Comment Ellcie-Healthy invente la première lunette connectée intelligente

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Philippe Peyrard et le prototype de sa lunette connectée intelligente, développée à Nice.
Philippe Peyrard et le prototype de sa lunette connectée intelligente, développée à Nice. (Crédits : DR)
Anti-endormissement, capable de mesurer l'activité ou de prévoir les chutes, telle est la lunette imaginée et quasi-finalisée par la start-up installée à Nice. Qui pour mener à la mise sur le marché prévue en 2017 s'entoure notamment des compétences des laboratoires azuréens.

C'est la petite histoire que Philippe Peyrard aime bien raconter. Si l'ancien directeur général d'Atol est "descendu" en terre niçoise, c'est parce qu'un certain ministre de l'industrie lui avait alors vanté un écosystème local performant. Lorsqu'il quitte la chaîne coopérative d'opticiens après vingt ans de bons et loyaux services, c'est presque logiquement qu'il suit les conseils de Christian Estrosi et arrive à Nice avec dans ses bagages l'idée de lunettes connectées intelligentes. Il faut dire que l'inventeur de la Téou - cette lunette géolocalisable - c'est lui. Sur le sujet donc, Philippe Peyrard avait des certitudes et quelques idées. Des idées qu'il s'emploie à concrétiser au sein de la start-up créée au printemps dernier.

Mesurer le comportement

Secondé par trois collaborateurs - un directeur général ex-Amadeus, un alternant venu de Polytech et une professeur de médecine, Philippe Peyrard travaille à mettre au point une lunette capable de traiter des données et d'avoir des fonctionnalités pratiques. Avec trois indications : anti-chute - ce qui intéresse la silver économie notamment - anti-endormissement et mesure de l'activité.

Des lunettes intelligentes, connectées et qui évidemment utilisent la fameuse data. C'est même autour de cela que se construit le business modèle d'Ellcie Healthy qui veut faire de cet objet du quotidien, un objet en réalité capable de mesurer par exemple les micro-chutes de la tête, révélatrices de l'état de vacillité du senior, ou le clignement des yeux, annonciateur de l'endormissement.

Produits grand public

Evidemment, si cette lunette ressemblera au final à n'importe quelle lunette habituelle, celle développée par la start-up niçoise est bourrée de capteurs et de cartes électroniques afin de récupérer les données et de gérer leur transmission soit à un smartphone ou à tout autre device tout aussi intelligent. Dans le cas d'un senior dont la chute possible serait détectée, c'est par exemple le corps médical qui serait alerté. Dans le cas de l'endormissement au volant, cela pourrait être les autres passagers du véhicule.

Mais à la fois pour aller plus vite et surtout être précis dans les données à prendre en compte, Ellcie Healthy s'appuie sur certains laboratoires azuréens. C'est le cas notamment avec l'INRIA pour ce qui est des algorithmes et de la modélisation ou avec le Lamhess, le laboratoire de l'UFR Staps qui fournit en informations sur la recherche en sport et sur les problématiques musculaires par exemple.

"Les laboratoires nous aident à mettre au point des produits commerciaux grand public", explique Philippe Peyrard qui sait que son marché est vaste avec 65 % de personnes portant des lunettes en Europe, pour 75 % aux Etats-Unis et 90 % en Asie, un marché évidemment très regardé et où des contacts ont été noués lors de la mission économique menée mi-octobre par Christian Estrosi.

Applicatifs multiples

Si Ellcie Healthy s'entoure des compétences scientifiques et techniques, son président insiste bien sur sa volonté de "vouloir conserver la maîtrise d'œuvre de tout ce que nous faisons. Nous sous-traitons à des entreprises qui peuvent apporter de la valeur". Actuellement un prototype est en cours de développement afin "d'étudier le positionnement idéal de nos capteurs. Nous affinons également le choix des données qui nous serons le plus utiles : est-ce le clignement des paupières par rapport aux bâillements qui nous intéresse le plus, est-ce la micro-chute de tête ? Il faut désormais que nous ayons suffisamment de data à traiter pour classer les informations essentielles", dit Philippe Peyrard qui envisage des applicatifs jusque dans le suivi et la vérification de l'efficacité d'un traitement prescrit. L'objectif est une mise sur le marché dès 2017 pour une monture sans verres.

Levée envisagée

Un tour de table sera sans doute réalisé une fois le produit fin prêt afin de maximiser la levée. Aujourd'hui Ellcie Healthy se gère sur fonds propres et devrait bénéficier d'un coup de pouce de Bpifrance. Cet apport en monnaie sonnante et trébuchante permettra à la jeune entreprise de muscler son équipe d'ingénieurs, d'autant que le but est bel et bien "d'internaliser les valeurs primordiales de l'entreprise". Après la Chine, c'est en Israël que Philippe Peyrard va prospecter. "Nous voulons rester ouverts à 360° sur ce qui se passe dans le vaste monde", dit-il. Mais l'une de ses préoccupations est également de générer des publications scientifiques, afin "de valider nos avancées". Et de faire ainsi de la lunette un objet connecté doublement intelligent.

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