Comment Circle fait prendre le virage du numérique aux prothésistes dentaires

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(Crédits : DR)
En s'appuyant sur l'impression 3D des supports métalliques, la société basée à Salon-de-Provence veut démocratiser la prothèse dentaire et soutenir une profession qui souffre, entre autres, de la concurrence étrangère.

Défendre le Made in France et les prothésistes dentaires, c'est le double - et convergent - objectif de Circle. Une bonne intention développée par Philippe Veran, le président de l'ETI Biotech Dental, qui a fait de la fabrication additive l'une des expertises de son groupe. "En dix ans, 27 % des laboratoires de prothèse dentaire ont disparu", note le dirigeant provençal faisant de cette statistique un argument pour dérouler sa stratégie en la matière. Et elle est plutôt maligne, tout autant que simple. Suite à l'empreinte numérique prise par scanners, Circle intervient à partir du fichier produit et fabrique grâce à l'impression 3D les structures métalliques alors que la partie céramique est, elle, conservée par le prothésiste.

Zara plutôt que Prada

Une façon de répondre aux problématiques que rencontre la profession : le besoin d'une plus grande réactivité et de faire face à une concurrence étrangère - chinoise et malgache notamment - qui tire les prix vers le bas et n'apporte pas le même degré de qualité.

"Nous avons travaillé pendant deux ans sur ce projet et déposé 3 brevets qui viennent encadrer ce processus unique", précise Philippe Veran alors qu'au total ce sont 14 brevets qui ont été déposés pour ce qui est des prothèses additives. "Nous devons protéger notre R&D".

Circle a donc pour ambition de permettre "aux praticiens de proposer un produit de qualité au meilleur prix". Et de faire prendre - d'une certaine façon - le virage numérique à une profession sinistrée. "Nous voulons convertir ce savoir-faire artisanal en un savoir-faire numérique. Et surtout, nous ne voulons pas être le Prada mais plutôt le Zara de la dentisterie".

Multiplication

Circle, qui a investi 5 M€ dans le projet, notamment en créant une unité de production dédiée, sait que le marché adressé est conséquent. La PME, qui emploie 10 personnes, vise d'ailleurs un chiffre d'affaires de 50 M€ à 5 ans. "Notre modèle pourrait être déplacé" et même jusqu'en... Chine. "Des solutions techniques peuvent être apportées", estime Philippe Veran. Qui compte faire encore grandir Biotech Dental, l'Entreprise de Taille Intermédiaire étant la seule ETI régionale engagée dans le programme spécifique développé par Bpifrance dont l'objectif est de multiplier par deux le chiffre d'affaires en trois ans.

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