OuiKAN, du collaboratif dans la liste des courses

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(Crédits : DR)
Pourquoi ne pas missionner le voisin lorsqu’on n’a ni le temps, l’envie ou l’énergie de faire ses courses ? C’est l’idée développée par la start-up installée à Aix-en-Provence et fondée par Jean-Yves Maurel, un ancien de la grande distribution.

Il s'agit d'un tout nouveau fleuron de la consommation collaborative. Lancée début 2017 par Jean-Yves Maurel, cette start-up est directement tiré de l'expérience de cet ancien cadre en charge de l'innovation au sein du groupe Auchan. L'idée ? Ni plus ni moins que créer et rendre visible, sur une plateforme, une communauté de "shoppeurs" disponibles pour faire les courses de ceux qui n'ont ni le temps, ni l'envie de s'y coller. "On établit donc sa liste sur le site, répertoriant plus de 200 000 références, on la diffuse, on dépose en garantie le montant des courses et on choisit dans son environnement le shoppeur qui va s'en acquitter. Au retour, on vérifie ensemble le montant réel des courses", explique Jean-Yves Maurel. Oui, mais... qu'est-ce que le shoppeur y gagne ? "Nous avons réfléchi à une rémunération par l'utilisateur, mais le système est trop onéreux. D'où l'idée de fonctionner à trois, avec le distributeur. Et la clé du modèle, c'est la carte de fidélité : l'utilisateur renonce en effet à ses avantages fidélités, au profit de celui qui va réaliser les courses. Auchan, avec lequel j'ai déjà obtenu un accord, concède en sus un bonus de 5 % des courses au profit du shoppeur". Il s'agit donc d'un dispositif collaboratif subventionné par le distributeur. Et il ne peut que lui plaire, vu les retours mitigés sur d'autres solutions connexes : "le drive n'est toujours pas rentable, et faire ses courses en ligne coûtent trop aux clients". Dernier maillon de ce modèle économique, la start-up se rémunère via une commission de 5 % du montant des courses, celle-ci payée par l'utilisateur. "Mais comme les shoppeurs ont plutôt tendance à aller dans les grandes surfaces où les promotions sont plus nombreuses et à mutualiser les achats pour plusieurs personnes à la fois, c'est bien souvent une opération blanche pour l'internaute".

Faire évoluer le modèle

Bien sûr, pour qu'un tel modèle fonctionne, cela présuppose quelques impératifs. Et en premier lieu, un nombre conséquent d'accords avec les distributeurs. Mais Jean-Yves Maurel, sitôt parti de chez Auchan, il y a 6 mois, a entrepris dans la foulée de rencontrer ces derniers. Il vient donc de démarrer avec des magasins pilotes, un Auchan à Valence et un Cora basé à Lille. "D'autres communes sont également intéressées, telle celle d'Amiens, qui voudrait renforcer son dispositif de service à la personne". Pile dans la cible de OuiKAN, qui vise non seulement les familles surbookées, mais aussi les personnes âgées, suffisamment autonomes pour vivre chez elles. Une approche par ville qui devrait aussi apporter de l'eau au moulin de la start-up : elle ne peut être viable que s'il y a concentration des shoppeurs et des utilisateurs sur des bassins de vie. L'idée est donc de mettre en place un nombre de noyaux pertinents. "Nous rassemblons 1 500 inscrits. Ce n'est pas suffisant, dans la mesure où ces personnes sont disséminées en France". D'où une collaboration étroite requise avec les distributeurs eux-mêmes, incités à informer leurs clients de ce nouveau service. Les perspectives, en tout cas, peuvent être alléchantes : "on comptabilise 100 millions de tickets de caisse par semaine à l'échelle nationale. Si OuiKAN représente 1 % de ces tickets, nous pouvons viser un chiffre d'affaires de 20 M€. Et si nous atteignons la même part de marché que les drives, cela fera grimper le CA à 200 M€". L'export est également envisagé assez rapidement, dans les pays où les systèmes de fidélité sont suffisamment développés pour accueillir le service.

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