Mafiscalite.com, la legaltech qui veut démocratiser le droit fiscal

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(Crédits : DR)
Si l'univers de la legaltech provoque parfois la polémique, la startup créée à Marseille par Jean-René Alonso et l'avocate fiscaliste Eve d'Onorio di Méo a pour objectif de favoriser justement le rapprochement entre le professionnel du droit et le contribuable.

Elle n'est pas une startup qui compte marcher sur les plates-bandes des avocats sans rien connaître du droit. Alors que la legaltech a le vent en poupe et que les initiatives diverses et variées, parfois engagées par des non-professionnels du droit peuvent provoquer l'ire de ceux dont c'est le métier, mafiscalite.com entend, a contrario, renforcer le lien entre le particulier et l'avocat.

"De plus en plus d'avocats se tournent vers le digital", acquiesce Eve D'Onorio di Méo qui considère qu'il est difficile désormais d'ignorer l'impact du numérique sur la profession. "Nous le voyons bien, lors des rendez-vous dans nos cabinets, nos clients viennent en s'étant pré-informés sur le web. Or, hormis, le site du gouvernement, l'information fiscale est inaccessible et incompréhensible. Nous avons donc créé le besoin".

Le droit et le chiffre

Mafiscalite.com propose ainsi des modèles de documents - payants - qui permettent au contribuable d'engager sa procédure seul, mais aussi quatre simulateurs fiscaux et, si besoin de davantage d'informations, une mise en relation avec un avocat fiscaliste. C'est sur ce point-là que mafiscalite.com veut se démarquer. "Il s'agit de replacer l'avocat au centre de la problématique, là où d'autres initiatives l'éliminent", précise Eve D'Onorio di Méo. Ainsi la startup marseillaise vise autant le BtoC que le BtoB. D'un côté, elle s'adresse aux contribuables (particuliers ou entreprises) et de l'autre, en référençant des avocats fiscalistes, elle se présente comme un moyen pour eux d'avoir accès à une nouvelle clientèle. Cependant mafiscalite.com n'ignore pas davantage les autres professionnels du droit et du chiffre que sont les experts-comptables, notaires et CGP qui peuvent également avoir accès aux documents et aux simulateurs.

Conserver l'indépendance

Concernant le modèle économique, mafiscalite.com compte se rémunérer sur la vente des documents, sur l'abonnement des professionnels et sur l'accès aux simulateurs. La déclaration fiscale en ligne, qui devient peu à peu obligatoire, représente également un autre axe pour la startup. Le prélèvement à la source - parce qu'il va engendrer des demandes de remboursement de trop perçu - devrait également s'inscrire dans le business modèle, à l'instar de ce que fait Turbotax aux Etats-Unis. A terme, mafiscalite.com envisage la transmission des documents directement à l'administration fiscale. Car pour Eve d'Onorio di Méo, par souci d'indépendance, hors de question de se rémunérer sur la transaction entre le contribuable et l'avocat, ni même de casser les prix du marché. Quant au chiffre d'affaires généré par la startup marseillaise, si aucun prévisionnel n'est annoncé, on sait que le marché est vaste et que les investisseurs, eux, regardent attentivement le phénomène puisque plusieurs levées de fonds ont été conclues en 2016.

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