On ne saura jamais comment réduire l'usage de la voiture...

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(Crédits : DR)
C'est ce qu'on peut penser actuellement lorsque l'on regarde par exemple la quantité de voitures stockée dans les parkings des gares et des aéroports.

Et pourtant ! On s'est tous dit un jour, "C'est un enfer pour se garer quand je vais prendre le train !" Prix excessifs des parkings, parcs de stationnement toujours saturés, embouteillages autour des gares... de quoi faire enrager les usagers des transports en commun qui se retrouvent de facto souvent bloqués eux aussi dans les embouteillages !

Face à ça, les collectivités tentent de trouver des solutions. La plupart du temps en proposant toujours plus d'infrastructures. Des parkings, encore des parkings ! Et quand il n'y a plus la place d'en construire en surface, on les enfouit en souterrain. Des investissements très couteux pour la collectivité comme pour l'usager qui, en plus de voir flamber ses impôts locaux, doit s'acquitter d'un ticket de stationnement. On se sent un peu pris en otage, non ?

Autre solution développée par les collectivités : la mise en place de parcs relais situés à quelques kilomètres des gares et des aéroports. Les prix sont plus économiques et des navettes assurent une liaison régulière. Pourtant, ces parcs restent la plupart du temps quasi-vides, étrangement boudés par les usagers.

Et s'il existait des solutions au tout bitume ? Et si on pensait les déplacements autrement ?

Prenons l'exemple significatif de la gare TGV d'Aix-en-Provence (13). Construite en pleine nature, à 18km du centre-ville, elle dispose aujourd'hui de 12 parkings avec 3 500 places de stationnement. Pour les 3,5 millions de passagers qui la fréquentent, c'est bien trop peu. Ils trouvent alors des solutions illégales et dangereuses en stationnant où ils peuvent : trottoirs, bas-côté des bretelles d'accès de la Départementale... C'est mal ! Mais qui ne l'a pas fait ?

Alors qu'à 10 minutes en bus de là, un parc relais flambant neuf, desservi par une navette de liaison, reste désert. Pour solutionner en partie cette situation, le gestionnaire des parkings de la gare vient de déposer un permis de construire pour 850 places supplémentaires. Quand on sait qu'une place de parking coûte plus de 1 000 euros, la facture s'annonce encore salée ! Et pour quels résultats ? L'offre sera encore insuffisante, peu d'emplois créés et aucun argument ne joue en faveur de la préservation de l'environnement : imperméabilisation des sols, concentration de la pollution de l'air, de la pollution visuelle... de grands parkings avec des voitures dessus, on fait mieux pour attirer le tourisme !

Alors quelle est cette solution miracle ?

Une nouvelle technologie ? Cela fait 30 ans que l'on nous berce d'illusions en nous faisant croire que de nouvelles technologies vont venir à notre secours, que nous pourrons continuer à consommer, sans polluer...

Si on offrait plutôt un coaching à chaque voyageur de la SNCF, tous pourraient adopter de nouvelles habitudes de déplacement. Trop cher me diriez-vous ? Pas si sûr au regard des dépenses actuellement engagées pour toujours plus de routes, de parkings, de soins médicalisés pour traiter les dégâts causés par la pollution sur notre santé...

En plus, on ne vous a pas tout dit !

En fait, des chercheurs américains ont découvert, il y a plus de 50 ans, comment il était possible d'accompagner des changements de comportement pour vivre plus heureux, en consommant beaucoup moins. Vous pensez bien que les américains ont vite caché ce type de découverte !

Certains ont repris à leur compte cette recherche, et avec un certain succès d'ailleurs. Un exemple : à Perth en Australie, en 18 mois de coaching (les changements de comportement ça prend du temps), ils ont obtenu une réduction de 10 % de l'usage de la voiture en coachant individuellement une centaine de personnes intéressées par la démarche.

Une start-up made in Provence est allée plus loin. Après cinq années de recherche et développement, elle a développé de nouvelles méthodes qui fonctionnent à plus grande échelle !

Une première démonstration de l'efficacité de la démarche a été lancée dans un petit village gaulois en Provence (!) qui n'a pas résisté à la tentation de se lancer dans l'aventure du moins de voiture plutôt contre le plus de parking ! Ce village, c'est Ventabren. Ici, pas de gare mais une circulation très dense autour des écoles maternelles et primaires. Avec un coaching personnalisé et un accompagnement sur plusieurs mois, c'est plus de 70 % des parents d'élèves et riverains des écoles qui ont changé au moins un de leur comportement en faveur de la marche à pied, du vélo ou encore de la conduite écologique.

Pour commencer, ils ont tous accepté d'essayer un nouveau petit geste simple dans leur quotidien (je gonfle mes pneus à la bonne pression, je remplace un court trajet en voiture par un déplacement à pied...). Puis, le dispositif innovant socio-numérique déployé par la commune leur a proposé un défi collectif : réduire le nombre de voitures autour de l'école. Et ainsi désengorger le parking (et éviter par la même occasion d'avoir besoin de l'agrandir) et réduire l'émission concentrée de gaz d'échappement là où tous les enfants jouent le matin...

Et bien avec cette nouvelle méthode inédite et, grâce à la confiance des habitants sur leur capacité à relever ce défi (avec les gestes qu'ils avaient déjà réussis, ils étaient déjà conscients d'avoir réalisé chacun individuellement un pas... à pied... dans la bonne direction), un défi collectif a été un grand succès. Ce jour là, la commune a mesuré une baisse de la quantité de voiture autour de l'école de 50 % et une augmentation de 35 % du nombre d'enfants dans les voitures (les parents se sont organisés pour co-voiturer). Après le défi collectif, certains ont repris leurs habitudes, car changer les comportements c'est quelque chose qui prend du temps, mais pas tous ! A l'issue de ce coaching personnalisé, des changements pérennes sont constatés : + 7,2 % du nombre d'enfants par voiture (augmentation du covoiturage) et + 13,8 % d'enfants qui viennent à l'école à pied ou à vélo.

Quelle tranquillité de gagner ! Avec moins de bruit de moteur, on peut enfin profiter des rires des enfants autour de l'école.

Mais alors comment procéder dans le cas d'une gare ?

Cette même start-up made in Provence propose une solution. Ou plutôt une expérimentation, qui pourrait être conduite par la SNCF avec l'appui de la Métropole. A chaque billet vendu pour un trajet domicile travail entre Aix-en-Provence et Marseille, la SNCF pourrait proposer un coaching gratuit aux 1 000 premiers voyageurs. Cela permettrait aux participants d'essayer en toute liberté de petits gestes simples qui leur apporteraient du confort dans leur quotidien. Tout en étant en rapport avec l'objectif initial fixé avec la SNCF : faire arriver 50 % de ces voyageurs en transport en commun à la gare TGV d'Aix-en-Provence en 18 mois.

Une fois quelques gestes réussis individuellement et la confiance obtenue des participants, il deviendra alors possible de fixer un objectif collectif à cette petite communauté des 1 000 voyageurs testeurs... Feront-ils aussi bien que les 700 familles du petit village gaulois en Provence ? A bon entendeur !

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