Ken Singer - Berkeley : "Nous devons apprendre aux étudiants à échouer"

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(Crédits : DR)
Alors que Nice accueille l'European Innovation Academy pour la seconde année consécutive, l'un de ses mentors, directeur du Center for Entrepreneurship and Technology de l’Université Berkeley, dit comment donner le goût d'entreprendre et pourquoi la France peut devenir un leader sur le sujet.

C'est le plus grand programme d'accélération grandeur nature. Depuis début juillet - et jusqu'au 22 - Nice et le campus de l'Université Nice Sophia Antipolis accueille 550 étudiants et chercheurs venus de 65 pays. Un rendez-vous pure technologie qui doit amener les équipes formées à réfléchir aux nouveaux services et produits innovants capables de rencontrer un marché.

Apprendre les difficultés

Si le programme est concocté par Stanford ou UC Berkeley et si même Google apporte sa pierre à l'édifice, c'est que le but est de faire émerger les bonnes idées et ressortir le meilleur de ceux qui les imaginent.

Parmi les mentors de cette session, Ken Singer apporte sa vision de ce qu'est entreprendre dans l'innovation. Et ce n'est pas un long fleuve tranquille, loin s'en faut.

"Nous devons innover et ce même dans la façon d'éduquer", dit celui qui explique que de l'aventure EIA, "certains projets - très peu - vont éclore - et d'autres vont échouer", mais que ce qui compte c'est "de distiller le meilleur apprentissage", ce qui passe par l'échec. Mot et notion honnis en France mais pourtant ô combien essentiels dans l'apprentissage.

"L'échec est vu comme une mort sociale mais nous devons apprendre aux étudiants à échouer. Ils doivent apprendre à essayer plusieurs choses, à collaborer pour être plus forts quel que soit le chemin choisit. Le plus important est que les étudiants aient une expérience, qu'ils apprennent à être indépendant, à entreprendre par eux-mêmes".

La techno, mais pas que...

Le cœur de l'expérience, ce n'est donc pas monter le meilleur produit, mais apprendre une attitude, une façon d'entreprendre. "L'important ce n'est pas la technologie mais comment la technologie peut aider à résoudre les problèmes d'aujourd'hui", dit Ken Singer.

"Qu'est-ce qu'une start-up si ce n'est avant tout un exercice qui s'appuie sur le travail en équipe et la collaboration".

La France, leader ?

Si Ken Singer estime que Nice possède tout l'écosystème qu'il faut pour innover, il se dit "confiant pour l'avenir de la France qui peut émerger en tant que leader de l'entreprenariat. La France a toujours été résistante au changement mais quand elle a compris ce que cela peut lui apporter, elle se révèle la plus passionnée". Ce qu'il faut retenir, au final, "c'est qu'il faut sortir des règles existantes et réfléchir autrement". CQFD

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