-Rhône, les possibilités de pouvoir embaucher des ingénieurs lui faisant préférer le Sud à la région parisienne. Et si tout commence dans le garage de son fondateur, l'entreprise engage son développement, doucement, sur fonds propres, en s'appuyant sur la technologie RFID. Une technologie utile pour ce qui le contrôle d'accès et la sécurité, les métiers historiques de STid.

Changement de cap

En 2000, l'entreprise ouvre une division traçabilité industrielle. Une bonne idée sur le papier qui ne fonctionne pourtant pas, "le marché n'étant pas mûr", estime Pierre-Antoine Larrera de Morel, le directeur commercial de STid. L'arrivé de l'UHF "ouvre alors des horizons que nous n'avions pas imaginé". A cela, s'ensuit un changement de management, avec l'arrivée à la tête de l'entreprise de Vincent Dupart. "Nous souffrions alors d'un manque d'investissement dans le commercial", se rappelle Pierre-Antoine Larrera de Morel. Le nouveau PDG va affiner la stratégie. Et de fait voici les équipes R&D et commerciales ne plus travailler en mode produits mais en mode projets.

Hélicoptère du futur

L'activité de l'entreprise dès 2008, se tourne vers l'intégration de la RFID dans le projet d'hélicoptère du futur porté par Airbus Helicopters. L'application de la technologie permet le suivi et la maintenance des pièces, la solution mettant à jour directement les informations dans la machine sans démontage de ces dernières. "Nous avons environ 140 tags répartis entre le nez, le rotor, la queue", explique Vincent Dupart. Le challenge étant de gagner le plus de place possible, les tags pesant moins de 8 grammes et étant dotés d'une mémoire durable. "Nous savons mettre à jour toutes les informations dans les tags ce qui permet d'être à la pointe en terme de maintenance. Une fois la pièce démontée, son historique la suit ce qui comprend le nombre d'heures de vol et l'historique de maintenance", détaille Pierre-Antoine Larrera de Morel. Ce programme, qui comprend 3 tranches, a vu la première prendre fin en 2011, mobilisant 2 M€ d'investissements et une équipe de R&D entièrement dédiée, travaillant à de constantes nouvelles solutions. "Cette solution sert pour tout ce qui concerne l'embarqué et des secteurs exigeants". Elle est aussi applicable dans des secteurs connexes, tels le relevé de configuration et la logistique. STid équipe ainsi depuis début 2017 l'armurerie de la police de Marseille.Si cette activité est la plus récemment développée, elle représente 30 % de l'activité de l'entreprise.

Solution via le téléphone

Mais ce qui porte l'entreprise, c'est sa capacité à mettre de la sécurité dans le badgage. C'est-à-dire à protéger celui-ci et à sécuriser les données envoyées. "C'est la donnée, la valeur la plus chère", note Vincent Dupart. STid accélère sur cette partie il y a 4 ans en mettant au point une solution via le téléphone. "Un badge cela se prête ou s'oublie ce qui introduit des failles. Un téléphone non", note le PDG de l'entreprise provençale. Et de fait, les directeurs de sécurité eux-mêmes plébiscitent cette utilisation plus sécure. Afin de réduire la contrainte du badgage, STid met au point une solution d'identification qui joue sur l'effet main - tap tap ou slide - le téléphone étant lu à distance, fonctionnant grâce à la technologie bluetooth. Cette année, une nouvelle évolution de cette solution a été mise au point, permettant de distribuer le badge à son utilisateur par mail. Une nouvelle technologie maline mais qui bouleverse les habitudes, entraînant de fait, des cycles de commercialisation longs.

Ouverture de filiale

2018 devrait voir la création d'une filiale, peut-être posée à Miami nécessitant pour cela le recrutement - actuellement en cours - de 4 personnes. Une création qui vient couronner deux années de présence déjà sur le marché américain. C'est d'ailleurs aux Etats-Unis que réside le principal concurrent, HID.

Mais surtout, Miami serait la parfaite place grâce à son positionnement géographique pour adresser l'Amérique du Sud. L'autre option pourrait être le Texas, un territoire dont l'économie vaut deux fois celle de la France. "Lorsque l'on est Français et que l'on vient concurrencer un Américain, mieux vaut avoir les reins solides" indique Pierre-Antoine Larrera de Morel. "Et puis nos clients américains nous demandent d'être présents aux Etats-Unis". Mais surtout, le marché outre-Atlantique est prometteur, les Etats-Unis étant en retard sur la technologie. "Les migrations vont se faire maintenant". STid devrait donc "prendre du poids dans les 5 ans à venir" assure Vincent Dupart. D'ailleurs le chiffre d'affaires devrait atteindre 20 à 30 M€ d'ici 2022. Les clients de STid sont les intégrateurs et les constructeurs de systèmes, qui vendent eux, aux clients finaux que sont les banques, les assurances, les entreprises tertiaires et celles du luxe.

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