La preuve par trois de Nectar de Code

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(Crédits : DR)
Une SCOP pour maison mère et trois entreprises au total, basées à Pernes-les-Fontaines. Nectar de Code, créatrice de logiciels fondée en 2011, a donné naissance deux et cinq ans plus tard à deux autres jeunes pousses : CastleProd et ClicMuse. Avec pour volonté évidente une diversification des activités.

Mon premier crée des logiciels. Mon deuxième s'illustre dans le jeu vidéo full web, mon troisième a fait sa place dans le domaine de la gamification et mon tout, petit protégé de la French Tech Culture et de The Bridge, sévit du Vaucluse. Mais son rayonnement va bien au-delà... Nectar de Code, qui fonctionne avec le statut de SCOP, a vu le jour en 2011. Avant de le donner à ses deux filiales, CastleProd et ClicMuse. Aujourd'hui encore, cette maison mère cristallise 60 % de l'activité déployée par la douzaine de collaborateurs, à pied d'œuvre sur les trois structures. Même si chacun garde une spécialité, parmi les trois maisons. Et cela, sans compter les intervenants extérieurs, modélisateurs 2 ou 3D, qui se greffent parfois sur les projets. "Nous sommes sollicités pour concevoir des solutions innovantes, des applications qui n'existent. Nous travaillons par exemple avec le Festival de Cannes pour créer une tablette qui recense les traces de mains, façon Walk of Fame. Une sorte de plaque virtuelle... Et ce contrat, nous l'avons eu grâce à la French Tech, qui nous suit et s'intéresse de très près à ce que l'on fait", explique Aurore Huitorel Vetro, l'une des quatre associés fondateurs de Nectar de Code.

Répartition


La gamification représente malgré tout un poids important de la commande publique adressée à l'entreprise. Et sur ce secteur, c'est ClicMuse qui s'y colle... "C'est une grande tendance, et c'est ce qui focntionne le mieux en ce moment. Nous gamifions des villes, des musées, des sites pour permettre de les approcher sur un mode plus ludique, dans l'esprit jeu de rôles. Par exemple, nous avons décroché un contrat avec la Ville de Carpentras afin de concevoir une application qui vise à faire aimer leur ville aux adolescents du cru. Le jeu se passe au temps de la Révolution... Il s'agit de mener une enquête et de se familiariser avec quantité de légendes et d'anecdotes inclues, propres à l'histoire locale", poursuit Aurore Huitorel Vetro. ClicMuse concentre quant à elle 40 % du temps d'activité des trois entreprises. Et le modèle économique est donc, comme pour Nectar de Code, essentiellement tourné vers le BtoB. L'équipe répondant aux appels à projets privés et publics, aux sollicitations d'offices de tourisme utilisant les subventions de leur région.

Un jeu, des prouesses technologiques

Et CastleProd ? Pour l'heure, Space Origin, le jeu que cette filiale, fondée en 2013, a mis au point et en ligne deux ans plus tard, fonctionne d'elle-même. Avec succès, puisqu'elle recense jusqu'ici 20 000 utilisateurs. "Cependant cela risque de changer, puisque nous devrions mettre sur le marché l'année prochaine la version 2. Pendant la phase de développement, nous seront mobilisés à 80 % du temps sur ce projet". Car le jeu en nécessite. Si la première version a eu autant de succès, c'est parce que ses concepteurs ont placé la barre haut en termes de technologie. "Nous sommes parvenus à mettre des contenus très lourds dans des pages web... Le jeu a été remarqué, nous avons fait la première page de titres spécialisés. Il se disait de Space Origin qu'il était le nouveau O.zen, pourtant une référence du genre". Un jeu qui plus est gratuit. Alors comment génère-t-il du chiffre d'affaires ? "Nous sommes dans le free to play, mais nous avons mis en place une boutique interne au jeu. Il  ne s'agit pas toutefois de donner dans le pay to win. Ce n'était pas notre politique, nous ne voulions pas que les joueurs achètent de quoi faciliter leur victoire, plutôt de quoi personnaliser leur vaisseau par exemple, ou mettre en place un système de messagerie, avec des posts s'affichant sur l'écran. Et le système a très bien marché. Les joueurs étaient tellement ravis de la qualité du jeu qu'ils achetaient en boutique en guise de remerciement". Cerise sur le gâteau, les données de cette simulation géopolitique alimentent les études du LIA (Laboratoire informatique de l'université d'Avignon), en ce qu'elles permettent de décrypter les raisons de l'émergence et de la portée au pouvoir d'un leader. Un partenariat qui permet à CastleProd de voir le demi-poste d'un de ses développeurs financé par le laboratoire.

Positionnés sur l'e-santé

Bref, trois entreprises pour une trilogie qui fonctionne. "Nectar de Code a réalisé 400 000 € de chiffre d'affaires l'année dernière, les prévisions pour 2017 devraient voir ce chiffre s'afficher à la hausse". Celui de ClicMuse connaît aussi l'envolée, tandis que l'activité de CastleProd reste stable, assez logiquement. Ce qui devrait évoluer l'année prochaine avec la nouvelle version de son jeu phare. Sans compter de nouvelles perspectives de développement... "Nous entrons au capital d'une entreprise de e-santé, pour laquelle nous développons actuellement une application inédite visant à mettre du lien entre le corps médical, les pharmacies et le patient. Nous concevons également un jeu vidéo pour l'ANFH (Association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier, NDLR), visant à former ses cadres. Et œuvrons également aux côtés de Pôle Emploi, afin de gamifier ses recrutements".

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