L’éolien flottant, futur pilier de la croissance bleue ?

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(Crédits : DR)
Les 10 et 11 mars derniers, Marseille était la capitale de l'éolien flottant. Une technologie qui, si elle ne rivalise pas encore avec ses "cousins", l'éolien terrestre et l'éolien en mer posé, est promis à un très bel avenir. Certains industriels ont d'ailleurs déjà mis le cap sur ce nouveau canal de croissance bleue.

L'éolien offshore flottant, secteur émergent relevant encore de la R&D, a encore de la route à faire afin de s'imposer face à l'éolien en mer posé. Mais force est de reconnaître qu'il en pose les jalons... C'est ce qu'a tenté de montrer, notamment, les 3èmes Rencontres scientifiques et technologiques de l'éolien offshore flottant organisées à Marseille début mars.

Ce rendez-vous - et c'est déjà un signe positif - a pris une dimension internationale. "J'ai moi-même ouvert mon carnet d'adresses pour y inviter des noms, des références hors de nos frontières. D'ores et déjà, l'année prochaine, nous espérons doubler le nombre de participants et atteindre un ratio de 50% d'étrangers", explique Bruno Geschier, directeur commercial et marketing de l'entreprise Ideol, mis à contribution en tant qu'animateur de ces rencontres. "Le fait qu'elles se déroulent en France, en PACA, a mis la façade méditerranéenne sur la carte mondiale de l'éolien flottant", analyse-t-il encore.

Un objectif de 3 GW en Méditerranée d'ici 2030

Une France qui regarde avec un intérêt manifeste vers ce nouveau marché. Et qui multiplie les initiatives permettant de tester ces turbines flottantes... Ainsi, l'appel à projets publié par l'Ademe le 5 août dernier, clos le 4 avril prochain et relatif à l'installation de fermes pilotes éoliennes flottantes au large du Languedoc-Roussillon, de PACA et de la Bretagne, va en ce sens. Condition sine qua non au développement ultérieur de fermes commerciale...  L'enjeu est de taille : avec une part des EnR fixée à 32% de la consommation énergétique à horizon 2030 (objectif gravé dans le marbre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte NDLR), impossible de se passer de l'apport de la croissance bleue... et notamment de l'éolien flottant, en raison de sa capacité à être installé au large, à une profondeur de plus de 50 mètres. Dans cette optique, le cluster France Energie éolienne propose ainsi d'atteindre, d'ici 2030, 40 GW d'éolien terrestre, 15 GW d'éolien en mer posé et 6 GW d'éolien flottant. Dont 3 GW en Méditerranée et 3 GW sur les façades maritimes occidentales de l'Hexagone.

Mais l'enjeu se pose aussi en termes de compétitivité hors de nos frontières. A l'échelle internationale, le lancement de projets de fermes pré-commerciales au Portugal, en Ecosse ou au Japon confirme l'émergence de cette nouvelle filière industrielle. Des pays qui souhaitent donc se positionner en leaders sur l'éolien flottant et encouragent leurs entreprises dans cette voie. Ainsi, selon France Energie éolienne, il demeure essentiel pour la France d'accompagner ses poulains afin qu'ils puissent continuer à rivaliser à l'export. A noter que plusieurs acteurs tricolores s'illustrent déjà parmi les pionniers de l'éolien flottant au niveau mondial. En PACA, outre Ideol, "seule entreprise au monde à générer aujourd'hui du chiffre d'affaires d'ordre commercial", appuie Bruno Geschier, il y a les deux aixoise d'adoption, Principle Power qui y a établi son siège France ainsi que la Lilloise Nenuphar. Au nombre des développeurs et exploitants, on compte à l'échelle nationale avec EDPR, Engie, Eolfi, Quadran...

Anticiper les évolutions de la filière

Ainsi, pour les acteurs de l'éolien offshore flottant, nul doute que ce dernier sera bientôt un pilier de la croissance bleue.

"Depuis quelques années en effet, on se focalise sur l'éolien terrestre et l'éolien en mer posé. Mais le flottant arrive, et il va s'imposer", assure Bruno Geschier. "Le 11 mars dernier, dans son discours de clôture, Giles Dickson, directeur général de l'Association européenne pour l'énergie éolienne (Ewea) a renvoyé un message fort. Il a insisté sur le fait que si l'Europe veut atteindre ses objectifs en termes d'EnR, il faudra aussi passer par ce dernier. Ses propos nous donnent plus de crédit. Car nous, nous avons identifié ce marché depuis déjà 5 ans".

Et l'idée de Fowt'16, c'est justement de faire passer ce même message à de potentiels investisseurs.

"Le dialogue a été engagé. A présent, il faut faire en sorte que se crée une dynamique. Le but est que les investisseurs ne se focalisent pas seulement sur le posé s'ils ont des deniers à mettre dans des projets EnR en mer".

Pour le directeur marketing d'Idéol, toutefois, l'éolien flottant ne doit pas être vu comme une alternative au posé : "il s'agit plutôt de deux technologies complémentaires, qui vont se croiser. Mais aujourd'hui, elles doivent cohabiter. D'ici 2025, le flottant devrait être plus compétitif".  Il appartiendra cependant à la filière d'anticiper ses futures évolutions, soulève-t-il encore. "Nous allons passer, sous une décennie, à l'éolien flottant 2.0. Les éoliennes vont devenir de plus en plus grandes. D'ici 10 ans, les turbines vont atteindre les 10Mw. Actuellement, elles tendent progressivement vers les 6 Mw. L'entreprise Siemens travaille déjà en ce sens... La question, c'est quelles technologies flottantes seront en mesure de répondre à cela ? Quels flotteurs pour les grosses turbines de demain ?"

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