Comment RUE pousse les entreprises à se rapprocher des laboratoires

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(Crédits : Rémi Benoit)
Dans la famille du transfert de technologies, Rapprochement Université Entreprise porté par l'association Recherche et Avenir, basée à Cannes, prend le contrepied des dispositifs existants en poussant le monde économique à aller vers le monde académique.

Généralement, c'est plutôt le monde de la recherche qui va vers le monde entreprenarial. C'est même le sens du transfert de technologie, de la paillasse à l'entreprise et les SATT (Société de transfert de technologies) sont exactement là pour ça.

Pas un sens unique

Mais l'inverse doit aussi pouvoir être vrai. Et le sens du transfert, ne pas être un sens unique. C'est cette bonne parole que porte l'association Recherche et Avenir, basée à Cannes, qui a mis au point un dispositif voué à s'approprier une problématique née dans une entreprise, quelque soit son secteur d'activité, et à se tourner vers le chercheur pour y appliquer une technologie innovante.

Baptisé Rapprochement Université Entreprise, cet outil commence à faire sa place dans le monde économique. La Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur l'intègre ainsi désormais dans sa palette de services proposés aux entreprises. De la même façon l'UIMM 06 regarde RUE de près pour l'inclure dans sa propre plateforme en cours de développement.

Servir d'accélérateur

Au niveau national, le fonds F2i, porté par l'UIMM, n'a pas hésité à mettre la main à la poche et à s'engager à financer 3 projets portés par trois entreprises industrielles pour un montant de 30 000 euros, soit 10 000 euros par entreprises sélectionnées, ces dernières engageant également 10 000 euros chacune. Soit un budget par projet de 20 000 euros. "Ce sont les entreprises des métiers de la métallurgie qui ont le plus de mal à se rapprocher des laboratoires", note Stéphanie Godier, la directrice générale de Recherche et Avenir. Et la monnaie sonnante et trébuchante proposée par le F2i doit permettre d'encourager les entreprises à passer du côté du laboratoire. Ce qui est un peu comme remonter le fil de l'innovation. Mais avec, au bout, un problème résolu. Car c'est cela le but : faire venir l'entreprise au monde académique pour que celui-ci résolve une problématique que la TPE/PME elle-même ne peut résoudre en interne ou lui permettre d'aller plus vite dans son processus d'innovation. "Tout cela sert à étendre le potentiel d'innovation", rajoute Stéphanie Godier. Car les labos peuvent faire des tests matériaux, de la simulation numérique et faire profiter les entreprises d'outils dont elles ne disposent pas, bref mener un vrai travail de recherche. "L'entreprise est axée production. Elle ne peut se permettre d'investiguer certaines pistes".

Régionalisation ?

Proactive sur le sujet d'amener les TPE/PME vers le monde de la recherche pour des résultats concrets, RUE pourrait se voir étendu au niveau régional. D'autant que ce dispositif original s'inscrit dans le Stratégie régionale d'intelligence économique et que son côté "proactif" va dans le sens de promouvoir l'innovation régionale. Parce qu'il n'y a pas que les incubateurs ou les accélérateurs pour la faire germer...

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