Qui pour les Smart City Innovation Awards ?

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(Crédits : CC0 Public Domain)
Le digital leur permet de répondre aux nouveaux défis engendrés par la ville intelligente : plutôt dans le quotidien du citoyen, très axé ESS ou répondant aux enjeux de l'agriculture face aux changements climatiques. Les trois startup récompensées lors du Forum Smart City Marseille Méditerranée montrent à quel point la smart city n'est rien sans le smartcitizen.

En ce qu'elle pose de nombreuses problématiques, la smart city offre un large champ des possibles pour les entreprises innovantes. Le Forum Smart City Marseille Méditerranée a été l'occasion ces 14 et 15 septembre de mettre en lumière les pépites les plus prometteuses sur ce sujet.

Et pour désigner les Smart City Innovation Awards, un jury* s'est penché sur les promesses de ces jeunes pousses, à tous points de vue, tant pour ce qui est des capacités de développement que du modèle économique. Le palmarès a été dévoilé lors de la soirée du Grand Opening, organisé par Aix-Marseille French Tech au J1 ce 14 septembre.

CityDrive, le click-and-collect de proximité

Encourager le commerce de proximité tout en facilitant la vie des consommateurs, le tout dans un contexte de digitalisation : c'est le triple effet kiss cool de la solution pensée par Mikael Rizzo, patron de... deux boucheries. Qui a tiré de ses observations ô combien le stationnement à proximité des commerces de quartier est une vraie problématique de fréquentation. CityDrive c'est donc une plateforme et une application mobile. Et la possibilité de passer commande chez plusieurs commerçants en un seul et même clic, pour récupérer ensuite ses achats directement aux horaires préalablement choisis. Après un premier test de validation mené à Venelles en mars 2017, la startup poursuit son maillage pour l'heure sur la zone Venelles- nord d'Aix-en-Provence. Elle prévoit l'intégration d'une quinzaine de boutiques d'ici la fin du mois de septembre puis de doubler le mois suivant. Si elle se consacre pour l'immédiat principalement à l'alimentaire - "car il existe une récurrence des achats", explique Mikael Rizzo - le principe pourrait peut-être être étendu dans l'avenir. La livraison à domicile fait partie des pistes de réflexion étudiées mais sans doute en s'appuyant sur un spécialiste de ce service. "Nous avons consacré beaucoup de temps à peaufiner notre backoffice afin qui soit à l'image de ce que le client voit sur le site. Les commerçants sont nos premiers clients", précise Mikael Rizzo. D'autres fonctionnalités devraient rapidement enrichir le site, notamment les recettes qui se révéleront intelligentes puisqu'il suffira de cliquer dessus pour savoir où acheter les ingrédients nécessaires et passer commande.

SmartCycle, le recyclage intelligent

Donner plutôt que de jeter, c'est le principe de l'application mise au point par des étudiants de l'IAE d'Aix-en-Provence et d'Aix Marseille Université. Ou comment digitaliser l'économie circulaire. Le principe : poster une annonce avec l'objet dont on veut se séparer, lequel sera géolocaliseé pour toute marque d'intérêt manifestée par un abonné du service. Si l'objet proposé ne trouve pas preneur, c'est alors une association qui en bénéficie. Outre la cité phocéenne, SmartCycle a déjà essaimé à Bordeaux et Paris ainsi qu'à l'international notamment en Belgique et en Suisse. Daniel Vanetti, le président de la jeune pousse installée à Marseille, revendique 10 000 téléchargements et 1 200 objets ayant retrouvé une seconde vie en 12 mois.

Agrivolta fait de l'ombre... intelligemment

C'est la période de sécheresse de 2016 qui nourrit l'idée de Christian Davico de donner vie à une solution qui permette de lutter de manière efficiente contre les effets du manque d'eau. Ainsi est née une ombrière dotée d'un système mécanique breveté, "qui s'ouvre et se referme et peut être modulée au degré près", précise Julie Davico-Pahin, DG de l'entreprise installée au sein du pôle CleanTech du technopôle de l'Arbois et s'intéresse aux secteurs de l'horticulture, de la viticulture et du maraîchage. "L'ombrière que nous avons imaginé permet des réductions de la consommation d'eau et le maintien de la température au sol afin de créer un micro-climat. Les agriculteurs peuvent ainsi pallier aux changements météorologiques", explique Julie Davico-Pahin. C'est aussi pour les deux entrepreneurs "une démarche militante", le réchauffement climatique mettant à mal certaines spécificités locales, notamment en menaçant des cépages "voués à disparaître". Mesurant 3,5 mètres de hauteur pour sa version initiale "afin de permettre aux outils agricoles de se mouvoir", l'ombrière made in Provence sera modulable en fonction des cultures. Pour l'heure, le projet est dans sa phase amélioration et test. La vente se fera en direct aux exploitants. L'installation sera gratuite, des panneaux photovoltaïques étant installés sur le toit de l'ombrière, permettant ainsi aux agriculteurs d'alimenter leurs équipements. Agrivolta agira en maître d'œuvre, pilotant à distance en fonction des besoins. Les pays méditerranéens sont évidemment une cible première pour la jeune entreprise qui a déjà entamé des discussions du côté d'Israël.

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*Le jury était composé d'Arielle Muller, directrice au sein de la Direction Innovation numérique et Usages à la Ville de Marseille, d'Emmanuelle Enjorlas, directrice communication Méditerranée pour SNCF Gares&Connexion, de Philippe Berthelot en charge des Relations Institutionnelles au sein de la direction régionale d'EDF et de La Tribune

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