Hysilabs, la start-up qui carbure... à l'hydrogène

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La start-up qui développe du carburant à base d'hydrogène, se différencie grâce à son brevet qui lui permet de le faire transiter à l'état liquide et non gazeux.
La start-up qui développe du carburant à base d'hydrogène, se différencie grâce à son brevet qui lui permet de le faire transiter à l'état liquide et non gazeux. (Crédits : DR)
Développant le carburant alternatif que constitue l’hydrogène, la jeune entreprise basée à Aix-en-Provence poursuit sa route et diversifie ses axes de développement. Elle s’ouvre à de nouveaux marchés… et parle d’export.

L'aventure se poursuit pour Hysilabs. Pour mémoire, Pierre-Emmanuel Casanova et Vincent Lôme, fondateurs de la start-up, sont les nouveaux pères du carburant de demain que constitue l'hydrogène. Sa spécificité étant que la méthode brevetée et déposée par les deux entrepreneurs le fait transiter à l'état liquide et non gazeux, facilitant donc le transport et le stockage. Couplé à des piles à combustibles, l'hydrogène made in Hysilabs permet de produire de l'électricité.

Un procédé alternatif qui commence à séduire, aux dires de Pierre-Emmanuel Casanova. Notamment sur le premier niveau de marché identifié préalablement, à savoir celui de l'électro-portativité.

"Nous sommes en train de mettre en place un générateur électrique qui va alimenter une tour de télécommunication version IoT, sur le site du Technopole de l'Arbois. Notre système sera couplé à du photovoltaïque et viendra en renfort de ce dernier. Autre partenariat en cours, la signature d'un accord avec Icade la Foncière, visant à fournir un groupe électrogène avec notre carburant, version stationnaire, pour alimenter un de leurs bâtiments. Nous commençons avec une petite puissance, puis nous passerons progressivement à la cadence supérieure".

Touches auprès de centres logistiques

La levée de fonds lancée par les deux fondateurs est quant à elle toujours en cours.  Volumétrie souhaitée : 1,5 M€. "Cela nous permettra de nous lancer dans des projets aux côtés de grands groupes et d'envisager l'industrialisation de nos systèmes. Nous avons en effet établi des contacts avec des acteurs de la logistique, du bâtiment, du maritime et de l'aéronautique". L'idée étant de répondre au cas par cas aux besoins de ces industriels et de partir sur du co-développement. Exemples : alimenter à l'hydrogène un chariot élévateur et sortir du système de batterie classique. Ou encore, fournir de l'électricité sur un bateau, contraint par la législation à éteindre son moteur à quai et ne pouvant donc s'alimenter par le biais de son carburant.

"Il s'agit pour nous de nouvelles opportunités qui se profilent et de marchés que nous n'avions pas forcément envisagés de prime abord. Ce sont ces acteurs du monde industriel qui sont venus nous chercher suite à nos opérations de communication, pitchs, présences lors de concours, afin de nous demander si nous pouvions offrir des solutions alternatives à leurs besoins".

Ce qui nécessite notamment d'étudier l'aspect réglementaire spécifique de chaque secteur, de déterminer la puissance des systèmes qui leur serait adaptée... "Nous avons notamment de belles touches auprès de centres logistiques et nous serons en mesure de leur faire des propositions concrètes dès 2017". Mais pouvoir développer ces solutions sur-mesure nécessite donc du cash, puisque ces industriels ne sont pas les seuls à mettre de l'argent sur la table. "C'est un risque à prendre ensemble... D'où l'importance de la levée de fonds".

S'ouvrir à l'international

Mais ce 1,5 M€ servira également à renforcer l'équipe, qui compte aujourd'hui 4 collaborateurs. "L'idée étant de trouver des compétences en business développement. Nous venons de recruter un profil de ce type qui, du fait de son expérience aux Etats-Unis, va préparer l'ouverture sur le marché américain". Et Hysilabs a toutes les raisons de porter son regard de l'autre côté de l'Atlantique : la logistique y est un secteur de poids et ses acteurs témoignent d'une forte volonté de passer aux carburants alternatifs. "Les Etats-Unis sont notamment leaders sur les entrepôts avec véhicules à hydrogène". Autre pays dans le viseur des deux entrepreneurs, mais à plus long terme : la Chine, "qui commence à se lancer dans l'environnement". Toutefois, la priorité de la start-up reste le marché européen, d'autant qu'elle est soutenue par l'accélérateur Innoenergy, mettant à profit auprès de ses poulains son réseau de près de 200 partenaires implantés sur le vieux continent.

Enfin, cerise sur le gâteau et preuve que la stratégie de diversification opérée porte ses fruits, Hysilabs commence dès cette année à générer du chiffre d'affaires, "15 000 €, avec l'objectif d'en générer encore 40 000 € dans les deux mois qui viennent. C'est certes un début, mais cela témoigne de la volonté des décideurs économiques de nous faire confiance".

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